La Terre et la Lune ne seront jamais une planète double

La Terre et la Lune forment un système, le système Terre-Lune. Mais jamais elles ne seront une planète double, comme Pluton-Charron.

Par Ghislain Loiselle

La raison est très simple. L’alignement de notre planète sur son seul satellite naturel (ce dernier présente déjà toujours la même face à la Terre)  demanderait 50 milliards d’années.

Or il ne reste  »que » 4,5 milliards d’années à vivre au Soleil, centre du Système solaire. Il a déjà consommé la moitié de son existence.

La Lune stabilise la Terre

La Lune, en raison de sa proximité de la Terre, stabilise l’inclinaison de l’axe de la Planète bleue. Aussi, depuis la formation de ces deux corps, il y a 4,6 milliards d’années, la Lune s’est trouvée à ralentir la vitesse de rotation de la Terre. Parce que ces deux astres ne sont pas synchronisés.

Arrêt de rotation?

Une question s’est aussi déjà posée. Ce ralentissement de la rotation de la Terre, attribuable donc à la Lune, pourrait-il aboutir, à terme, à l’arrêt complet de la rotation du globe? Sachant le temps qu’il faudrait pour que la Terre finisse par s’aligner avec la Lune, on pourrait dire que la question ne se pose tout simplement pas.

Le Soleil, en devenant une géante rouge vers la fin de sa vie, aura consommé Mercure, Vénus, la Terre, la Lune et même Mars. Et ce sera dans le premier dixième des 50 milliards d’années requis. Et il y a fort à parier que Jupiter, un soleil manqué, aura sa revanche et pourra alors  »brûler » ses gaz, ses liquides et ses solides.

De plus, si on prend en compte que la Lune s’éloigne de plus en plus de la Terre, le questionnement est encore moins pertinent.

Et l’idée d’une stagnation qui serait suivie d’une rotation inversée apparaît de toute évidence farfelue. Pourquoi d’ailleurs se mettrait-elle à subitement tourner dans l’autre sens et en plus à accélérer, comme il a déjà été avancé?

La Lune perd de sa force d’attraction

Concentrons-nous sur le réel. La Lune s’éloigne de la Terre et son éloignement se fait en continu. Sa masse est de beaucoup inférieure à notre planète. Elle exerce du coup de moins en moins un effet de marée sur elle. Privée d’une proximité idéale de la Lune, la Terre devrait en venir à plutôt stabiliser sa vitesse de rotation. Il n’y a aucune raison pour que celle-ci se mette en mode arrêt et encore moins accélérer.

Les tourbillons du passé

Dans notre passé lointain, les températures élevées partout jouaient sur les mouvements plus ou moins rapides des masses qui étaient beaucoup plus gazeuses et liquides que maintenant.

Dans le grand disque d’accrétion qui avait évidemment en son centre le Soleil, la Terre et la Lune devaient ressembler à des tourbillons de matière. Eux-mêmes devaient être entraînés dans un immense vortex stellaire, tous en révolution anti-horaire.

Vénus fait sa rotation dans le sens des aiguilles

Mais il s’en est transformé de l’hydrogène depuis le temps.

Pour la rotation des planètes, il n’y a que Vénus, dans le Système solaire, qui tourne sur elle-même dans le sens rétrograde sur le plan astronomique, c’est-à-dire dans la direction des aiguilles d’une montre, d’est en ouest si on regarde au-dessus du pôle Nord vénusien.

Anti-tourbillon

Aucune force extrême ne peut être intervenue pour inverser une rotation de Vénus, en supposant qu’elle serait allée au départ d’ouest en est comme toutes les autres planètes du Système solaire.

La preuve est que son orbite est presque circulaire. Si Vénus avait fait l’objet d’un impact, son orbite serait à coup sûr une ellipse plus ou moins excentrique.

La rotation de toutes les autres est antihoraire

La Terre poursuit aussi ses mouvements d’ouest en est pour sa rotation et dans le sens contraire des aiguilles d’une monde comme toutes les autres planètes sauf Vénus, pour sa translation autour du Soleil. Tout va rondement dans le meilleur des mondes.

3,7 centimètres d’éloignement par année

Revenons à la Lune. Elle s’éloigne de notre planète au rythme de 3,7 centimètres par an. Ce qui ne peut que jouer dans l’exercice des forces de la gravitation universelle. Plus il y a éloignement, plus il y a perte de force d’attraction. C’est la loi du carré dans la théorie de la gravitation universelle. La force est inversement proportionnelle au carré de la distance.

Pourquoi la Lune s’éloigne-t-elle?

Un questionnement obligé surgit donc, face à l’éloignement subtil de la  »Lune-frein » et de la  »Lune-stabilisatrice », au fil des millions d’années. La Lune est beaucoup moins massive que la Terre. La Terre l’est définitivement plus. Malgré sa masse supérieure, la Terre ne réussit pas à avoir une attraction suffisante pour retenir  »son »  »satellite naturel ». Pourquoi alors ce dernier s’éloigne-t-il peu à peu de nous?

La Lune, une mini-planète indépendante

La réponse tient peut-être dans le fait que la Lune tourne d’abord et avant tout autour du Soleil. Et n’est en fait que perturbée par la présence de la Terre suivant la loi de la gravitation.

Voilà pourquoi elle ne fait que 12 rotations autour de celle-ci en suivant une ligne comparable à un ressort étiré au maximum. C’est au lieu d’une multitude de tours par année. Comme c’est le cas pour d’autres lunes d’autres planètes du Système solaire, par exemple celles de Jupiter.

On dit que si la Terre disparaissait tout d’un coup, la Lune, telle une petite planète indépendante, continuerait tout simplement son bonhomme de chemin. Son centre de gravité principal est notre étoile, le Soleil. La Lune peut très bien se passer de la Terre. D’ailleurs, elle le prouve en s’en éloignant d’elle, peu à peu.

La Terre stabiliserait-elle sa rotation?

Comme la Lune s’éloigne de plus en plus de nous, la Terre devrait donc subir de moins en moins son freinage. Et donc adopter une rotation qui irait plus vers la stabilité (près de 24 heures pour une rotation), qui irait moins vers une poursuite de sa décélération dans les temps géologiques.

L’obliquité de son axe se stabiliserait-elle?

Peut-être que, par ricochet, cela aurait un effet bénéfique sur la stabilité de l’obliquité de l’axe de la Terre qui pourrait ressembler à l’inclinaison moyenne actuelle. Les forts balancements du pendule terrestre appartiendraient-ils davantage au lointain passé de notre planète?

Vous êtes invités à lire les textes apparentés sur dixquatre.com.

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

Chargement ...
DixQuatre
DixQuatre.com est un média en Abitibi-Témiscamingue couvrant l’actualité locale et régionale. Nous avons une équipe de collaborateurs et collaboratrices réputés qui offrent, chaque jour, une couverture des faits divers, des événements et des enjeux qui vous concernent.

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience d'utilisation. Nous vous invitons à en lire davantage sur notre politique de confidentialité. Accepter En savoir plus