Mes enfants… (Cahier IX)

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(La ferme humaine)

« Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. » – George Orwell

À l’école, ils vous enseignent que l’État fut créé pour faciliter la vie des Hommes, pour leur sécurité et le bien-être du vivre-en-société. Mais on ne vous raconte pas que tout État, par sa gouverne, finit toujours par asservir son peuple. L’entité que ce dernier a créée pour le servir en est venue à le diriger, à prendre une grande partie de ses revenus, à sur-réglementer et à punir celui qui ne se soumet pas. L’État a aussi créé la Dette, Dette servant à justifier le maintien du contribuable dans l’obligation du paiement de ses taxes et de ses impôts.

Je vous explique : le monde est une ferme dont vous êtes le bétail.

Avant l’État, à l’époque des tribus, les hommes pouvaient produire uniquement ce qu’ils consommaient. Il n’y avait ni entrepôt ni surplus. Il n’y avait pas d’esclaves, car il était inutile de produire de l’excédent. Ainsi, l’esclave n’aurait produit que ce qu’il pouvait consommer. Par contre, quand l’évolution en agriculture a permis la création de récoltes plus abondantes, voire supplémentaires, il est devenu avantageux de posséder des êtres humains…

Quand la vache ne produisait que le lait nécessaire pour nourrir son veau, il n’y avait pas raison d’en posséder un troupeau. Mais quand les hommes ont commencé à enlever le veau à la vache pour en faire de la viande, tout en continuant à la traire, celle-ci s’est mise à produire beaucoup plus de lait, excédant le besoin du veau. Il est devenu avantageux de posséder plusieurs vaches pour vendre le surplus de lait. C’est ainsi qu’est né le capitalisme.

L’État a rapidement compris que l’Homme pouvait produire plus que ce qu’il n’avait besoin de consommer. Il devenait donc impératif pour l’État de posséder des Hommes, des contribuables.

Au tout début, les premiers Empires – chinois ou égyptiens, je ne sais trop – chassaient les sauvages et les barbares, les capturaient, les domestiquaient et les possédaient comme n’importe quelle ferme possède du bétail. Grâce aux avancements technologiques et au développement des méthodes, les esclaves ont commencé à produire suffisamment pour que le coût de leur capture et de leur asservissement ne soit qu’une infime partie de leur productivité totale.

La classe dirigeante – l’État – gardait la plus grande partie de ces suppléments, mais elle offrait une généreuse part aux Forces de l’Ordre en échange de la protection et du maintien de ce système. Afin d’éviter toute révolte, une autre part allait aussi aux prêtres, aux intellectuels assez brillants pour comprendre et aux artistes capable de propager l’information, en échange de leur silence. Ce système fonctionna pendant des millénaires. Jusqu’au dix-septième siècle.

Puis, l’excédent de production est devenu si énorme qu’il devint la base du capital qui a déclenché et soutenu la révolution industrielle. Cette révolution ne s’est pas produite parce que la classe dirigeante a subitement et gentiment voulu libérer ses esclaves – devenus des ouvriers –, mais parce qu’elle a réalisé à quel point quelques libertés additionnelles pouvaient rendre ses esclaves encore plus productifs.

Quand on isole une vache dans un petit box, elle se frappe la tête contre les murs, ayant pour résultat des blessures, des infections, une baisse de la production et donc, des frais d’opérations supplémentaires.

Aucun prisonnier n’est productif !

Mes enfants, comprenez qu’un enclos n’est qu’une apparence de liberté ! La montée du Capitalisme durant le dix-neuvième siècle ne fut que la mise en place, la construction de l’enclos qui allait permettre au bétail-esclave-humain de vivre un semblant de liberté. Ces libertés additionnelles ne furent pas accordées au bétail humain dans le noble but de le libérer, peu importe ce qu’en ont dit les humanistes et ce que l’on vous enseigne aujourd’hui. Ces libertés n’avaient qu’un seul but : accroître la productivité des ouvriers-esclaves. Évidemment, les intellectuels et les artistes furent toujours biens payés – sous forme de subventions – afin de mentir et de cacher cette réalité au troupeau qui les adule.

Le grand problème de la possession du bétail humain moderne, pour l’État, est le défi de l’enthousiasme… L’esclave ne peut être productif que s’il est encouragé dans la créativité, et il ne sera créatif que s’il croit que sa productivité dans l’économie lui apportera un gain quelconque.

Par contre, une production supérieure entraîne toujours un accroissement de l’État, elle augmente le nombre de dirigeants et d’individus qui leur est dépendant, ce qui affecte toute motivation à être plus productif.

Les impôts et les règlementations augmentent, la Dette de l’État explose et le niveau de vie du bétail humain se détériore.

La réalité de l’asservissement s’installe dans la population; le cynisme fait son apparition.

C’est là que nous en sommes.

La solution que l’État a trouvé à ce problème ? En offrant un semblant de gratuité : plus de chaînes de télévision et des médicaments antidépresseurs… En organisant des guerres contre n’importe qui et n’importe quoi, des campagnes morales de toutes sortes… En faisant revivre le puritanisme religieux, en jouant la création d’ennemis, en attisant le patriotisme… En créant des peurs collectives, une paranoïa avec les étrangers et les migrants…

Mes chers enfants, vous devez comprendre la réalité du Monde dans lequel vous grandissez. Si vous regardez une carte du monde, il ne faut pas voir des pays, mais des fermes… d’immenses fermes !

Ne soyez pas dupes. Certaines libertés vous sont autorisées : un droit limité à la propriété privée, des droits de déplacements ou d’association. Non pas parce que l’État approuve ces droits, puisqu’il les viole constamment, mais parce que le bétail à l’air libre est tellement plus productif ! Et économique à entretenir…

Vous devez aussi comprendre la notion d’idéologie : le capitalisme, le socialisme, le communisme, le fascisme, la démocratie ou la dictature que l’on vous enseigne – comme étant bien ou mal – ne sont que des approches différentes quant à la gestion du bétail humain. Certaines fonctionnent mieux que d’autres, c’est ce qu’on vous laisse croire… mais elles sont toutes vouées à l’échec.

Il doit vous être absolument immoral de cautionner toute idéologie qui traite les humains comme du bétail.

Prenez la Chine communiste par exemple. Les récentes libertés accordées aux camarades-citoyens chinois ne sont pas le résultat d’un désir d’émancipation populaire, c’est simplement parce que la Ferme chinoise a amélioré sa méthode de gestion du bétail humain. Elle s’est inspirée de la « réussite » des autres Fermes : le bétail à l’air libre produit plus de lait aux dirigeants ! Ces derniers ont remarqué que, s’ils empêchaient le bétail de sortir de la Ferme, il devenait rapidement dépressif, inerte et improductif.

L’esclave devient productif non pas le jour où il est libéré, mais le jour où il se croit libre. C’est au maître à lui fournir l’illusion de cette liberté, afin qu’il produise de façon plus efficace.

Mes enfants, il vous est autorisé de partir, mais jamais vers la véritable liberté… seulement vers une autre Ferme, parce que le monde entier n’est qu’un lot de fermes. Les dirigeants de votre Ferme vous autorisent à voyager, et c’est bien de le faire, mais ils ne vous autorisent pas à participer à la productivité d’une autre Ferme. Ça non !

Afin d’éviter un chaos, pardon pour le mot, « interfermational », l’État a mis en place tout un tas de difficultés, des embûches avec son mécanisme de protection ultime : la bureaucratie. Des formulaires à n’en plus finir, de la paperasse et des visas… C’est pourquoi peu de gens partent, mais ce qui compte c’est que l’illusion de la liberté soit maintenue.

Il est possible qu’une vache sur mille réussisse à s’enfuir et ne revienne jamais… Un risque calculé selon la Ferme, mais si l’illusion de l’évasion augmente la productivité des neuf-cent-quatre-vingt-dix-neuf autres, ça demeure un gain pour la ferme ! Pensez-y…

Mes enfants, la Ferme tentera toujours de vous garder dans l’enclos avec le sentiment d’appartenance, par l’attribution de permis… Ce que je veux dire, c’est que le bétail le plus productif est appelé « professionnel ».

Les dirigeants prennent un collier électrique – comme ceux que l’on enfile au cou des chiens – qui se nomme Permis de travail, et qui permet d’exercer leur profession seulement sur leur propre Ferme. Combien de médecins étrangers conduisent un camion ici et d’ingénieurs migrants qui travaillent au resto du coin ?

Afin de renforcer l’illusion de liberté, le bétail humain de certaines Fermes est autorisé à choisir entre quelques fermiers qui auront le mandat d’organiser le fonctionnement du système. La démocratie donne au bétail quelques choix, assez mineurs, sur la façon dont il sera géré. Remarquez qu’on ne lui donne jamais le choix d’arrêter la Ferme et d’être véritablement libre. Un choix effrayant pour plusieurs, qu’ils soient dirigeants ou esclaves…

Quand je vous écrivais – dans un des cahiers précédents – que l’école est le système reproducteur de toute idéologie, vous devez comprendre qu’elle endoctrine les enfants à aimer la Ferme, à craindre la liberté, l’indépendance et à répondre à quiconque mettant en doute la réalité brutale de la possession d’humains. Pour ça, l’État crée des emplois pour les intellectuels, dont la propagande en faveur d’un État fort dépendra. Ces intellectuels savent que le désir du Sacro-Saint besoin de protection ne peut être soutenu qu’à travers un endoctrinement intense infligé aux enfants… Internet et l’accès facile à l’information est un peu venu brouiller les plans. Alors que fait l’État ? Il propose aux parents la prise en charge de leurs enfants, et ce, de plus en plus jeunes… Il propose aussi de devenir le fournisseur unique d’Internet pour tous : une autre gratuité !

C’est pourquoi ils forment leurs esclaves à attaquer quiconque remet en question la Ferme… Tiens, ça ferait un beau slogan ça : « Tout pour la Ferme, par la Ferme et rien en dehors de la Ferme… » Mais je crois qu’il a déjà été utilisé !

Mes très chers enfants, prôner pour plus d’État n’est pas une philosophie, c’est une justification à ses propres faiblesses. C’est une excuse pour ne pas voir l’enclos qui limite votre liberté. L’Étatisme est une idéologie, et toutes les idéologies sont des variations dans la méthode de gestion du bétail humain.

Le Nationalisme ? C’est le Syndrome de Stockholm du bétail…

Le contraire d’une idéologie ne pourra jamais être une autre idéologie, mais seulement l’absence d’idéologie…

Mes enfants, seul le courage vous rendra libres…

 

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