#Jesuislaïc : on me traite de raciste parce que je prône la laïcité de l’État

On me traite de raciste parce que je suis pour les mariages homosexuels et que je considère qu’il y a injustice lorsque les droits et obligations qui sont rattachés au mariage au Québec sont bafoués par l’orientation sexuelle.

Ces droits sont pourtant protégés par la Constitution canadienne. Il est illogique que deux personnes du même sexe qui partagent une résidence depuis 20, 30 voire 40 ans ne puissent profiter du patrimoine familial, de la pension de survivant et des droits reliés aux héritiers légaux. Combien ont comme bénéficiaire d’une assurance les héritiers légaux ?

On me traite de raciste parce que je crois qu’une personne embauchée pour faire un travail devrait faire ledit travail sans égard à ses choix religieux. Je veux qu’une infirmière musulmane donne un traitement à un patient en toutes circonstances, même si sa religion lui interdit de toucher les parties intimes d’une personne. Par respect pour ses compagnes et compagnons de travail, je veux qu’elle fasse le travail pour lequel elle a reçu une formation et a été embauchée en vertu de ce diplôme.

On me traite de raciste

Je demanderais la même rigueur professionnelle de la part d’un Témoin de Jéhovah qui refuserait une transfusion sanguine à un malade parce que cela va à l’encontre de sa croyance religieuse. Je veux aussi qu’un médecin juif accepte de soigner une musulmane en tchador.

On me traite de raciste quand un sikh veut entrer dans un bloc opératoire avec son turban alors que tout autour de lui a été aseptisé. Tout ce que je lui demande, c’est d’attacher ses cheveux sous un casque jetable comme toutes les personnes avec les cheveux long.

Quand je demande à une femme voilée de retirer son voile pour conduire une voiture alors que tous les Québécois sont tenus de ne rien porter qui pourrait obstruer leur vue. On me traite de raciste quand je demande à un sikh de porter un casque pour conduire une moto. On me traite de raciste quand je leur demande de respecter le code de la route.

Quand je demande à un futur employé ses disponibilités pour les horaires de travail, on me traite de raciste. Je peux demander à un candidat étudiant ses disponibilités en fonction de ses cours, mais je ne peux demander au pratiquant d’une religion s’il a l’intention de ne pas entrer certains jours parce qu’il ou elle a un rite religieux ces jours-là.

Respect de nos lois civiles

Bref, on me traite de raciste quand je demande à une infime partie de la population de respecter nos lois civiles. Tant qu’à y être, est-ce qu’un Britannique, un Japonais ou tout néo-Québécois originaire d’un pays où la conduite est à droite devrait avoir le droit de conduire dans le sens contraire parce que c’est culturel pour lui ?

Si un ou une citoyenne du Québec décide de pratiquer une religion, quelle qu’elle soit, je vais me battre pour qu’il ou elle puisse la pratiquer en toute quiétude. Toutefois, s’il ou elle choisit de travailler pour l’État, je lui demanderais de laisser sa religion au vestiaire et d’offrir à tous un service total et entier, sans égard à la religion, ou non, du citoyen auquel le service est offert.

Que ce fonctionnaire porte ou non un signe religieux n’a aucune importance, du moment que le service de ce fonctionnaire se fasse, même si cela se fait à l’encontre de ses croyances les plus profondes, mais tout en respectant les croyances du receveur de service.

Surpris ? L’État est laïc, pas le citoyen.

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