Prêts pharaoniques à General Motors et autres BS corporatifs

Le bien-être social corporatif doit cesser

Au fil des ans, le Canada a donné 14 milliards $ à General Motors en BS corporatif. Lors du « sauvetage » de l’industrie automobile de 2009, les gouvernements canadien et ontarien ont perdu 3,5 milliards $ juste sur GM. Aujourd’hui, on apprend que la compagnie renvoie à la maison tous ses employés d’Oshawa, Ontario.

Ce n’est pas la première fermeture d’usine au Canada… mais les contribuables ont massivement financé la multinationale. Décision regrettable.

En fait, elle a été regrettée même avant l’annonce de fermeture de ce matin. En octobre 2017, le Conservateur Stephen Harper a amèrement regretté sa décision de financer la multinationale :

CES COMPAGNIES (NDLR : Chrysler & GM) ONT TERRIBLEMENT MAL GÉRÉ LEURS OPÉRATIONS ET SOUDAINEMENT AVAIENT BESOIN D’AIDE. LES ADMINISTRATIONS BUSH ET OBAMA ONT VOULU AIDER, PAR CONSÉQUENT ON N’A PAS EU LE CHOIX D’AIDER AUSSI. ON A MIS BEAUCOUP D’ARGENT SUR LA TABLE. DÈS QUE LES CONTRATS ONT EXPIRÉ, ILS SE SONT AFFAIRÉS À DÉMÉNAGER LEURS USINES AU MEXIQUE. JE NE SUIS PAS UN TRAVAILLEUR D’USINE, MAIS J’ÉTAIS PAS MAL IRRITÉ.

Encore 2500 travailleurs perdent leur emploi aujourd’hui. Êtes-vous toujours « irrité » d’avoir payé en BS corporatif, monsieur Harper?

Des dettes « auto » radiées et autres BS corporatifs

Ce n’est pas fini. Exportation et développement Canada indique toujours un prêt en souffrance de plus d’un milliard de dollars à… General Motors! Est-ce que le gouvernement va radier la dette de ses livres?

À la fin octobre, les contribuables ont appris que le chef libéral Justin Trudeau allait radier 2,6 milliards $ consentis à Chrysler. La valeur précise du prêt que ce BS corporatif ne va jamais rembourser est de 2 595 974 536 $.

Ça paie combien de bains à l’éponge dans nos CHSLD, un quart de 2,6 milliards $?

2500 : le chiffre magique de novembre 2018

N’oublions pas « l’investissement » de près de 400 millions $ du Canada dans Bombardier, juste pour le C-Series. Surtout, n’oublions pas le milliard des contribuables du Québec qui s’envole en fumée. En fait, c’est 1,3 milliard $ parce qu’on avait aussi donné avant.

Cet été, Bombardier a cédé le projet C-Series à Airbus dans ce qui a été qualifié par Michel Girard du « pire deal de notre histoire ». Nous, c’est les Québécois. Le deal, c’est de payer du BS corporatif pour céder le contrôle de la compagnie à des étrangers.

Mais le supplice n’est pas fini cet été, car les jobs à Bombardier continuent de s’envoler. Il y a deux semaines, on apprenait que Bombardier sabrait 2500 emplois au Québec. La nouvelle est tombée le 11 novembre. J’espère qu’on va s’en souvenir.

Tannés de payer?

S’opposer au BS corporatif n’est pas une affaire « de gauche » ni « de droite ». Un sondage Ipsos en 2008 indiquait qu’une majorité des Canadiens était contre le sauvetage de l’industrie automobile. En 2017, un sondage indiquait que les Québécois étaient en colère envers Bombardier et regrettaient l’investissement de $1,3 milliard $.

Lorsqu’on parle de majorités, on parle de large consensus. Je crois que Québécois et Canadiens de tous horizons politiques peuvent s’entendre sur une chose : éliminons les grasses subventions aux entreprises.

À un moment donné, il faut apprendre de nos erreurs. On donne de l’argent aux GM et Bombardier de ce monde car on pense qu’ils vont créer de l’emploi. On espère que le fisc va récupérer sur les salaires, mais c’est un mirage.

Non seulement ces multinationales ne remboursent pas… ils déménagent carrément à des juridictions plus compétitives. Ils cherchent d’autres bonbons ailleurs.

Une compagnie mal gérée ne mérite pas notre argent. Une compagnie bien gérée n’a pas besoin de notre argent.

Alors, comment empêcher ces compagnies de prendre notre argent tout en délocalisant les emplois? Réponse facile : il nous faut un gouvernement qui cesse définitivement de donner notre argent – souvent empruntée – à des ingrats.

Le seul parti politique qui propose la fin du BS corporatif, c’est le Parti populaire du Canada de Maxime Bernier. Sur ce point, les sociaux-démocrates en quête de justice sociale et les conservateurs fiscaux qui réclament l’équité se rejoignent.

Gauche et droite peuvent transcender les lignes politiques et finalement s’entendre au Parti populaire du Canada.

Post-scriptum 1 : Maxime Bernier a publié sur Twitter aujourd’hui au sujet des milliards inutiles donnés à General Motors et Bombardier.

Post-scriptum 2 : Vous pouvez lire mon dernier article traitant d’une politique de Maxime Bernier ici.

Homme d’affaires à Montréal, Raymond Ayas est directeur d’agence à Stratégique Solutions Immobilières Inc. Il a étudié la biochimie à l’Université McGill et a obtenu son B.Sc. Sciences en 2000. Engagé dans sa communauté notamment à sa commission scolaire et sa Caisse Desjardins ainsi que dans l’industrie immobilière notamment à l’OACIQ, Raymond s’intéresse à la politique, la culture et l’économie.

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