99 % de l’eau douce de la planète est sous forme de glace

L’eau douce liquide du monde entier ne représente que 1 % de toute l’eau douce sur Terre. Pour le Système solaire, les astrophysiciens parlent surtout de glace, quand ils abordent la question de l’eau. Pour eux, sur notre planète, l’eau est d’abord vue comme de la glace à l’état liquide.

Par Ghislain Loiselle

Donc, 99 % de l’eau douce de la planète se trouve dans les glaces! Et cette eau est localisée surtout en Antarctique (90 %), puis au Groenland (8 %, ce qui n’est pas négligeable).

Mais aussi dans tous les glaciers disséminés un peu partout sur le globe (1 %). Mentionnons les Alpes, la chaîne de l’Himalaya, la Cordillère des Andes, les montagnes Rocheuses, la Cordillère canado-américaine, etc.

Eau douce canadienne

Que d’eau douce il y a à l’état liquide au Canada. On n’a qu’à regarder les cinq Grands Lacs dont le Supérieur, une fosse très profonde. Et les autres qu’on retrouve au pays, des Esclaves (l’extrêmement profond au Canada), Winnipeg, de l’Ours, etc. Ainsi que tout ce qu’il y a comme plans d’eau à travers notre territoire. Pourtant, ce n’est rien par rapport à la réalité pour l’eau douce à l’état solide.

Eau douce liquide : danger!

Si toute cette glace constituant 99 % de l’eau douce de la Terre fondait, le niveau moyen des océans s’élèverait de plus de 100 mètres. On pourrait dire adieu à toutes les villes côtières, Québec (qui se trouve au niveau de la mer) et Montréal (juste un peu plus haut) comprises.

Il y a 12 000 ans, la calotte glaciaire polaire nordique recouvrait toute l’Abitibi-Témiscamingue et même les Grands Lacs et Chicago. New York se trouvaiat au pied de l’inlandsis.

Imaginons un peu à quel point le niveau moyen des océans était bas quand la dernière époque glaciaire a été à son maximum. C’est près de 200 mètres sous le niveau actuel des océans. Les calottes de glace continentales en Amérique, en Europe et en Russie mobilisaient alors des quantités phénoménales d’eau douce. Tombée sous forme de neige pendant 90 000 ans, voire plus encore. Les rives se trouvaient très loin au large, assez qu’on pouvait traverser à pied sec le détroit de Béring, entre l’Asie et l’Amérique.

À la dernière période glaciaire, celle du Wisconsin, beaucoup plus que 1 % de l’eau douce de la planète était mobilisée par les glaces.

Eau douce : regard sur l’Abitibi-Témiscamingue

Il y a 10 000 ans, la majorité du Témiscamingue était libérée de la glace qui la recouvrait après 2000 ans de fonte. Mais au nord, il y avait le lac glaciaire Ojibway.

Il y a 8400 ans, l’Abitibi n’était qu’en partie décarcérée de cette glace et la moitié nord était constituée du même fameux grand lac qui s’est finalement vidé en seulement 100 ans, dit-on.

Il a donc fallu que le Témiscamingue en particulier attende 8000 ans avant que la glace qui recouvrait l’Amérique du Nord commence à disparaître sur son territoire. Car la calotte, elle, a commencé à fondre il y a 20 000 ans. Et elle allait bien au delà de Chicago et Montréal (jusqu’au Wisconsin en fait, d’où le nom de la dernière glaciation).

Je le répète, elle rejoignait New York où, à Central Park, au coeur de l’île Manhattan, on retrouve des roches portant les marques du passage des glaces multimillénaires.

Rappel à propos du Nord

C’est là qu’on voit qu’on n’est pas vraiment dans le Nord, au sud du 49e parallèle. Le Nord commence à cette latitude. Ici, c’est le pré-Nord.

Et plus les années vont passer, plus le temps doux va nous gagner. Car la période interglaciaire Holocène, amorcée il y a 20 000 ans, n’est pas finie. Le réchauffement se poursuit et il est même accéléré par les activités humaines. Plus ça va, plus les tropiques montent vers le nord. La faune et la flore changent aussi, entre ici et l’extrême Nord.

Je me demande juste quand est-ce que la prochaine glaciation va commencer. La dernière a duré 90 000 ans. 90 000 ans au congélateur! Vivement que l’humain s’est dirigé vers l’équateur, dans ce temps-là. Et même là, on devait quand même sentir le froid, en particulier de part et d’autre du solstice d’hiver.

Avant la dernière glaciation, l’homme n’était pas comme il est aujourd’hui. Que sera devenu l’homme après la prochaine glaciation, dans plus de 100 000 ans disons? Ne soyons pas pessimistes. L’humain existera encore.

Mais je doute qu’il y aura, à ce moment, la moindre trace de notre présence actuelle. Parce que tout ce qu’on trouve très ancien aujourd’hui et qui est encore conservé n’a que quelques dizaines de milliers d’années. Tout sera de nouveau rayé par les glaces.

Chargement ...
DixQuatre
DixQuatre.com est un média en Abitibi-Témiscamingue couvrant l’actualité locale et régionale. Nous avons une équipe de collaborateurs et collaboratrices réputés qui offrent, chaque jour, une couverture des faits divers, des événements et des enjeux qui vous concernent.

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience d'utilisation. Nous vous invitons à en lire davantage sur notre politique de confidentialité. Accepter En savoir plus