Diplômé d’un baccalauréat en littérature française (Université du Québec à Trois-Rivières) et d’un certificat en journalisme (Université Laval), Olivier Kaestlé a commencé à s’exprimer dès 2006 dans les tribunes d’opinion sur une pléthore de sujets. C’est en créant son blogue en 2009 qu’il a choisi de se consacrer presque exclusivement à la condition masculine et à la dénonciation des injustices et iniquités vécues par les hommes et les garçons, tout en se vouant à la lutte à l’intégrisme religieux, qui menace de plus en plus les femmes et les filles ayant la chance de vivre selon les valeurs civilisées du Québec. Olivier co-anime également avec Lise Bilodeau l’émission « Tant qu’il y aura des hommes…  » sur les ondes de Radio Média Plus.ca.

Pourquoi nos médias s’écrasent-ils devant « l’inconduite sexuelle » de Justin Trudeau ?

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Avouons que la question commence à se poser et que la réponse pourrait infliger un dur camouflet au peu de crédibilité qu’il leur reste. Car enfin, dans la foulée du tsunami #metoo qui balaie l’Occident depuis cet automne, il suffit qu’une personnalité publique, qu’elle soit artistique ou politique, soit accusée sans preuve pour qu’automatiquement, sous la poussée des médias sociaux devenus leur conscience sociale, nos journalistes les « dénoncent » à la une, tels des piranhas se jetant sur un morceau de viande.

Elles auront beau bomber le torse et entonner leur hymne à la liberté d’expression et au droit du public à l’information, ce qui compte, pour les entreprises privées que sont, Radio-Canada mise à part, nos médias, c’est de susciter un intérêt public susceptible de générer des retombées publicitaires. N’oublions jamais que les médias sont avant tout des entreprises dont les rentrées de fonds ont singulièrement diminué devant la démocratisation de l’information sur Internet et que la pub reste leur principale source de revenus.

Aussi peut-on – et doit-on – s’étonner à juste titre de l’étrange et inquiétant silence de nos médias québécois francophones devant la rumeur devenue virale, hors Québec, à l’effet que le premier ministre du Canada, rien de moins, ait pu peloter une journaliste lors d’un festival de musique en Colombie-Britannique au moins d’août 2000.

Les médias canadiens anglophones, nettement plus professionnels…

La nouvelle circule depuis le 8 juin dans les médias sociaux et dans plusieurs médias américains, britanniques, français et même australiens, entre autres, mais il aura fallu attendre la fête du Canada, sous la poussée des médias canadiens anglophones, tels le Toronto Sun et la National Post, pour qu’enfin La Presse, Radio-Canada, TVA, le Journal de Montréal et même Le Devoir et le Huffington Post publient la nouvelle en se gardant bien, toutefois, de la commenter.

 

Il y a des jours où nos commentateurs ressemblent à ceci…

À date, aucun analyste, éditorialiste, chroniqueur ou blogueur affilié à un média mainstream québécois n’a osé se compromettre sur le sujet. Aucun ? Hélas, il y en a eu un. L’ancien ministre péquiste et ex-gérant d’Éric Lapointe, Yves-François Blanchet, y est allé d’un commentaire dégoulinant de complaisance envers le « grand féministe » qu’il a trouvé le moyen de voir en Trudeau, tout en essayant plus que maladroitement de discréditer l’auteure de l’éditorial dénonçant le futur premier ministre – qui serait sa victime alléguée elle-même – et le média qui a rendu publique la nouvelle en 2000. Le seul intérêt de publier pareille information serait, toujours selon ce douteux commentateur, de remplir l’espace médiatique en cette morte saison estivale. Traitement condescendant, pathétique et médiocre.

Du côté canadien anglais, plusieurs journalistes compétents, dont Candice Malcolm, Joe Oliver, Naomi Lakritz, Margaret Wente et Andrew MacDougall, ont été nettement plus audacieux que nos silencieux – ou insignifiants – « analystes ». Ces professionnels de l’information n’ont pas hésité à placer notre premier ministre devant ses incohérences entres ses gestes allégués et les positions radicales et arbitraires inspirées de son féminisme inquisitorial.

Comment, en effet, concéder un atome de cohérence à un féministe autoproclamé pour qui un homme accusé sans preuve d’inconduite ou d’agression sexuelle devient automatiquement coupable et passible de châtiment public quand il pourrait avoir fait pire qu’eux ? Sur la foi de quelles preuves réelles s’est-il cru en droit d’exclure ses députés Scott Andrews et Massimo Pacetti ? Comment a-t-il pu « démissionner » son ministre Kent Hehr, paraplégique, dont le seul crime connu aura été de dire « tu es délicieuse » à une femme perturbée mentalement ? Pourtant, Hehr n’a peloté personne, lui…

Trudeau s’appliquera-t-il les mêmes standards ?

Trudeau a affirmé qu’il s’appliquerait les mêmes standards de haute moralité qu’à ses députés et ministres, peu importe le contexte et l’époque, et que la parole des femmes devait être crue sans discussion. En 2000, une journaliste l’a accusé d’avoir posé envers elle un geste inapproprié, nettement pire qu’une boutade voulant qu’il l’aie trouvée « délicieuse ». En toute cohérence, Justin Trudeau devrait s’infliger la même sort qu’aux membres exclus de son caucus.

Dans le cas bien improbable d’un tel dénouement, espérons que, cette fois, nos médias ne seront pas à nouveau les derniers à aborder le sujet tout en regardant ailleurs quand ils devraient le commenter…