hydroélectricité vs pétrole - une source d'énergie propre vs une qui est polluante mais payante en péréquation

Péréquation et environnement : un mélange toxique et injuste

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Raymond Ayas
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Raymond Ayas

Homme d'affaires à Montréal, Raymond Ayas est directeur d'agence à Stratégique Solutions Immobilières Inc. Il a étudié la biochimie à l'Université McGill et a obtenu son B.Sc. Sciences en 2000. Engagé dans sa communauté notamment à sa commission scolaire et sa Caisse Desjardins ainsi que dans l'industrie immobilière notamment à l'OACIQ, Raymond s'intéresse à la politique, la culture et l'économie.
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OPINION | Pourquoi l’Alberta est assez riche pour payer la péréquation et le Québec assez pauvre pour la recevoir? Parce que toutes autres choses étant égales, l’Alberta produit et vend du pétrole, mais pas le Québec.

Maxime Bernier voudrait, entre autres idées, que le Québec développe ses ressources. Selon lui, c’est la formule de péréquation qui nous retient. Recevoir des transferts d’argent de l’Ouest canadien rendrait le gouvernement de Québec complaisant. Ce serait un facteur démotivant quant à l’exploitation des hydrocarbures québécois.

Dans un tel scénario, pas besoin de développer notre potentiel énergétique pour de l’argent, puisqu’on profite de la manne albertaine. On a la crème sans effort! à quoi bon battre le beurre? Bonus : on se donne bonne conscience, parce qu’au Québec on ne fait pas de mal à la planète.

Bernier a peut-être raison d’un point de vue économique. Mais d’après-moi, au Québec – économie ou non – on est contre la pollution.

Il faut alors se poser la question : étant donné que les Québécois sont si réfractaires à l’exploitation des hydrocarbures, est-ce acceptable de prendre l’argent du pétrole sale?

L’hypocrisie d’accepter une péréquation pétrolière

On profite des ressources qu’on n’ose pas exploiter nous-mêmes. Cette hypocrisie dérange les Albertains, qui voudraient utiliser l’argent de leur pétrole afin de financer des services chez eux.

Il suffit d’écouter Jason Kenney (chef du Parti conservateur uni et chef de l’opposition officielle de l’Alberta) exprimer la frustration des contribuables de sa province. Cet été il a qualifié le renouvellement de la formule de péréquation dune gifle au visage des Albertains.

D’après cette formule, l’Alberta est forcée de subventionner les services publics des autres provinces, même quand le prix du pétrole est bas.

Je n’ai pas besoin de lire les messages de haine des Albertains envers le Québec sur les réseaux sociaux. La sortie de Kenney démontre tangiblement que Maxime Bernier a raison de voir en le système de péréquation actuel une formule injuste qui mène à la désunion.

Un crime environnemental

Cela dit, il y a pire d’un point de vue environnementaliste : profiter financièrement du pétrole issu des sables bitumineux a l’effet de perpétuer le cycle de son exploitation.

En tant que le plus grand récipiendaire de la péréquation canadienne, le Québec devrait mener par l’exemple. L’an dernier les citoyens ont demandé à la Caisse de dépôts et placements du Québec de se désinvestir du pétrole. Pourquoi ne pas exiger la pareille du gouvernement?

Puisque les sables bitumineux sont sales, alors le produit de leur vente l’est autant, et on n’a pas à accepter de l’argent sale.

Hydrocarbure et crise climatique

C’est au Québec de développer son potentiel énergétique – propre s’il vous plaît. Ce serait bien plus honorable que de prendre l’argent albertain et de donner des leçons à notre bienfaiteur après coup.

D’ailleurs, le sujet fait quasiment l’unanimité : toutes les grandes formations politiques québécoises ont ajusté leurs programmes en conséquence.

Durant la campagne électorale, on a vu le PQ refuser d’autoriser les projets d’hydrocarbures et parler de « crise climatique ». Le PLQ s’est engagé à préserver nos écosystèmes inscrits à l’UNESCO. QS a séduit les jeunes électeurs en misant sur l’environnement. Finalement, la CAQ veut exporter de l’électricité pour réduire les émissions de gaz à effet de serre… chez nos voisins.

Gouvernement majoritaire

Étant donné que la CAQ a gagné avec une majorité claire, les environnementalistes du Québec devraient se mobiliser pour faire pression sur le gouvernement Legault. Ils doivent exiger exactement ce qui a été promis en matière d’environnement : produire plus d’électricité pour réduire les GES de nos voisins.

Les Québécois ont le droit d’être différents et de considérer l’environnement comme une priorité. Soyons donc conséquents : nous devons annuler la péréquation et mener par l’exemple. Produisons une énergie propre, bien à nous et à notre façon, de sorte qu’elle profite à notre économie et qu’elle contribue à réduire la pollution d’autrui.