Clergé et abus sexuels sur des mineurs : un guide insuffisant pour rassurer les victimes

La Conférence des Évêques du Canada est le bras politique du pape au Canada. Ils représentent les plus hauts gradés du pouvoir de l’Église catholique sur le territoire canadien. C’est à eux qu’incombe la responsabilité de naviguer dans les eaux troubles des abus sexuels sur des mineurs et personnes vulnérables, au nom de l’église canadienne. Après des années de camouflage avoué, le guide publié pour les « pasteurs (sic) du troupeau confié par le Christ » échoue le test d’aide réel aux victimes.

La Conférence des Évêques du Canada échoue à diriger les victimes d’abus

Le document que DixQuatre a obtenu est le guide final proposé aux officiers de l’église catholique. Bien qu’il prétend vouloir enseigner et renseigner les prêtres, animateur(trice)s de pastorale et laïcs officiant au sein des fidèles de l’église, aucune mention n’est faite des organismes d’aide aux victimes.

Une simple recherche dans le document montre qu’il ne parle ni de cavac, ni de l’ivac, ni des organismes de soutien aux victimes d’abus sexuels. silence complet sur l’aide disponible.

Au Québec, une personne victime d’actes criminels peut avoir recours au Centre d’aide aux victimes d’actes criminels, à une Indemnisation aux victimes d’acte criminel mais aussi à des organismes de soutien aux victimes. Notons que le seul organisme offrant de l’aide aux hommes abusés dans l’enfance au Québec est lui aussi absent du document proposé par la Conférence des Évêques Catholiques du Canada.

Les mots importants sont absents ou presque ignorés par le « guide » proposé aux prêtres

Sur les 200 pages que nous avons pu consulter, le mot « dénonciation » n’apparaît que 3 fois. Plus inquiétant encore : la timidité à encourager la dénonciation aux autorités et le flou entourant les procédures d’appels aux policiers pour signaler les dénonciations faites par les victimes.

« Quand un adulte porte une accusation concernant des abus qui ont été commis alors qu’il était une personne mineure, il doit être informé du droit, et peut-être du devoir, de dénoncer le délinquant présumé aux autorités civiles. »  Protection des personnes mineures, page 105, guide de la Conférence des Évêques Catholiques du Canada, octobre 2018.

Il en va de même pour les mots « indemnisation » que l’on ne trouve que deux fois dans le document, contre 21 fois où l’on trouvera le mot « pardon ». Quant au mot « conséquences » il n’apparaît que 3 fois et « pensionnats indiens » qu’une fois.

Un guide qui ne mentionne aucune fois les autochtones

N’allez pas chercher « autochtone » dans le document, il ne s’y trouve pas. Pas plus considérés que les « pensionnats indiens » qui ne sont nommés qu’une fois.

En attente des réponses de la Conférence des Évêques catholiques du Canada

Nous avons contacté plus tôt cette semaine le département des relations publiques de l’organisation, de laquelle nous attendons toujours des réponses aux questions que souhaitent éclaircir DixQuatre. Au moment de publier, nous n’avions reçu aucun appel.


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