Maxime Bernier me lit!

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J’avais prévu, au lieu de cette consécration, un simple article de glose. Détendu, auto-satisfait et suffisant, je m’en allais décoché un court texte au thème de l’actualité en employant le ton du je-vous-l’avais-bien-dit, seul plaisir des éternels incompris – ce devait même en être le titre!

Mais voilà, je suis, depuis quelques temps, en marge de la société et son actualité tend à me dépasser dans les virages. Croyant l’avoir rattrapé, il me vient l’envie d’écrire sur elle, mais la voilà qui passe. Et avant même que les premières lignes d’un texte n’aient pu être écrites, elles sont déjà caduques.

Je le sens, j’ai l’air de me plaindre; or c’est tout l’inverse, l’actualité ne m’a dépassé que pour me valider, encore davantage, dans mes intuitions en ce qui à trait à ce que je me dois d’appeler – presque à contre-coeur – ma famille politique : la droite. Pour mon plus grand bonheur!

Si vous vous souvenez, j’ai fait de l’absence politique et culturelle (institutionnalisées) de la droite mon principal sujet quant aux textes que je place sur ce blogue. Plusieurs fois j’ai écrit que contrairement à ce que pense une partie non-négligeable de la masse votante des mécontents, une victoire électorale conservatrice ne changerait rien quant à la marche actuelle de la politique canadienne; tout au plus, une abolition de taxe – compensée ailleurs – surgirait-elle à l’agenda ministériel. Pour le reste, aucun changement ne serait à prévoir.

Cette prédiction ne provient pas de ce que je serais un cynique ou de ce que je possèderais une puissante confiance en les forces d’inertie, mais sur les récentes prises de positions et déclarations du Parti Conservateur canadien qui ne consistaient en rien de moins qu’à des ralliements, toujours plus ardents, à toutes les thèses sociétales du Parti libéral, taxe carbone en moins!

Depuis, toutes les apparitions télévisées d’Andrew Scheer n’ont eu pour seul objet que d’entériner ce ralliement et de le faire savoir à qui de droit.

Qu’il s’agit ou non d’une bonne affaire électorale, n’est pas mon affaire. Pour ma part, il m’est apparu que, dans de telles conditions, si la victoire était possible, elle serait vaine et sans doute même pas souhaitable. Je me suis désintéressé de la politique, j’ai creusé ma tranchée, fort de ce que ma position était bonne, je me suis mis à attendre. D’autres y viendraient, me suis-je dit.

Et il vient de m’en venir un de taille!

Car, n’est-ce pas Maxime Bernier qui vient de claquer la porte du PCC arguant de la corruption morale et intellectuelle de ce parti et dénonçant sa mise sous tutelle idéologique par le PLC?

Oh, rassurez-vous, je ne prétends pas que Bernier en soit arrivé à toutes mes positions. Non, sans doute un abîme nous sépare-t-il toujours sur bien d’autres questions. J’affirme simplement que ma vision de la lutte fait son chemin et en haut lieu!

De là à quitter ma position retirée pour m’engager dans la nouvelle formation droitière que médite Mad Max, le pas est grand et je ne le sauterai pas. Voyez-vous, mon retrait n’est pas celui d’un dilettante, d’un lâche ou d’un indolent, mais déjà grosse d’actes manqués, il reste encore bien des choses à apprendre à la droite avant qu’elle ne puisse se constituer en mouvement organisé. La première étant l’inutilité d’attaquer des moulins à vent.

Bernier se leurre lorsqu’il croit que seule son ancienne formation est corrompue moralement et intellectuellement. À moins qu’il nous leurre.

Car c’est tout le pays qu’il se propose de diriger qui est atteint de ce mal. Si un cancer s’étend à tout un organisme, on ne le sauvera pas parce qu’on en a partiellement purgé la tête, les membres n’obéiront plus et à terme, il mourra.

Surtout, si l’organisme en est venu à ne plus que s’identifier qu’à son mal. À la manière d’un homme qui ne se présenterait plus que sous l’identité du vers solitaire ayant élu domicile en son intestin.

Sans doute la situation, pour les gens de ma sensibilité, demeure grave et peut-être faudra-t-il amputer ce qu’il reste de sain pour le préserver mais cela serait le thème pour un autre texte.

Pour le moment, je me contente de me réjouir : Maxime Bernier me lit!
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