Je suis une « angry white male » contre le registre des armes d’épaule

perreault-pieces

OPINION | Francine Pelletier, chroniqueuse au Devoir et à RDI, nous a désigné(e)s, nous, opposant(e)s au registre des armes d’épaule, comme étant des « machos » et des « angry white males ».

Par : Jessie Mc Nicoll 

Madame Pelletier semble s’être abreuvée aux demi-vérités du lobby anti-armes à feu. Elle nous explique, du haut de sa bien-pensance, que nous sommes ignorants et méprisables. Elle cite des chiffres spectaculaires pour soi-disant prouver qu’elle a incontestablement raison…

Les policiers demandent un registre des armes à feu. Enfin…

Le point majeur de désinformation au sujet du registre des armes à feu, c’est sa supposée efficacité. Les partisans du registre ont martelé qu’il s’agissait d’une demande des policiers. Un outil essentiel à leur sécurité, plaidaient-ils.

Or, dans le désintérêt médiatique le plus total, des ex-policiers ont co-signé une lettre ouverte des ex-policiers CONTRE le registre des armes à feu. Ils ont expliqué au passage les raisons du silence de leurs confrères encore actifs. Parmi les signataires, on retrouve notamment le sénateur Jean-Guy Dagenais et Dominique Corneau. Ce dernier avait déposé un mémoire contre le registre à l’Assemblée nationale que les élus ont REFUSÉ d’entendre en Commission parlementaire

Moins de morts grâce au registre des armes d’épaule fédéral?

Cette croyance, propagée par le lobby anti-armes, repose sur une seule étude. Cette dernière a mesuré une baisse de 300 décès par armes à feu après l’implantation du C-68, la loi actuelle sur les armes à feu. Dans cette étude, l’auteure spécifie qu’il est impossible d’étendre ses conclusions au registre. En effet, celui-ci n’était pas en application pendant la période couverte par son étude.

Or, tout les anti-armes ont fait abstraction de ce détail. Et pendant qu’au Canada on avait 300 morts de moins par arme à feu, les États-Unis en avaient 3000 de moins annuellement. Et ce, pour une population dix fois plus nombreuse que la nôtre. Alors faisons une simple règle de trois et tout devient limpide. Dois-je en conclure que la Loi canadienne sur les armes à feu a fait baisser le nombre de décès chez les Américains? Évidemment, un commune a causé une variation nord-américaine. Et la Loi sur les armes à feu n’est pas en cause. Qui plus est, cette diminution a commencé avant la mise en place de la Loi.

Registre des armes d'épaule

Ce qu’on ne vous dit pas au sujet des crimes « impliquant » une arme à feu

Référons-nous maintenant au document de 2016 produit par Statistiques Canada. On voit que moins de 3% des crimes violents au Canada « impliquent » une arme à feu. Au total, on dénombrait « 7100 victimes de crimes violents « impliquant la présence » d’une arme à feu. »

Si on poursuit la lecture, on apprend que les données ont été recueillies « dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité. » Or, selon ledit programme, on calcule « l’arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire ».

En termes clairs, l’arme est présente, mais le malfrat ne l’utilise pas nécessairement pour commettre son crime. Ne me croyez pas sur parole, j’inclus le lien afin que vous puissiez vérifier sans trop d’effort. Par exemple, si un malfrat défonce la maison d’un chasseur pour lui foutre une raclée, l’arme de la victime sera comptabilisée comme étant « l’arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire ». Et son agression sera comptabilisée comme crime violent « impliquant » une arme à feu.

C’est quoi le rapport?

Le rapport est que les chiffres recueillis par Statistiques Canada utilisent une méthodologie qui a pour effet de gonfler les statistiques de façon à laisser croire que la violence par arme à feu est plus courante que la réalité. Or, malgré ce gonflement, une infime fraction des crimes violents au Canada impliquent réellement une arme à feu.

Peu importent les chiffres, tous les arguments présument à tort de l’efficacité du registre des armes d’épaule

Or il n’y a pas de preuve que ça puisse sauver une vie, ou une blessure par balle. Tout comme il n’y a pas de preuve du contraire. C’est à dire que l’excès de confiance occasionné par le registre pourrait tout autant être à l’origine de décès. On n’en sait rien.

Pourquoi alors mettre tant d’emphase sur l’importance du registre?

De plus en plus de militants pro-registre l’admettent, le registre des armes d’épaule a valeur de symbole. Un symbole à l’effet qu’enquiquiner un honnête propriétaire d’armes à feu, c’est bien peu comparativement à ce que les victimes et les proches des victimes de tueries ont vécu. Mais ça augmente la fracture entre Montréal et les régions.

Nous consulter au lieu de nous insulter

C’est peu comparativement à ce que les victimes ont vécu. C’est vrai. Mais si on acceptait de nous consulter sur les moyens à mettre en place, nous pourrions ensemble mettre en place des mesures. Des mesures axées sur ce qu’on observe sur le terrain. Sur les risques qu’on constate, sur les moyens qui pourraient être mis en place… Mais qui n’occasionneraient pas de lucratif contrat pour des firmes informatiques…

Il est possible d’offrir un symbole beaucoup plus fort aux victimes et à leur famille. En impliquant les honnêtes propriétaires d’armes à feu comme les meilleurs alliés de la prévention des drames où les armes à feu sont réellement impliquées. Et des idées, on en a, croyez-moi. Au lieu de dilapider l’argent dans un symbole, on participerait volontiers à un projet-pilote où on suivrait par exemple une formation de type sentinelle, en prévention du suicide.

L’argent du registre des armes d’épaule dilue les ressources

On pourrait aussi utiliser les cinq millions prévus pour le roulement annuel du registre, et l’allouer aux fonctionnaires qui doivent faire les vérifications des permis de possession et d’acquisition d’armes à feu. À cent mille renouvellements par année, ça laisserait 50 $ de plus en salaire pour faire les vérifications diligentes. Plusieurs personnes nous rapportent que les fonctionnaires n’ont jamais appelé leurs répondants. Nous pressentons que les répondants de Bissonnette ne l’ont probablement pas été… Et que si ça avait été le cas, on aurait pu ainsi sauver plusieurs vies…

Parce que madame Pelletier clame haut et fort que la maladie mentale n’a rien à y voir. Mais la réalité est que dans toutes les sociétés, bon an mal an, 1 % des personnes qui se suicident en entraînent d’autres dans la mort. On considère que 90 % des personnes qui se suicident sont en dépression. Or, jusqu’à preuve du contraire, la dépression est une maladie mentale. Et l’immense majorité des tueurs de masse ont un profil suicidaire et non homicidaire.

Souvenons-nous de quelques faits

– Denis Lortie, auteur de la tuerie de l’Assemblée nationale, bien qu’il ait été reconnu criminellement responsable, tenait un discours franchement décousu. Il se disait investi d’une mission de protéger le Canada des séparatistes et recevait comme un message personnel la chronique d’André Arthur;

– Marc Lépine, auteur de la tuerie de la Polytechnique, s’est suicidé avant même que les policiers n’entrent dans l’école;

– Valery Fabrikant, auteur de la tuerie de Concordia, bien qu’il ait été reconnu criminellement responsable, était utilisé par mes professeurs (bac en psychologie) pour illustrer ce que peut être la paranoïa;

– Kimveer Gill avait tenté d’obtenir des soins psychologiques (sans succès) peu de temps avant de commettre la tuerie de Dawson et son méfait s’est terminé par un suicide;

– Alexandre Bissonnette, auteur de la tuerie de la mosquée de Québec, était traité pour des troubles anxieux majeurs depuis l’âge de 14 ans, et n’a pas été évalué au moment de son arrestation. Selon les informations qui ont filtré dans les médias, il serait toujours en isolement à cause de son risque suicidaire considéré comme élevé.

Alors je veux bien être discriminée au nom du féminisme. Être une « angry white male »? Pas de trouble. Affublez-moi de tous les noms, ça me va. De toute façon, j’ai des arguments pour faire valoir mon point. Mais je ne vous laisserai pas brimer ma liberté pour sa seule valeur de symbole.

Vous voulez améliorer la sécurité en lien avec les armes à feu? J’en suis!

Le registre des armes à feu?

C’est non, point final!

Registre des armes d'épaule

Chargement ...
DixQuatre
DixQuatre.com est un média en Abitibi-Témiscamingue couvrant l’actualité locale et régionale. Nous avons une équipe de collaborateurs et collaboratrices réputés qui offrent, chaque jour, une couverture des faits divers, des événements et des enjeux qui vous concernent.

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience d'utilisation. Nous vous invitons à en lire davantage sur notre politique de confidentialité. Accepter En savoir plus