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Une future avocate reçoit une tape sur les doigts après 400 000 $ de dommages résidentiels…

Une étonnante comédie judiciaire s’est déroulée en juin dernier alors qu’une future juriste, Melinda Kazandjian, 29 ans, s’est vu donner une petite tape sur les doigts de la part de la très maternelle juge Geneviève Graton au palais de justice de Montréal. La raison de cet affectueux simulacre de brimade ? L’interpellée avait tout simplement causé 400 000 $ de dommages à une maison de Dollard-des-Ormeaux en décembre 2013 et mis en péril la vie de ses occupants, un couple et ses enfants de deux, quatre et six ans, en plus de celle du passager de son auto.

Le Journal de Montréal relate ainsi les événements :

« La collision a été brutale. Le véhicule s’est encastré dans la résidence, détruisant même l’escalier qui menait à l’étage.

« Fort heureusement, le couple qui habitait là avec ses enfants de 2, 4 et 6 ans était déjà à l’étage », a expliqué l’avocate de la poursuite.

« (…) Lorsque les pompiers ont voulu évacuer la maison, ils ont dû passer par les fenêtres à l’étage puisqu’il était impossible de sortir de la demeure autrement. À l’arrivée des policiers, Mme Kazandjian dégageait une odeur d’alcool, a ajouté la Couronne. »

Les résidents ont été traumatisés à un point tel que, malgré leur investissement de 400 000 $ pour remettre leur maison en état, ils ont finalement décidé de déménager. Le soir de l’accident, Kazandjian, aux prises avec « une relation abusive », selon ses dires, avait « perdu le contrôle de ses émotions », indique un rapport.  Toujours selon le Journal :

« À ce moment, j’étais dans une relation abusive, a expliqué l’accusée. Mon copain de l’époque avait des problèmes de jalousie et ce soir-là, c’était exactement ça. »

« Selon Kazandjian, son copain l’avait dénigrée et à force de se faire insulter, elle n’a plus fait attention à la route. »

Une perte de contrôle en entraînant une autre, la pauvre chérie avait foncé dans la maison à la vitesse de 135 km/h dans une zone de 50 au moment où la petite famille venait providentiellement de monter à l’étage de leur résidence, évitant ainsi une hécatombe :

« Ça a été extrêmement dur, je ne voulais plus habiter là, a expliqué la propriétaire. Heureusement que personne n’est mort, c’était un miracle. »

« (…) Il y a eu un bruit d’explosion, c’était énorme. Le mur arrière de la maison est tombé, elle a détruit les trois quarts de la résidence », a expliqué la propriétaire des lieux, lundi.

« Le couple a également perdu de précieux souvenirs, tels que les dessins réalisés par leurs enfants ou encore des images des échographies lors des grossesses. »

Mais comment lui en vouloir ?

Notre justice, miséricordieuse devant un repentir sincère, avait non seulement retardé de cinq ans le prononcé de la sentence pour permettre à l’accusée de terminer sa maîtrise en droit, mais lui a accordé une absolution conditionnelle à la réalisation de 240 heures de travaux communautaires et à un dédommagement de 4000 $ à la famille bouleversée. La magistrate a même décrété que l’alcool n’avait pas été en cause, malgré le constat contraire de la Couronne.

Rendu là, je me demande pourquoi la juge Graton n’a pas suggéré à la future avocate de passer ses heures de travaux communautaires à donner des conférences chez les groupes féministes luttant contre la violence conjugale avec pour thème les dommages collatéraux des relations abusives avec des hommes jaloux à bord d’une auto.

Afin de réunir les 4000 $ demandés, elle aurait pu également lui conseiller une opération de levée de fonds de type gofundme en soutien aux victimes de violence psychologique.

Au fait, cet abuseur, véritable cause de toute cette histoire, quand est-ce qu’on l’arrête, celui-là ?

Diplômé d’un baccalauréat en littérature française (Université du Québec à Trois-Rivières) et d’un certificat en journalisme (Université Laval), Olivier Kaestlé a commencé à s’exprimer dès 2006 dans les tribunes d’opinion sur une pléthore de sujets. C’est en créant son blogue en 2009 qu’il a choisi de se consacrer presque exclusivement à la condition masculine et à la dénonciation des injustices et iniquités vécues par les hommes et les garçons, tout en se vouant à la lutte à l’intégrisme religieux, qui menace de plus en plus les femmes et les filles ayant la chance de vivre selon les valeurs civilisées du Québec. Olivier co-anime également avec Lise Bilodeau l’émission « Tant qu’il y aura des hommes…  » sur les ondes de Radio Média Plus.ca.

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