François Legault et le mépris de l’environnement

La Coalition Avenir Québec (CAQ) semble bel et bien un parti pour gens d’affaires peu intéressés par le bien commun et la qualité de vie de leurs concitoyens et concitoyennes.

Au cours des dernières années, Legault et la CAQ ont appuyé l’ignoble projet d’oléoduc Énergie Est qui devait traverser 860 cours d’eau, l’exploitation de l’île d’Anticosti, le « Plan Nord » de Jean Charest, le troisième lien à Québec, et alouette.

Pour commencer, le Projet Énergie Est (de TransCanada). Contrairement à Québec solidaire et au Parti québécois qui s’opposaient à l’oléoduc Énergie Est, François Legault disait être favorable, « à condition » que cela rapporte des redevances importantes.

Or, ces histoires de redevances sur le transport de pétrole étaient très hypothétiques, voire irréalisables. Même le gouvernement Marois avait reconnu qu’il n’y avait rien à espérer au sujet des redevances : « On s’est rapidement butés au fait qu’on n’avait pas ce pouvoir-là, tout simplement, et ç’a été écarté pour cette raison-là » (LP, 27 janv. 2016).

Afin de rendre son projet plus recevable, rappelons que TransCanada faisait miroiter la construction d’un port pétrolier à Cacouna, ce qui avait soulevé l’ire des écologistes, notamment parce qu’il s’agit d’un habitat essentiel pour les bélugas. M. Legault avait été le seul chef de parti à déchirer sa chemise quand le projet de terminal fut abandonné :

« Pour le chef caquiste, François Legault, l’abandon du port pétrolier est une « mauvaise décision économique pour le Québec ». Selon lui, la province se verra privée d’importantes retombées économiques si le projet Énergie Est va de l’avant sans cette infrastructure » (LP, 1er avril 2015). Le fric, le fric…

Sur le dossier de l’île d’Anticosti, Legault était là aussi le chef le plus déterminé à aller de l’avant : « Philippe Couillard fait erreur en déclarant vouloir enterrer le projet d’exploitation des hydrocarbures à l’île d’Anticosti, croit le chef de la CAQ. » (JdeM, 5 déc. 2015).

Tout au long de la triste histoire de l’exploitation d’Anticosti, la CAQ épousait la position des promoteurs, même lorsque Couillard annonça la fin du projet : « Anticosti. Legault veut forer avant d’enterrer le projet ». « François Legault reproche au gouvernement Couillard de vouloir rouvrir l’entente signée avec Pétrolia, Corridor Resources et la française Maurel & Prom avant même d’avoir réalisé la première phase d’exploration de l’île » (JdeM. 5 avril 2017).

Puis, sur la question de l’électricité, le chroniqueur Michel C. Auger lui reproche là également de manquer de vision, en jurant de continuer à construire de grandes centrales hydroélectriques pour pouvoir vendre de l’électricité aux autres province (2017) :

« François Legault et la vieille économie ». « Ce n’est pas la première fois que M. Legault fait le choix de la vieille économie sur la nouvelle. Mais dans ce cas-ci, le chef de la CAQ montre qu’il vit encore dans les années 1970. Le Québec est assis sur des surplus d’électricité qu’il n’arrive pas à vendre à bon prix ».

Autant l’Ontario que la Nouvelle-Angleterre ont accès à de l’énergie à faible coût, ce qui fait qu’Hydro-Québec fait de moins en moins de profit sur ses exportations (R.-C., 25 sept. 2017).

Enfin, grand écologiste dans l’âme, le chef caquiste fait de la construction d’un troisième lien routier entre Québec et Lévis l’une de ses promesses électorales majeures :

« François Legault soutient que la construction d’un troisième lien routier Québec-Lévis serait bénéfique pour l’environnement ». « Invité par la Chambre de commerce lévisienne — qui milite pour un troisième lien depuis plusieurs années —, François Legault a laissé entendre que la nouvelle infrastructure contribuerait à la réduction des gaz à effet de serre. » (JdeM, 3 mai 2018)

Non seulement il paraît dire n’importe quoi à propos des vertus vertes d’un 3e lien routier, mais la CAQ reconnaît aussi ne s’appuyer sur aucune étude :

« La CAQ n’a toujours pas d’étude ou d’analyse l’assurant qu’un troisième lien entre Québec et Lévis réduirait effectivement la congestion dans la région de Québec. Questionné à ce sujet, le député Éric Caire a dû reconnaître lundi que la dernière analyse portant spécifiquement sur la question remontait à près de 20 ans. » (Le Devoir, 20 mars 2018)

Pour gagner des votes dans la région de Québec, Legault certifie d’ailleurs que les travaux commenceront dès un premier mandat caquiste, ce qui est impensable selon un expert :

La promesse « est totalement irréaliste selon l’architecte et urbaniste Serge Viau ». Il ajoute : « Je pense que si on était capable de structurer un bon système de transport en commun, qui intègre à la fois la rive nord et la rive sud, on réglerait une très grande partie du problème de congestion à Québec. » (R.-C., 15 août 2018)

En général, sur ces divers sujets, la CAQ semble donc opter pour les solutions simplistes, l’argent facile, les promesses en l’air, et tout cela sans se soucier outre mesure des répercussions environnementales et sans se fonder sur des études sérieuses. Vive la CAQ…

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