Registre des armes à feu : L’alternative prévue ne sera pas acceptable

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Les libéraux fédéraux envisagent de mettre fin à la possession « légale » d’armes de poing après avoir passé le C-71. Plus de 2,2 millions de propriétaires qui possèdent plus d’un million d’armes de poing sont visés directement pour un problème qui ne les concerne pas.

Sur la table, il y a aussi le BAN des carabines semi-automatiques. Un autre fantasme qui toucherait l’ensemble des propriétaires d’armes à feu canadiens pour un problème quasi inexistant au pays.

Le Registre des armes à feu sera appliqué fin janvier 2019

Pendant ce temps dans la province de Québec, le gouvernement de la CAQ s’apprête à appliquer le Registre des armes de feu le 29 janvier prochain. Ils le feront en menaçant de pénaliser et de criminaliser les propriétaires résidant au Québec advenant le refus d’immatriculer leurs armes de chasse.

Au Québec, les ventes d’armes de chasse sont en baisse depuis 1 an. Ceux qui achètent le font à l’extérieur de la province et aussi dans le marché de l’usagé non commercial pour éviter l’inscription au SIAF. Plusieurs chasseurs vieillissants décident d’abandonner leur passion et de se débarrasser de leurs armes. Plusieurs autres chasseurs ont déjà commencé à changer leurs habitudes, soit en réduisant leurs activités et/ou en se déplaçant du côté de l’Ontario ou du Nouveau-Brunswick.

Registre des armes à feu

Les propriétaires se doutent bien qu’ils seront la cible du CFO, de la SQ, des gardes-chasse et du gouvernement du Québec. Les serviteurs de l’État seront éventuellement présents aux accueils des ZEC, des Sépaq et dans les clubs de tir. C’est une façon plus simple, plus rentable et moins dangereuse pour les agents que de les envoyer se cacher derrière les arbres dans le fond des bois.

En réalité, les gardes-chasse devraient s’occuper de protéger la faune contre les braconniers, et les policiers devraient consacrer leur temps précieux à surveiller et arrêter les criminels.

Être au service du désarmement et de la taxation n’a rien d’honorable dans un pays dit de droits et libertés.

Il est clair que l’industrie de la chasse et du tir sportif en prendra pour son rhume dans les prochains mois. Advenant un BAN des armes de poing et des semi-automatiques par le gouvernement fédéral, le rhume se changera en pneumonie jusqu’à ce que mort s’ensuive.

L’obligation d’immatriculer les armes de chasse seulement au Québec est tellement irréaliste qu’elle sera éventuellement abrogée dans les prochaines années.

L’application, même partielle, du SIAF aura des effets extrêmement néfastes sur les plans politiques, économiques et sociaux.

Son application apportera une confrontation assurée entre des honnêtes citoyens qui n’ont jamais violé la loi, le gouvernement, les policiers et les gardes-chasse.

Oui, je parle bien d’« honnêtes citoyens qui n’ont jamais violé la loi ». Parce qu’on parle de gens ordinaires, qui sont passés par un processus de sélection si rigoureux que ceux qui peuvent acheter légalement une arme à feu sont 3 fois moins à risque que le citoyen moyen de commettre un homicide au cours de leur vie.

Mais les propriétaires d’arme à feu n’étaient pas les seuls opposants au projet de Loi 64 (communément appelé « le registre » et maintenant le « SIAF »).

Tous les sondages, sauf évidemment celui commandé par le lobby anti-armes à feu peu de temps après avoir menti à TLMEP en prétendant que le PPA n’était pas nécessaire pour acheter une arme à feu, montraient que l’opinion publique québécoise était en défaveur de cette mesure.

Cette loi projette l’image d’un État confiscateur de la propriété privée. Elle crée un amalgame douteux entre les propriétaires légaux et les criminels. Elle nuit injustement à l’ensemble de l’industrie reliée à chasse au Québec.

Cette loi entachera l’image du Québec à travers le Canada. Elle démontre l’image d’une province trouble-fête éternellement, à la marge du reste du pays et qui démontre une volonté indéniable de diviser la population canadienne sur les sujets émotifs.

Il y a plus de 500 000 propriétaires « légaux » d’armes à feu au Québec (citoyens qui détiennent un PPA). La majorité n’a aucune idée que le registre au Québec existe, que le registre canadien n’existe plus ou qu’il a déjà existé. Sans compter des milliers de chasseurs qui n’ont pas de PPA (Permis de Possession et Acquisition) parce qu’ils ne sont pas au courant que c’est obligatoire et que, sans ce permis, ils sont passibles de charge criminelle de 2 à 5 ans pour possession illégale d’arme à feu.

L’application de cette loi sera vue comme un acte de répression contre des citoyens honnêtes et respectueux. Elle pointera injustement les propriétaires comme des dangers potentiels pour la sécurité publique.

Que fera François Legault et sa troupe?

La CAQ a 3 choix: 

1— L’abolir : le hic est qu’ils donneraient raison au peuple et démontreraient que l’État peut reculer quand le peuple refuse de se soumettre. Ayayaye… De y’oùsse qu’on s’en va si le gouvarnament se met à écouter le p’tit peuple!

2— L’amnistie : continuer à enregistrer les nouvelles ventes, donner des avis de 45 jours quand une personne se fait prendre en possession d’une arme de chasse (genre à la chasse, au club de tir, demander l’enregistrement de l’arme lors de la demande de permis, de la réservation d’un territoire, etc.)

3— L’appliquer tel quel (ce qui est impensable, comme mentionné plus tôt. Trop de monde ne sait pas que le registre existe, croit que le registre canadien est encore en fonction, qu’il n’y a jamais eu de registre au fédéral et même que le PPA est obligatoire pour avoir une carabine).

Donc la meilleure option, si nous avions des politiciens logiques, de bon sens, qui écoutent la population et si nous vivions vraiment dans une société démocratique de droits et libertés, serait l’option #1.

Le gouvernement de François Legault pourrait rapatrier les ressources du SIAF :

1— Vers les organismes spécialisés sur la santé mentale;

2— Vers le CFO du Québec pour faciliter la vérification des demandes et renouvellement de PPA, et faire des suivis entre la période de 5 ans;

3— Pour faciliter l’entraide entre les propriétaires d’armes à feu.

Modifier la loi pour n’enlever que les 2 semaines hors du lieu d’entreposage principal, la longueur du canon et donner des avertissements de 45 jours pour enregistrer ou se départir de l’arme ne sera pas acceptable. C’est exactement l’option que le Parti libéral avait prévue pour rendre la loi plus tolérable et essayer d’acheter la paix.

L’enregistrement « simple et gratuit » ne fait qu’ajouter l’insulte à l’injure à l’intelligence des contribuables. Cela ne réduit en rien le sentiment de mépris, d’injustice et de trahison ressenti par les propriétaires.

Avec un registre incomplet et inutilisable de moins de 300 000 armes sur un objectif de 1,7 million, le gouvernement va se retrouver avec une loi qui n’atteint pas ses objectifs et qui deviendra un échec financier à court terme.

La CAQ a une occasion en or de démontrer son réalisme et son bon sens

Rater cette chance exposera la CAQ à une érosion significative de ses appuis. La confiance politique qu’une majorité de Québécois viennent de lui témoigner en élisant 74 députés pourrait fondre à la prochaine élection.

Les propriétaires d’armes à feu résidant sur le territoire du Québec sont d’abord et avant tout des propriétaires canadiens, des gens qui exigent d’être traités et respectés comme tous les autres Canadiens d’un océan à l’autre.

Registre des armes à feu

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