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Inconduite sexuelle : Trudeau devrait-il démissionner ?

Justin Trudeau, premier ministre féministe autoproclamé qui prétend laver plus rose que rose en affirmant que tout homme politique doit répondre de ses inconduites sexuelles peu importe l’époque et le contexte – comme il l’affirme dans cette vidéo –, pourrait bien regretter ses paroles imprudentes.

Qui s’excuse s’accuse…

Ce nouvel épisode de la saga mettant en vedette Justin Trudeau a débuté avec la trouvaille, par un commentateur politique du nom de Warren Kinsella, d’un éditorial datant du 14 août 2000, paru dans un journal local de la Colombie-Britannique, le Creston Valley Advance. On y apprend que le futur politicien, alors âgé de 28 ans, a présenté des excuses à une journaliste de ce média en termes pour le moins étonnants, pour l’avoir « pelotée » ou « tripotée » (« groping » et « handling » dans le texte) lors d’un festival de musique :

« Je suis désolé. Si j’avais su que vous travailliez pour un journal national, je ne serais jamais allé aussi loin. » Il faut préciser que ladite jeune femme, en plus de travailler pour l’Advance, était journaliste pour le National Post et le Vancouver Sun. Embêtant, ça…

L’éditorial incriminant…

Kinsella avait présenté l’article sous forme de coupure de journal scannée (voir ci-haut) qui aurait pu être falsifiée. Devant l’impact de sa découverte dans les médias sociaux, le Creston Valley Advance devait en confirmer l’authenticité. Le média américain Breitbart allait de son côté partager la nouvelle avant que d’autres parutions comme The Sun et The Daily Telegraph, de Grande-Bretagne, et Sud-Ouest.fr, de France, notamment, ne lui emboîtent le pas.

De son côté, le Toronto Sun s’est montré très sévère envers le premier ministre en lui rappelant ses positions tranchées sur les plaignantes qui devaient impérativement être crues et sur les hommes qui, peu importe le lieu ou l’époque, devaient répondre de leurs actes et en subir les conséquences. Du côté des médias québécois, justinophiles jusqu’à la compromission, silence radio, comme toujours.

Justin Trudeau exclut automatiquement tout député sur qui pèsent les plus vagues rumeurs d’inconduite sexuelle. Maintenant qu’il est accusé à son tour, quittera-t-il son poste ?

Faites ce que je dis…

Nous parlons pourtant ici du chef libéral qui, en 2014, avait expulsé de son caucus deux de ses députés sur de simples allégations, sans qu’aucune preuve de leur inconduite présumée ni qu’aucune plainte n’ait été déposée au criminel. Pire encore, la crédibilité de l’instigatrice de ce psychodrame, Christine Moore, a été il y a peu durement ébranlée alors qu’elle-même s’est vue accusée d’avoir abusé de son autorité envers un vétéran blessé en Afghanistan afin de lui soutirer des rapports sexuels.

Justin Trudeau est ce chef d’État qui a poussé à la démission son ministre Kent Hehr, parce qu’une plaignante, Kristin Raworth, s’est imaginée menacée par lui après s’être fait dire « Tu es appétissante » (You’re yummy) dans un ascenseur. Soulignons que le désormais ex-ministre était paraplégique…

Il ne pense pas « qu’il y ait eu d’échange préjudiciable »…

Il n’y aurait pas de quoi fouetter un chat à propos d’un possible écart de conduite certainement mineur vieux de 18 ans commis par le premier ministre, si nous n’avions pas affaire à un Tartuffe au mieux incohérent, au pire, des plus hypocrite.

Comment expliquer ses excuses d’être « allé aussi loin », si Trudeau n’avait rien à se reprocher ? Et comment interpréter ses propos : « Si j’avais su que vous travailliez pour un journal national… » ? Au yeux du féministe Justin, le respect des femmes varie-t-il selon le prestige professionnel ou le rang social ? Voilà des propos pour le moins décalés de la part de celui qui prétend avoir connu son premier engagement social à l’université McGill lors d’une activité dénonçant le harcèlement sexuel. Rigolo, va…

Au bureau du premier ministre, son attaché de presse, Matt Pascuzzo, prétend que ce dernier a toujours traité les femmes avec respect et qu’il « ne pensait pas qu’il y ait eu d’échange préjudiciable » pendant le festival de musique où se serait déroulé l’incident.

J’aimerais bien que la « victime » de Trudeau se manifeste, mais est-ce bien nécessaire ? Quand les commérages tiennent lieu d’accusations et les accusations, de faits incontestables qui doivent automatiquement entraîner un châtiment sévère, cette rumeur-là vaut bien celles qui ont ruiné les carrières de Scott Andrews et Massimo Pacetti, accusés par la douteuse Christine Moore, de Kent Hehr, et, plus récemment de Erin Weir, toujours accusé par Christine Moore ?

Quand on se fait le promoteur de normes morales aussi féministes qu’inquisitoriales, il faut en assumer les conséquences non seulement envers les autres, mais envers soi-même. Les rumeurs, fondées ou non, qui visent en ce moment Justin Trudeau dépassent en importance celle du ministre paraplégique qu’il a poussé à démissionner.

Peut-être bien cependant qu’à ses yeux, comme la journaliste d’un média national méritait jadis davantage de considération qu’une collègue locale, les comportements d’un premier ministre doivent être jugés selon d’autres standards que ceux d’un simple député ou d’un ministre…

Diplômé d’un baccalauréat en littérature française (Université du Québec à Trois-Rivières) et d’un certificat en journalisme (Université Laval), Olivier Kaestlé a commencé à s’exprimer dès 2006 dans les tribunes d’opinion sur une pléthore de sujets. C’est en créant son blogue en 2009 qu’il a choisi de se consacrer presque exclusivement à la condition masculine et à la dénonciation des injustices et iniquités vécues par les hommes et les garçons, tout en se vouant à la lutte à l’intégrisme religieux, qui menace de plus en plus les femmes et les filles ayant la chance de vivre selon les valeurs civilisées du Québec. Olivier co-anime également avec Lise Bilodeau l’émission « Tant qu’il y aura des hommes…  » sur les ondes de Radio Média Plus.ca.

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