Le Capitaliste et le Chasseur

Le Capitaliste et le Chasseur. Avouons-le, pour une trop grande partie de la population, le terme «capitaliste » a mauvaise presse.

Le terme capitaliste évoque souvent l’image du bonhomme des cartes du jeu de Monopoly

Ce terme évoque souvent l’image du bonhomme des cartes du jeu de Monopoly ou celle d’un d’homme d’affaires qui a les mains pleines de billets de banque. Des billets qu’il a obtenus en surexploitant les plus pauvres et en dévorant tout sur son passage.

Je souhaite ici redorer le blason du capitalisme en expliquant ce qu’il est vraiment. Bien que la mauvaise réputation du capitalisme n’ait pas été entièrement imméritée dans le passé, ce genre de capitalisme sauvage est en voie d’extinction. Celui que j’appellerai le Capitaliste Moderne est complètement d’une autre espèce et fonctionne avec une vision différente.

Le capitalisme sauvage est responsable de plusieurs crimes

Il est vrai que le capitalisme sauvage est responsable de plusieurs crimes. Tels que les déforestations sauvages avec coupes à blanc en Amazonie (forêts essentielles à l’équilibre écologique nécessaire à la vie sur terre). L’usage d’insecticides qui affecte aujourd’hui gravement les colonies d’abeilles qui sont aussi essentielles à notre vie.

Encore aujourd’hui, les pêches sans scrupules menacent l’existence de plusieurs espèces marines comme ce fut le cas pour de nombreux mammifères qui existaient encore au début du vingtième siècle et qui ont aujourd’hui disparu.

Dernièrement encore, je regardais une vidéo montrant un oiseau mâle qui était le tout dernier spécimen vivant de son espèce. Vivant en liberté, il tentait désespérément d’appeler une femelle qui ne répondrait jamais à son appel.

Il a donc vécu ce rituel, année après année, à attendre de revoir un de ses semblables, jusqu’à mourir dans la solitude, pour notre perte à tous. Jamais plus l’espèce humaine n’entendra son chant.

Le Chasseur

Pourquoi le titre de cet article fait-il mention du chasseur? Parce que le chasseur du passé a aussi été un capitaliste sauvage. Le genre qui a chassé les grands bisons des prairies de manière barbare jusqu’à venir tout près de leur extinction.

Heureusement, nous nous sommes quelque peu ravisés. Nous avons mis en place des réserves et surtout des règles contre ce qui est maintenant considéré comme du braconnage : la chasse en dehors des règles. Aujourd’hui, les vrais amoureux de la chasse comprennent que ces règles sont essentielles pour préserver l’avenir de leur sport.

Pourquoi le chasseur responsable d’aujourd’hui accepte-t-il de chasser selon les règles? La réponse est bien simple : il comprend que le danger à long terme de ne pas respecter les quotas et les délais de reproduction du gibier signifie l’extinction de celui-ci. Et disparition du gibier signifie disparition de la chasse. Il en va donc de son avenir.

Voilà la règle que les capitalistes de demain doivent retenir

Je m’explique : l’ancien capitaliste passait pour être quelqu’un qui ne pensait qu’à faire un profit à n’importe quel prix, même en engendrant de la pollution chez lui et chez son voisin ou en écrasant autrui, peu importe les règles qu’il pouvait enfreindre.

Or, le capitalisme, par définition, ce n’est pas ça. Le capitalisme est simplement l’art de prendre quelque chose et de lui ajouter de la valeur (oui, je dis bien « l’art », car cela nécessite de la créativité). Bien entendu, on peut le faire impitoyablement, en ajoutant de la valeur au détriment de « voler » de la valeur à autre chose en la gâchant.

Par exemple, on pourrait dire que plusieurs processus essentiels à notre train de vie engendrent un grand gaspillage d’eau, ou à tout le moins lui font perdre de la valeur (une eau polluée a diminué de valeur par rapport à une eau qui est encore propre).

Respecter sa source de capital

Comme le chasseur responsable qui aime et respecte le gibier, le capitaliste de demain doit apprendre à aimer et respecter la source de son capital.

Prenons l’exemple d’une usine dont la source de capital est l’aluminium. Elle l’achète, lui donne une certaine configuration (un jouet par exemple), lui applique une couleur et donc ajoute ainsi à la valeur de cette matière première. Avec le temps, l’entreprise a appris à réduire ses pertes de matières premières et à revendre toutes les retailles d’aluminium qu’elle génère puisque cette matière est recyclable à 100 %.

L’usine récupère ainsi des centaines de milliers de dollars qu’elle perdait auparavant et redonne une seconde vie à tout cet aluminium qui, rappelons-le, est extraite du sol à un grand coût écologique.

Cependant, on retrouve encore dans les poubelles de l’usine des déchets d’aluminium comme des canettes de boissons gazeuses. Une telle entreprise devrait cultiver la notion de respect envers la matière première qui lui accorde sa raison d’exister et interdire qu’il y soit jeté au rebut tout ce qui est aluminium.

Ceci est encore plus important pour une usine de plastique, puisque le plastique à l’échelle mondiale n’est recyclé qu’à 25 %. Lorsqu’on voit la pollution actuelle des résidus de plastique dans nos réserves d’eau, il y a de quoi s’inquiéter! D’ailleurs saviez-vous que notre eau est une denrée très limitée?

Les coûts environnementaux du capitalisme

Dans les faits, 97,3 % de l’eau de notre planète est trop salée pour être consommée et un autre 2 % est retenu en glace polaire. Faites le calcul pour ce que ça nous laisse, et rappelez-vous que notre eau potable est surtout de l’eau « fossile » (ce qui signifie qu’elle prend des dizaines de milliers d’années à s’accumuler avant d’être disponible pour notre consommation).

Si cela vous semble encore anodin, sachez qu’on estime qu’il faut 400 litres d’eau pour obtenir un melon d’eau, 480 litres pour obtenir un œuf, et 10 000 litres pour produire une livre de bœuf!

Le monde fait présentement face à une très grave pénurie de sable

Saviez-vous que le monde fait présentement face à une très grave pénurie de… sable? Comment est-ce possible alors que nos déserts en sont remplis, direz-vous? C’est que le sable du désert n’est pas celui que nous utilisons. Seul le sable composé comme celui des plages est propre à l’industrie de la construction.

Ce sable sert pour produire le béton et toutes sortes de choses semblables dont nos structures (et infrastructures) sont composées.

Or, désormais, cette pénurie est si grave qu’il se développe même une « contrebande du sable » qui vole ou achète au noir du sable des plages qui elles, sont de plus en plus dévorées. On ne sait plus comment nous réussirons à maintenir le rythme de notre développement actuel sans ce sable presque disparu.

Le sable est aussi essentiel à l’ordinateur ou le téléphone intelligent dont vous vous servez pour lire cet article. Il l’est aussi pour de nombreux éléments plus rares encore dont nous sommes en train d’épuiser les réserves.

Il serait lourd de faire une liste des éléments en question, d’autant plus que plusieurs de leurs noms sont très techniques. La leçon à retenir ici est que lorsque nous faisons ce choix difficile d’exploiter nos ressources. Nous devons nous faire un devoir d’y apporter le maximum de valeur possible avant de leur redonner une possibilité de reprendre de la valeur lors d’un second usage (par recyclage), ou de les remettre en circulation sous la forme de rebut.

Nous devons aussi faire tout ce qui est en notre pouvoir pour ne pas épuiser ce qui constitue nos uniques éléments de travail disponibles lorsqu’il s’agit de matières renouvelables.

Le capitaliste responsable

Tel le chasseur responsable qui ne tire jamais sur une femelle enceinte, le capitaliste de demain comprend qu’il doit prendre soin de sa source de revenus. Si par le passé les capitalistes ont souvent été vus comme étant contre la protection de l’environnement, ceux de demain doivent se montrer plus responsables et plus sages que ceux du passé.

Il est temps qu’une génération d’entrepreneurs responsables se lève. Qu’elle comprenne que pour son avenir, elle doit protéger nos sources d’exploitation pour arriver à un véritable développement durable.

Stéphane Gagné est diplômé en Arts et Lettres et a aussi été candidat du Parti Conservateur du Québec. Ancien membre du Parti Québécois, il a même fait partie de l’équipe de campagne électorale du député et ancien premier ministre du Québec Bernard Landry. Élevé dans la mentalité gauchiste, c’est son obsession à arriver au fond des choses pour obtenir la vérité qui l’a éventuellement poussé à changer son fusil d’épaule et devenir un gars de droite. Au fil des années il a partagé ses opinions par écrit sur plusieurs médias et aussi comme conférencier.

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