BLOGUE | La pollution spatiale est une plaie!

Pollution spatiale! L’homme est polluant et pas juste sur Terre. Près d’un demi-million d’objets relevant de l’exploration spatiale, dont les deux tiers sont carrément des déchets, orbitent actuellement autour de notre planète!

Par Ghislain Loiselle, blogueur

L’Administration nationale de l’aéronautique et de l’espace (NASA) estime à 15 000 le nombre d’objets de plus de 10 centimètres et à 300 000 ceux compris entre 1 et 10 cm qui flottent dans l’espace.

Leur concentration serait comprise entre 700 et 1000 kilomètres d’altitude. Il y aurait 22 % de satellites abandonnés, 17 % de derniers étages de lanceurs et 42 % de fragments. Aussi, on retrouverait 13 % d’objets opérationnels et 6 % de satellites en fonction.

60 ans de pollution spatiale

La conquête spatiale a débuté il y a plus de 60 ans, le 4 octobre 1957, avec la mise en orbite du premier satellite artificiel du monde, le Spoutnik, lancé par les Russes.

C’est là que le merdier a commencé, nonobstant tous les bienfaits apportés par ce secteur de l’activité humaine. Depuis cette date, des dizaines de milliers d’objets ont été envoyés dans les hauteurs de notre stratosphère : fusées, navettes, matériel, etc. Ce qui a forcément donné lieu à l’abandon des lanceurs de fusées, d’outils, de boulons, d’éclats de métal, etc., matières qui, en orbite, ne manquent pas d’entrer en collision entre elles… et de produire d’autres déchets, ce qu’on appelle la cascade collisionnelle.

Les deux plus grosses créations de débris ont eu lieu en 2007. En janvier, un essai de missile chinois a causé la destruction d’un satellite (Fengyun 1C) et la création de quelque 35 000 débris de plus de 1 cm. En février, ç’a été au tour d’un lanceur russe d’exploser, provoquant la création de 1100 débris supplémentaires.

Pollution spatiale : danger

Ceci dit, le ciel va-t-il nous tomber sur la tête? La probabilité de se prendre un astéroïde, comme les dinosaures il y a 65 millions d’années, est plus que plausible. La récente visite d’Apophis à proximité de la Terre en témoigne. On ne peut pas écarter la dangerosité de la situation, au sol comme dans l’espace. En 2011, le  »Committee for the Assessment of NASA’s Orbital Debris Programs » a établi que cette décharge en apesanteur avait atteint un point critique. D’autres objets pas tout à fait célestes, minuscules, petits, gros, énormes (certains pèsent plusieurs centaines de kilogrammes!) pourraient bien nous tomber dessus bien avant.

Le Canada, témoin de la pollution spatiale

Les chutes au sol ont d’ailleurs commencé. Très tôt à part de cela. Et le Canada y a goûté. Jusqu’à présent, les retombées de débris spatiaux sur Terre n’ont fait aucune victime. Coup de bol. Car, statistiquement, il est très probable qu’il va y avoir une tragédie, un jour ou l’autre.  Un exemple significatif? Celui du crash d’un satellite russe dans le Nord canadien en janvier 1978. Ce dernier a, en chutant, libéré 45 kg d’uranium radioactif. Que serait-il arrivé s’il était tombé sur une zone habitée? En dehors de cela, personne n’aimerait recevoir une enclume par la tête. Tout est dit.
Parlant d’enclume, en entrant dans les hautes couches de l’atmosphère, la thermosphère en particulier, des astéroïdes sont détruits. Mais plusieurs réussissent malgré tout à atteindre le sol à chaque année, bien que souvent réduits au niveau de leur taille. Alors, que dire de débris instables? Il ne faut pas être dupes.

Pollution spatiale = collisions

On sait ce qu’engendrent l’automobile et les routes sur Terre. L’autre risque, ce sont donc les collisions dans l’espace. Les déchets sont une menace pour les satellites, les navettes, la Station spatiale internationale. En effet, leur vitesse est en moyenne de 8 kilomètres par seconde, soit 28 800 km/h. Des projectiles mortels. Deux collisions ont déjà eu lieu. Le satellite militaire français Cerise s’est fait arracher un bras par un morceau de la fusée Ariane 1 qui passait par là, à la vitesse de 14,8 km/s. Et en 2009, c’était au tour de deux satellites, Iridium 33 et Kosmos 2251, de se percuter, créant plus de 600 débris lors de l’impact.

Autre effet papillon de cette réaction en chaîne de collisions et fragmentations successives et pas le moindre : le syndrome de Kessler. Bref, le risque que certains débris s’installent sur des orbites convoités… qui deviennent alors inutilisables en raison du risque de collisions.

Les humains veillent bien sûr à corriger la situation par la surveillance et le nettoyage, notamment, comme on tente de régler le problème de la pollution sur Terre. Ce n’est pas demain la veille, donc, pour le règlement de l’affaire spatiale, on dirait.

 

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