La langue de bois et la pensée formatée

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Je ne sais pas ce qui se passe avec notre belle société devenant de plus en plus contraignante. Il nous est maintenant interdit de mentionner la couleur d’une personne, même à titre informatif. Interdiction de blaguer sur certains défauts physiques, psychologiques, de l’habillement, de leur travers et j’en passe. Finie la blague « Une fois c’était un bègue… »

Par : Claude Aubin 

La langue de bois

Lors des descriptions policières retransmises par la télé continue, nous en sommes à : « L’individu fut atteint au haut du corps ou au bas du corps. » Comme si en disant la tête, l’épaule, le thorax, le ventre et les jambes nous allions dévoiler un secret à l’équipe adverse, attendant d’entendre les résultats de l’attaque. Ou le : « Trois individus ont tiré un autre individu à Montréal-Nord. » Où donc est l’information?

La pensée formatée

Ceci est reproduit régulièrement dans les médias écrits. Ne pas blesser, ne pas ostraciser, ne pas racer, ne pas… Nous sommes loin de : « Trois hommes de race noire ont abattu untel, membre de gang connu. Le suspect fut atteint au thorax. » Ou : « Deux hommes blancs ont attaqué un dépanneur blessant la caissière en la frappant au visage. » Ça c’est informatif, ça dit exactement ce que c’est et si d’aventure quelqu’un passait par là, il aura peut-être le réflexe d’en parler à la police.

La langue de bois et la pensée formatée

Appropriation culturelle

Nous avons maintenant cette nouvelle mode :  »l’appropriation culturelle ». Faut le faire! Notre nouvelle pensée formatée nous rend de plus en plus intolérants face aux choses considérées habituellement comme insignifiantes. Cette semaine la grosse nouvelle : « Les tresses Rasta ne peuvent être portées par un humoriste blanc, c’est de l’appropriation culturelle. » Peut-on aller plus loin dans la stupidité? Si un blanc ne peut plus porter des tresses Rasta, pourquoi les noirs, les Indiens et nous-mêmes, porterions des jeans servant au tout début aux cowboys seulement?

Récupération politique

Si je me laisse pousser les cheveux et la barbe, que vont dire les Sikhs? Les Indiens devront-ils délaisser les maisons de blancs et retourner dans les tentes de peaux? J’ai bien écris Indiens… Pas Amérindiens, peuple autochtone ou Premières Nations. Ceci n’est pas un manque de respect ni du racisme, c’est un mot. Ce qui est arrivé avec Slav et Kanata n’est rien d’autre que de la récupération politiquement payante pour quelques groupuscules subventionnés, profitant d’un courant victorien rétrograde de censure, se voulant civilisé même puritain.

Avec ma prof

Déjà à l’UQÀM dans les années 80, j’avais fait une petite expérience avec ma prof. qui nous répétait ad nauseam qu’il ne fallait pas dire les mots noir, nègre, Indiens, ou même bannir le mot race tout court, car cela pouvait choquer. Il fallait alors parler d’eux comme Haïtiens, Sénégalais, Montagnais, etc. Faut-il connaître la provenance de la personne à l’avance? Alors je l’ai invitée à sortir de la classe pour un test. Nous allons sortir et je vais te dire qu’il y a une fort jolie Haïtienne dans la classe. Je vais te demander où tes yeux vont se poser. Si tu regardes une noire, ce sera raciste, car il y a aussi des blancs sur l’île. Ma prof m’en gardera une petite rancune. C’est comme dire à un Haïtien en voyant deux femmes devant nous : « Tu as vu la belle Québécoise de l’autre côté de la rue… » Il va peut-être te répondre : « Moi je préfère la belle noire juste derrière. » Oui, c’est normal et informatif, il n’y a rien de péjoratif à cela. Car sur la rue c’est exactement la façon de procéder.

Acte de courage

Ce qui me fait peur avec toutes ces restrictions qui s’annoncent, c’est que s’exprimer deviendra de plus en plus un acte de courage. Mais aussi une possible et même probable mise à l’écart du reste de cette société devenue bien-pensante, terne, policée et docile. Une société à la Georges Orwell ou tout sera d’une perfection organisée et incroyablement monotone.

Site internet de Claude Aubin : www.claudeaubin.com

La langue de bois et la pensée formatée

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