Des funérailles nationales pour Lise Payette ? Et puis quoi encore ?

OPINION| D’aussi loin que je me rappelle, ce qui m’a toujours sidéré chez Lise Payette, c’est sa haine pratiquement radioactive de la gent masculine. Telle elle était, telle elle est restée jusqu’à son dernier souffle. Alors, au risque de m’attirer les foudres de ses adoratrices et quelques adorateurs, je ne commencerai pas à lui trouver, une fois morte, des qualités qu’elle n’aura jamais eu de son vivant.

Le 23 avril 2007, elle écrivait : 

« Le pape Benoit XVI a confirmé récemment l’existence de l’enfer. En entendant la nouvelle, les femmes ont souri. Elles espèrent que l’enfer sera réservé seulement aux hommes comme le reste de la religion, car pour plusieurs d’entre elles, leur enfer, elles l’ont vécu sur terre. […] » 

Charmant, non ?

Je rendrais toutefois à Agrippine ce qui appartient à Mme Payette : née à une époque où les droits des femmes étaient bafoués, elle aura contribué à les faire reconnaître, quitte à contribuer aussi à mettre en place, sans la foulée, de nouvelles injustices envers les hommes. Qu’il suffise de mentionner, à cet égard, son régime des pensions alimentaires sans limite de temps à cause duquel des ex conjoints, même âgés, même malades, doivent continuer à verser une pension à une ex qui ne se sera pas donné la peine de conquérir son autonomie financière. Me semblait que l’autonomie était un concept clé chez les féministes…

Du plus bel homme du Canada aux « machos »…

Je me rappelle Lise Payette, quand j’avais 14 ans, lors de la diffusion de son concours du plus bel homme du Canada, qui trahissait bien le féminisme dont cette femme n’a jamais cessé de se nourrir. Plutôt que de combattre ce qu’elle tenait pour une injustice, soit les concours de beauté mettant en vedette des femmes (auquel elle n’aurait jamais pu participer), elle trouvait normal de reproduire cet « avilissement » en tournant en dérision des personnalités masculines.

Il suffisait de la voir les présenter pour mesurer tout le mépris tant verbal que non verbal qu’elle affichait envers eux. Et que dire de celui qu’elle manifestait à son souffre-douleur « favori », Jacques Fauteux, à son émission Appelez-moi Lise ? Pauvre bougre…

C’est sans doute à pensant à elle que j’avais posé cette question à mon père à cette époque : « Si la misogynie est la haine des femmes, existe-t-il un mot pour la haine des hommes ? » Ce fut la première fois que j’entendis les mots « misandrie » et « misandre ». Dire qu’ils existent depuis le début des années 70 et que si peu de gens les connaissent alors que la réalité qu’ils décrivent reste un problème de société majeur en Occident, une tare sociétale que Mme Payette n’aura jamais cessé d’alimenter.

À preuve, sa conception d’hommes prédateurs et de femmes victimes qui pouvait être constatée jusque dans ses téléromans dans le choix de leurs titres. Dans le cas des femmes, il était question des « dames de cœur » et autres « super mamies ». Dans celui des hommes, ces derniers devenaient « les machos ». Typique…

Les femmes politiques, travaillent « toujours plus et mieux » que les hommes ?

J’ai rarement traité des positions si particulières de Mme Payette, mais je me souviens de ma réaction à ses propos lors de la mise sur pied, par Jean Charest, d’un premier conseil des ministres paritaires, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a fait aucune différence d’avec le précédent… Voici un extrait de mon billet sur le sujet :

« Dans son ultime chronique publiée au Journal de Montréal, l’éminente Lise Payette, ancienne ministre péquiste à la Condition féminine déclarait, le 23 avril 2007, à propos de cette annonce : « J’ai écrit que « les femmes travaillaient plus et mieux que les hommes ». J’ai failli me faire crucifier à cause de cette phrase. Je la maintiens pourtant. Les femmes ont-elles le choix ? Elles ne peuvent pas dormir sur leurs lauriers car elles doivent constamment prouver qu’elles méritent le poste qu’on leur a confié. Elles travaillent toujours plus et mieux. »

« Ainsi s’exprimait celle qui a travaillé avec l’infatigable René Lévesque, le premier ministre le plus significatif et le plus populaire de l’histoire du Québec et avec Jacques Parizeau, l’instigateur acharné de la politique économique du gouvernement, de l’essor d’un capitalisme québécois francophone, créateur du Régime d’épargne-actions, en plus d’avoir favorisé la mise sur pied du Fonds de solidarité de la FTQ.

« Peut-être n’a-t-elle par remarqué le discret Camille Laurin, le père de la loi 101, ni Denis Lazure, qui en moins de six ans devait instaurer le réseau des garderies (non, c’est pas Mme Payette qui a fait ça), soutenir les personnes âgées, créer l’Office des personnes handicapées du Québec, développer la médecine préventive, instaurer les cliniques d’IVG et adapter l’Aide sociale au contexte de l’époque. Elle devait avoir la tête ailleurs, pendant les envolées de « Claude Charron, redoutable leader parlementaire, de Jean Garon, membre fondateur du PQ, et autres Gérald Godin, qui siégeait même miné par la maladie qui devait l’emporter.

« Voilà sans doute autant d’exemples de parasitisme, de fainéants venus user leur fond de culotte à l’Assemblée nationale aux frais du contribuable. Selon la célèbre auteure de téléromans, ces hommes n’auraient pas eu à « devoir constamment prouver qu’ils méritaient le poste qu’on leur avait confié », après le sévère perte de confiance des électeurs envers la politique québécoise ? »

Lise Payette a-t-elle travaillé « plus et mieux », pour reprendre son expression, que tous ces hommes ? Il lui fallait un fier culot pour laisser entendre pareille aberration. Alors, à la question « Doit-on souligner le décès de Lise Payette ? », je réponds que, vu l’importance « historique » du personnage, elle le mérite. Mais des funérailles nationales ? N’exagérons rien, tout de même. Des gens plus valeureux sont décédés sans recevoir pareille reconnaissance posthume.

 

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