Une des promesses phares de Québec solidaire est l’augmentation du salaire minimum à 15$, dès le 1er mai prochain

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OPINION | Une hausse rapide aurait sans doute pour effet d’augmenter le niveau de vie de la plupart des bas salarié(e)s, pas seulement de celles et ceux qui sont présentement au salaire minimum (près de 60% de ces emplois sont occupés par des femmes selon l’IRIS).

Quand on regarde les effets en Ontario, la création d’emplois poursuit sa croissance à un rythme impressionnant, même s’il y a eu une augmentation du salaire minimum de 23% l’an dernier. Il faut donc cesser d’avoir peur et bonifier les bas revenus.

Qui plus est « [l]e parti de gauche estime que la hausse du salaire minimum entraînera des retombées économiques de 2,2 à 3,4 milliards $. Selon ses calculs, l’État québécois recevrait également 830 millions $ additionnels en impôts. » (Journal Métro, 3 sept.)

Ça pourrait donc redynamiser l’économie et générer plus d’argent pour les services publics. Il peut y avoir d’autres effets positifs : « Moins de difficulté de recrutement, moins de roulement de personnel, moins de départs volontaires, hausse de la productivité, etc. » (voir J. Émard, « Le salaire minimum et l’emploi »).

Le mouvement pour le 15$ a démarré aux États-Unis en 2012, et était beaucoup plus ambitieux que le 15$ promis par Québec solidaire, si l’on y ajoute l’inflation des 6 dernières années et le fait qu’en devise canadienne cela signifiait environ 19,29$ !

Donc oui, cet objectif est réalisable et souhaitable.

Le Parti québécois vient d’annoncer une cible échelonnée sur 4 ans. En avril 2016, il avait refusé d’appuyer une motion de Québec solidaire pour un engagement sur un peu plus de deux ans.

En fait, quand on considère les 22 dernières années, les gouvernements péquistes se sont même montrés encore plus « cheaps » que les gouvernements libéraux. Voici le résultat de mes calculs :

(1) Lucien Bouchard fut de loin le plus pingre (1996-2001) : il y a eu 6 hausses, 9¢ en moyenne.
(2) Bernard Landry fut relativement chiche lui aussi : 2 hausses, 15¢ en moyenne.
(3) Jean Charest fut davantage « généreux » avec 9 hausses : 29¢ en moyenne.
(4) Pauline Marois révisa cela à la baisse : une hausse de 25¢.
(5) Philippe Couillard, quant à lui, a préconisé 3 hausses de 20¢, une de 50¢ et un gros bond de 75¢ en cette année électorale. Donc 37¢ en moyenne.

En conclusion, c’est blanc bonnet, bonnet blanc. Aucun de ces deux grands partis ne s’est vraiment préoccupé du sort des plus démunis, au cours des 22 dernières années. Les données empiriques semblent le confirmer.

La CAQ de François Legault, qui est un parti conservateur au plan social et économique sera sans doute pire. Il m’apparaît que Québec solidaire a raison de se tenir debout pour une vraie option progressiste.

 

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