Bernier ne veut plus financer la santé

Le chef du Parti populaire du Canada veut réformer les soins de santé. Il estime qu’Ottawa taxe trop les Canadiens. Pire, selon lui le fédéral garde cet argent en otage pour forcer les provinces à se conformer à ses exigences.

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Son parti va abolir la loi imposant des services médicaux uniformes partout au Canada une fois porté au pouvoir. De toute façon, ladite loi n’aurait plus de dents suite à l’abolition des paiements péréquation pour soins de santé.

Bien que les lois provinciales régissent la quasi-totalité des services de santé au pays, la Loi canadienne sur la santé définit les conditions que les provinces doivent respecter pour pouvoir bénéficier de la totalité de la contribution financière fédérale.

Pourtant, la Constitution canadienne définit les soins de santé comme une compétence provinciale.

En conséquence, Maxime Bernier promet de supprimer les impôts sur le revenu collectés pour les services de santé et de renégocier la péréquation. Les provinces auraient sûrement besoin d’augmenter les impôts pour récupérer les sommes obtenues au moyen de paiements de transfert.

Avortement, santé et péréquation

Maxime Bernier a fait ces déclarations en réponse à des questions sur l’avortement lors d’un entretien avec Studio TheoVox.

Jean-François Denis a demandé si le gouvernement fédéral devrait financer les avortements. Maxime Bernier a répondu qu’Ottawa ne devrait financer aucun service de santé.

D’ailleurs, le chef du parti a refusé de donner son opinion personnelle sur l’éthique de l’avortement. En tant que dirigeant, cela « donnerait une certaine direction au parti ».

Cependant, lorsqu’on lui a demandé si l’avortement serait un service de santé, il a répondu qu’il en doute (39 min 30 secondes dans la vidéo ci-dessus).

Denis voulait également savoir si le gouvernement devrait financer les chirurgies de changement de sexe. Il a demandé si de telles opérations étaient vraiment des services de santé. Bernier a répondu : « Faut pas exagérer dans les définitions des soins de santé. »

Bernier maintient que certains services de base devraient être disponibles par défaut à travers le pays. Cependant, les provinces devraient être libres de définir tout service supplémentaire, et de taxer en conséquence.

Pas de whip sur les sujets en dehors de la plateforme

Ces réponses pourraient attirer l’attention des adeptes du conservatisme social. Ces derniers ont souvent l’impression de ne pas avoir droit au chapitre en politique canadienne.

Bien qu’il soit profondément redevable à la base social-conservatrice de son parti et aux groupes de pression pro-vie, le conservateur Andrew Scheer a fermé la porte au débat sur l’avortement. Quant au NPD, il a choisi de punir un député pro-choix en 2018 pour avoir exprimé son désaccord avec le discours imposé sur l’avortement. Les candidats anti-avortement ne peuvent même pas briguer le Parti libéral et les anti-avortements y sont expulsés.

Maxime Bernier a souligné que tous les élus du Parti populaire du Canada conservent le droit de proposer des projets de loi émanant des députés. Il n’y a pas de sujets tabous, contrairement aux autres partis du paysage politique fédéral.

La liberté de conscience et d’expression politique exclusive au PPC pourrait expliquer comment un candidat pro-vie tel que Laura-Lynn Tyler Thompson puisse coexister avec les libertariens et les libéraux classiques du parti.

Tyler Thompson voudrait bien parler de l’avortement.

Maxime Bernier a précisé que l’avortement ne fait pas l’objet de politiques du Parti Populaire. Il autorisera toutefois les votes sur le sujet.

Les députés sous sa bannière pourront soumettre tout projet de loi au Parlement, à condition de ne pas entrer en conflit avec les politiques du parti.

Par conséquent, les députés ne pourront pas tenter de restreindre le libre-échange, mais pourront proposer d’encadrer l’avortement.

Liberté et services plus près des citoyens

Un gouvernement allégé respectant les responsabilités définies par la Constitution ne pourrait pas exercer des fonctions qui seraient mieux gérées par les autorités inférieures.

En d’autres mots, que le fédéral respecte les champs de compétences du provincial.

C’est la subsidiarité canadienne en action. Bernier voit le gouvernement tel qu’il avait été imaginé à l’origine. Selon lui, la Constitution canadienne est un bon document.

Son gouvernement serait trop petit pour dicter aux gens quelles procédures médicales ils auraient droit. Cela permettra aux autorités provinciales de déterminer les services pour lesquels elles vont taxer leurs citoyens.

C’est peut-être ce que le médecin a prescrit. Selon l’Association médicale canadienne, les Canadiens sont frustrés du système de santé depuis des années.

Plus de liberté et des services près des gens est un grand changement pour le Canada, mais les membres de Maxime Bernier sont nombreux à le demander.

Les 35 000 adhérents au Parti populaire du Canada au cours des cinq derniers mois en ont assez des gouvernements successifs libéraux et conservateurs. Les deux régimes ont centralisé le pouvoir à Ottawa.

Ils s’attendent à ce que leur parti naissant apporte de l’équilibre après des décennies de gouvernements qui grossissent et s’accaparent des pouvoirs. Ils veulent faire la politique autrement.

Maxime Bernier reste donc fidèle à la base militante de son mouvement politique en proposant des changements radicaux dans les soins de santé.

Il prend également le risque audacieux. Il reste à voir si le reste de la population canadienne va le suivre.

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