Le ciel est vert et l’enfer est pavé de bonnes intentions

Le pacte des artistes pour un virage vert a fait beaucoup jaser, soulevant les passions tant chez leurs supporters que chez leurs opposants. On a abondamment relevé, à juste titre, l’immense décalage entre les babines et les bottines de leurs signataires.

Comme ces curés qui condamnaient le sexe hors mariage, forçaient les femmes à enfanter chaque année, mais se faisaient faire de petits extras par les servants de messe. L’ancienne religion était catholique. Le sexe menait en enfer et le salut passait par les nombreux enfants. La nouvelle religion est verte. Le pétrole mène en enfer et le salut passe par les artistes. On n’en est pas à une contradiction près…

N’allez pas croire que je me fous de l’environnement. J’ai grandi en campagne. Sans arbres, je suis triste. J’ai mangé des légumes bio tous les étés de mon enfance et j’ai eu des problèmes respiratoires. Avoir du mal à respirer, ça vous sensibilise à la pollution, vous pouvez me croire.

Quand il y a un dôme de smog sur la ville, les hospitalisations augmentent. Des gens à la santé déjà fragilisée, vous allez me dire? Des gens âgés et des enfants, principalement. N’empêche, c’est un problème de santé publique, et les impacts sur les gens vulnérables coûtent cher aussi en dollars à notre société.

Oui, je suis sensible à la question environnementale

J’ai été candidate pour le Parti conservateur du Québec dans le comté de Nicolet-Bécancour à la dernière élection. Pendant ma campagne, il était évident sur le terrain que l’environnement préoccupait la population, et plus particulièrement la jeune génération.

Quand Legault a été élu, il a dit aux gens à propos de la question environnementale : « Je vous ai entendus. » Le contraire aurait été inquiétant. Nous sommes en démocratie et cette voix était forte. Je l’ai aussi entendue.

Mais une fois que c’est dit, une fois qu’on est d’accord sur le fond, qu’est-ce qu’on fait? Le gouvernement est-il véritablement un acteur de changement? Qu’on pense au fond vert, dont la gestion a fait l’objet d’un article assassin récemment, et qui n’aurait de vert que le nom.

Vert ce que je dis, pas ce que je fais

Oui, on met fin à un projet de route pour sauver les couleuvres brunes, mais on subventionne grassement la cimenterie de Port-Daniel qui fera mal aux cimenteries existantes et qui battra des records d’émissions de gaz à effet de serre…

On fait des réunions pour parler d’environnement, mais on y va en jet privé…

Qu’on pense aux fonds d’investissement verts qui comportent des actions de pétrolières…

Qu’on pense au contenu de nos bacs de recyclage, qui peut parfois faire l’objet d’amendes si le tri n’est pas fait adéquatement, mais qui se retrouve trop souvent au dépotoir…

Bref, vous remarquez les contradictions comme moi. Vous les relevez aussi.

Ce qui me frappe par contre, c’est le peu de disponibilité d’informations simples qui permettraient de faire de meilleurs choix. Bien sûr, il y a le mouvement zéro déchets qui prend de l’ampleur. Tout ce qui n’est pas produit n’est pas jeté et ne pollue pas. Bravo!

Des solutions qui mènent « vert » le mur?

On met surtout le focus sur des solutions ‘ »magiques » comme les voitures électriques, alors que n’importe quel individu avec un QI moyen est capable d’entrevoir le mur qu’on frappera lors de vagues de froid. Consommation accrue pour chauffer la maison, consommation accrue de l’auto électrique, autonomie diminuée, une panne d’électricité majeure qui paralyserait l’économie puisque les gens ne pourraient plus aller au travail…

Et on occulte le fait que l’électricité n’est une énergie propre que parce qu’on a le bloc patrimonial. L’hydroélectricité est propre. Mais ailleurs dans le monde, on produit souvent l’électricité à partir de centrales au gaz ou au charbon…

Et au Québec, on ne pourrait plus construire de nouveaux barrages aujourd’hui. On ne pourrait plus inonder de nouvelles plaines. Malgré l’existence actuelle de surplus énergétiques, on doit limiter l’augmentation de notre consommation d’électricité aux heures de pointe, surtout par grands froids.

L’éolien est vert, mais ne répond pas à nos besoin. Le photovoltaïque est vert, mais n’est pas efficace en hiver. Si on fait le virage vers les voitures électriques, comment produirons-nous cette nouvelle électricité nécessaire lors de pointes hivernales? Bah… On a toujours Trans-Canada qui est sous contrat avec sa centrale au gaz… On les paie pour ne pas produire, alors… Ouais, méchant virage vert…

Pendant ce temps, il existe des connaissances et des technologies dont on n’entend pas parler et qui pourraient pourtant limiter les pointes de consommation liées à la froidure de nos hivers.

Les maisons solaires passives

Si on veut y aller au pied de la lettre, une telle maison va coûter nettement plus cher qu’une maison ordinaire. Cependant, on pourrait en intégrer certains principes de base afin de maximiser l’efficacité énergétique de nouvelles constructions. Le fait de limiter au minimum les ouvertures au nord et de maximiser les ouvertures au sud, par exemple, limite les besoins en chauffage et en éclairage. Le fait d’avoir une avancée de toit optimale par rapport à la hauteur des fenêtres permet de limiter le besoin de climatisation en été, et de laisser entrer le soleil en hiver.

Mais comme s’il s’agissait d’une religion, on ne peut pas appliquer 2 ou 3 principes faciles et efficaces sans adhérer totalement à une certification hors de la portée financière du quidam moyen.

Le stockage thermique saisonnier de l’énergie solaire

Déjà au Danemark et même dans une petite communauté en Alberta, on utilise le stockage thermique de l’énergie solaire. En gros, on profite de l’été pour emmagasiner la chaleur du soleil dans un immense réservoir d’eau sous-terrain. Et en hiver, on restitue la chaleur de cette eau vers les maisons pour les chauffer. On réussit ainsi à combler jusqu’à 90% des besoins en chauffage. Pas pire, non?

Et puis le compost, c’est si simple!

Vous compostez, vous? Si j’avais su que c’était aussi facile, j’aurais commencé bien avant. Quand je cherchais de l’info sur le net, j’aboutissais sur des sites écolos. C’était tellement compliqué que j’avais l’impression qu’il fallait être chimiste pour y arriver.

Puis un jour, j’ai loué un outil pour pulvériser une immense souche qui se trouvait sur mon terrain. J’ai mis les copeaux sur un polythène en me disant que j’allais l’utiliser comme paillis pour mes fleurs l’année suivante.

Puis, l’année suivante, j’ai retrouvé dans mon polythène… une superbe terre noire! Mes copeaux étaient devenus du compost. Pas de religion, pas de complication, sans même que j’intervienne. Facile de même, toi! Pourquoi personne ne dit ça sur leur site?

Je vais vous le dire : mon compost ne contenait que des matières « brunes » ou carbonées. En se compostant, ça a émis du CO2. Alors qu’un compost idéal est équilibré entre les matières « vertes » ou azotées et les matières brunes.

Depuis ce temps, je fais du compost. Et quand mon compost pue, j’ajoute essentiellement le contenu de mon Publi-sac. Full carbone, ça équilibre le tout et fait disparaître cette « odeur d’urine puissance mille », produite par l’excès d’azote. Voilà. Pas pire que ça.

Je déteste qu’on me fasse la morale

Je n’aime pas qu’on demande au gouvernement d’intervenir. J’ai horreur de l’odeur de religion qui entoure le mouvement vert. J’aimerais qu’on diffuse largement les informations qui permettent de savoir quel est le meilleur choix dans une situation X.

J’aimerais qu’un Guy Laliberté, qui s’est payé un voyage en navette spatiale et a tenté d’obtenir des exemptions d’impôts sur ce voyage, mette autant d’argent pour développer un écoquartier avec stockage thermique saisonnier de l’énergie solaire, question de nous démontrer son intérêt pour l’environnement.

Je souhaiterais que le pacte des artistes nous vulgarise l’information au sujet du compost. Étant donné la visibilité qu’ils ont, ils pourraient conscientiser plusieurs personnes sur la facilité d’un tel processus et ainsi changer les habitudes sans que ça ne coûte un sou au contribuable.

J’aimerais qu’on oriente les nouveaux quartiers résidentiels vers le sud. Un petit changement qui n’engendrerait pas de dépenses et qui aurait forcément un impact financier et environnemental positif…

Mais voilà, le pacte est vert et pavé de bonnes intentions…

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