OPINION | Pénurie d’emploi ? Non : pénurie d’idée !

OPINION | Ce matin, je me suis levé en catastrophe. Ceux qui ont 3 enfants savent ce que ça signifie parfois… Le calme revenu, j’ouvre mon ordi et défile mon Facebook distraitement. Une publication de cette chère Jessie McNicoll (candidate pour le PCQ) attire mon attention.

D’ailleurs, c’est l’une des seules qui arrive encore à le faire après toutes ces années d’amitié. Que ce soit une anecdote personnelle ou un truc politique, que je sois d’accord ou pas, elle sait se démarquer; son style se développe tranquillement…

Si vous êtes dans sa circonscription, tentez de la rencontrer et écoutez-la. (C’est un abstentionniste qui vous le dit !)

Bref, sa publication en question concerne la pauvreté. Soyons clair : d’aucuns ne désirent ne serait-ce qu’un seul pauvre au monde, tous devraient avoir droit à la richesse. Malheureusement, cette dernière s’obtient soit par l’effort redoublé et l’acharnement au travail, soit par l’escroquerie et le crime. À quelques occasions, pour certains, par la chance.

Elle mentionne que le Parti conservateur du Québec propose dans son plan contre la pauvreté :

1- Aide sociale sans contrainte à l’emploi : Maximum 5 ans.
Hum… Pour moi c’est une erreur. Pourquoi ?

Parce que le dégoût profond du travail, la lâcheté chronique et le fait d’avoir le cordon du cœur qui traîne dans la merde EST une contrainte à l’emploi. Trouvez-moi un seul patron, un seul gérant ou chef d’équipe qui serait heureux d’accueillir une personne qui ne désire absolument pas travailler et je serai le premier à reconnaître que j’avais tort.

Deuxièmement, il est fort à parier que la maladie mentale serait (si elle ne l’est pas déjà) reconnue comme une contrainte à l’emploi. La toxicomanie est une maladie mentale et celui qui ne veut absolument pas travailler n’aura qu’à se déclarer accro – le cannabis sera légal sous peu, tiens donc ! – et s’en suivra une mise en place incroyable de programmes sociaux, tous plus dispendieux les uns que les autres pour leur venir en aide.

Admettons que cette personne apte au travail – mais qui refuse de travailler – se rende au bout des 5 ans autorisés, que le PCQ lui coupe toute aide sociale (puisque c’est ce qu’il veut faire) et qu’elle a deux enfants de 6 et 8 ans… Le PCQ les mettra à la rue ? Ils vous diront : « Bien sûr que non, l’État va prendre en charge les enfants ». Mais le parti prône aussi pour moins d’interventionnisme… Et ça coûterait combien à la société ça, la prise en charge des enfants ?

Le Parti conservateur du Québec propose aussi dans son plan de lutte à la pauvreté le :

7- Salaire minimum sans impôts.

Jessie McNicoll commente le point : « Actuellement, on commence à payer de l’impôt à 15 000$. Avec les conservateurs, ce seuil sera relevé à 20 000$. Donc, une personne au salaire minimum ne paiera plus d’impôts. »
C’est un peu faux. Une personne au salaire minimum et qui travaillerait en moyenne 37,5 heures par semaine (50 semaines par année) gagne 22 500$. Mais l’impôt sur 2500$ seulement, j’achète l’idée, tant que ce n’est pas sous forme de retour. Le chèque doit être entier jusqu’à 20 000$ et les déductions devraient commencer à se prendre quand le seuil est atteint.

Épargnez-moi les « oui, mais… » La mère monoparentale avec deux enfants, limitée dans le temps et sa capacité à se déplacer faute de moyens, devrait bénéficier d’une aide fortement bonifiée. Tout comme les personnes atteinte d’un handicap… Anecdote : je ne sais plus à quel établissement de la chaîne McDonald’s, mais je me souviens encore de la jeune caissière. Elle souffrait de légère trisomie (je ne connais rien à cette condition, j’ignore s’il y a des degrés ou pas) et je peux vous jurer que ce fut l’un des meilleurs services que j’ai reçu dans les dernières années. La petite souriait, semblait tellement heureuse de travailler chez « Mcdo », elle en était belle à voir.

Était-ce un programme social ?

Possiblement, je ne sais pas… Mais si en tant que membre de la société, une partie de mes impôts permet ce genre d’intégration, ce genre de sourire et de bonheur, je veux bien contribuer… J’autorise ici les moqueries, et qu’on me dise de gauche !
On ne peut forcer le lâche à travailler, mais on peut l’inciter… Continuez à lire !

Nous vivons une pénurie de main d’œuvre, surtout pour les emplois au salaire minimum. Des établissements comme Tim Horton, Burger King et même des restos indépendants ferment temporairement faute d’avoir les employés disponibles. Dans le Transport (mon domaine) on assiste à une hausse des salaires incroyable, mais ça ne suffit pas à attirer des gens à se lancer dans le métier, car cette hausse ne laisse pratiquement rien dans les poches du chauffeur : c’est l’État qui en engrange la plus grande part.

La hausse du salaire minimum, c’est connu, appauvrit la population en général et ne laisse à peu près rien dans les poches du travailleur. C’est un leurre qui piège tous les gens au salaire minimum.
Voici ce que je propose afin de régler une partie des deux problèmes.

1- Peu importe le salaire, toute heure travaillée passée les 40 h (sans obligation jamais), est libre de toute déduction. Ni impôt, ni régime de quoi que ce soit. Rien, pas plus au fédéral qu’au provincial. Et ce, même si la personne occupe plus d’un emploi.

2- Peu importe le salaire, pour toute heure travaillée passée 40 h, l’entreprise est libérée de ses obligations de fournir un taux à temps et demi, voire double, etc.

Ce que ça donnerait : 40 h à 12 $/h = 480 $. Présentement 10 h supplémentaire à 18 $/h (temps et demi) 180 $. Ce qui revient à un équivalent de 16,50 $/h pour 40 h. Donc, un salaire annuel de 33 000$ pour 50 semaines. Enlevez l’impôt et toutes les autres déductions, il ne reste à peu près rien du temps supplémentaire; aucun incitatif. De plus, le taux et demi est un frein à la compétitivité de l’entreprise, il augmente le coût de production ou de service, augmentation qu’elle doit refiler au travailleur/consommateur.

Selon ce que je propose : 40 h à 12 $/h = 480 $. 10 h supplémentaire à 12 $/h net, c’est 120 $. Un salaire annuel de 24 000 $ pour 50 semaines et 6000 $ net de plus. Enlevez l’impôt et toutes les autres déductions au salaire de 24 000 $ et rajoutez le 6000 $ net : il en restera plus dans les poches du travailleur.

Une entreprise comme Tim Hortons n’aurait plus à piger dans son profit pour augmenter les salaires afin d’attirer – et garder – les employés, mais à offrir des heures à volonté… Refaites les chiffres avec 20 h supplémentaires… Refaites les chiffres avec un emploi à 18 $/h.

Et ça n’enlèverait absolument rien à l’État, puisqu’il n’y a à peu près pas de temps supplémentaire à imposer, les employés – pas dupes – refusent généralement d’en faire. Ils appellent ça « faire du bénévolat ». Par contre, le net sera dépensé (à 98%) par le travailleur, réinjecté dans l’économie locale.

Cette mesure finira par réduire le besoin de main-d’œuvre.
C’est par le travail que le citoyen finira par se sortir de la pauvreté, non pas par des programmes sociaux…

Le lâche restera lâche.

À moins qu’il soit réellement incité au travail et à ses bénéfices !

Cold Heimatlos est un chroniqueur à la plume irrévérencieuse, aux commentaires cinglants et à l’humour qui fait grincer des dents. Enseignant au niveau professionnel, auteur d’un roman noir, sa plus grande préoccupation est l’état lamentable dans laquelle se trouve la relation entre l’Homme et la liberté. C’est sous cet angle qu’il aborde ses sujets : le rétrécissement constant des libertés doit être expliqué et compris par le citoyen avant d’être dénoncé. Il s’insurge devant la douce et thérapeutique dictature de l’État et du dressage sensitif de l’Homme. Cette citation reflète sa pensée :
« Les êtres humains n’ont pas grandi en même temps que les institutions issues de leur cerveau. Ce sont surtout la faiblesse intellectuelle et morale des chefs et de leur ignorance qui mettent en danger notre civilisation. »
– Alexis Carrel in L’Homme, cet inconnu

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