Un gouvernement interventionniste n’a pas sauvé Aurore

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Le Québec est sous le choc. Une fillette de 7 ans est décédée des suites possibles de la maltraitance dont elle aurait été victime de la part de son père et de sa belle-mère.

Par : Stéphane Gagné 

Le Québec l’a surnommée « la petite Aurore » de Granby

La présomption d’innocence nous interdit de proclamer l’homme et la femme impliqués dans ce dossier coupables avant qu’un tel verdict soit émis par un tribunal et le juge responsable de l’affaire a émis une interdiction de divulguer les noms de la victime ainsi que des « suspects ». Résultat? Le Québec l’a surnommée « la petite Aurore » de Granby, faisant ainsi référence à une affaire similaire qui avait frappé le Québec en 1920 : le décès de la petite Aurore Gagnon des suites de maltraitances d’une violence quelque peu similaire. Ce drame avait eu lieu dans le village de Sainte-Philomène-de-Fortier, quoique depuis le 3 juin 1998, seulement le nom Fortierville soit utilisé.

Un sentiment de déjà-vu

Malgré le fait que près de 100 ans séparent les deux cas, et outre le fait que les deux fillettes aient subi les pires sévices, il semble que, pour une comme pour l’autre, plusieurs personnes avaient noté que les petites montraient des évidences de détresse, mais, à divers niveaux, on a évité d’agir et d’intervenir.

Sainte-Philomène-de-Fortier

On pourrait comprendre que dans le cas de Sainte-Philomène-de-Fortier, on se trouvait en face d’une petite population où tout se sait, mais se dit en murmure, de bouche à oreille, sans que personne ne veuille véritablement s’en mêler et s’attirer des problèmes puisque — faut-il le répéter — dans les petits villages, tout se sait. Aussi, le père de la première Aurore était un fermier prospère dans sa région, ce qui attirait souvent le respect des citoyens. De plus, à l’époque les forces policières étaient loin géographiquement et les comptes se réglaient souvent de manière directe et loin de leurs regards.

Un gouvernement interventionniste n’a pas sauvé Aurore.

Les policiers avaient déjà été avisés du problème

Pourtant, dans le cas de la ville de Granby, le contexte est différent. Les gens sont plus nombreux et le poste de police de la ville se trouve à environ 4 à 5 minutes du lieu du drame. On nous dit même que les policiers avaient déjà été avisés du problème bien avant que le pire ne se produise. Que devons-nous donc en penser? Les policiers savaient, la DPJ savait, le directeur de la DPJ a pris l’opportunité qui lui a été offerte de « démissionner » avec solde (?) et maintenant tout le monde parle de fournir encore plus de ressources à ce genre de problème. Il est évident que ça ne peut pas nuire, mais cela règlera-t-il la chose?

Le gouvernement interventionniste

À l’époque de la première Aurore, notre gouvernement n’était pas très interventionniste. J’ai tendance à croire que c’était une bonne chose jusqu’à un certain point. Les lois existaient, les écoles existaient (les villages engageaient une institutrice), les orphelinats autonomes existaient, etc. Puis est arrivé Maurice Duplessis. Nous avons tous entendu parler des « Orphelins de Duplessis ». On considère que c’est le cas le plus important de maltraitance d’enfants dans l’Histoire du Canada. Pas les orphelinats autonomes, non; les orphelinats du gouvernement Duplessis!

Les choses ont changé

Comme je le mentionnais, les citoyens de Fortierville à l’époque n’avait pas nécessairement accès à un téléphone pour contacter les forces policières. Aujourd’hui, les choses ont changé de ce côté-là et nos taxes et impôts paient plusieurs policiers se promenant dans des voitures immaculées, lavées constamment et équipées d’ordinateurs leur donnant accès à vos informations, sans mentionner l’air conditionné. Cela n’a pas aidé la deuxième Aurore plus que la première.

Un gouvernement interventionniste n’a pas sauvé Aurore.

L’État nous a retiré nos responsabilités

Nos écoles sont désormais sous la responsabilité du gouvernement. Pourtant, dans les semaines précédant le drame, le père avait retiré sa petite Aurore de son école de Granby – on parle ici de parents ayant tous deux passé en cour pour maltraitance auparavant – mais personne du milieu scolaire n’a sonné l’alarme sur ça. Comprenez-vous ce que je veux dire ici? L’État nous a retiré la responsabilité de nos orphelins. Elle nous a retiré la responsabilité d’éduquer nos enfants. Elle nous a même retiré les garderies pour ensuite y établir ses propres règles.

L’éducation a même son propre ministère

Elle y impose son autorité. Elle réglemente ce qui peut désormais être affiché et dit dans VOS garderies (vous les payez). Par exemple : plus le droit de parler du « p’tit Jésus » de la crèche à Noel, et ce, peu importe ce qu’en pensent les parents-payeurs. L’État impose désormais son autorité. Elle a équipé SES écoles d’un généreux et très dispendieux organigramme, incluant de nombreuses Commissions scolaires. L’éducation a même son propre ministère. Toutes des choses qui nous coûtent de plus en plus cher, mais sur laquelle nous avons de moins en moins de choix et surtout de contrôle.

Cette fameuse DPJ

Le gouvernement décide dorénavant ce qu’il conviendra d’être enseigné, d’être exprimé, et même ce qu’il conviendra de penser, et vous n’avez plus rien à dire car son autorité devient automatiquement supérieure à la vôtre. Et cette fameuse DPJ? Elle est une autre de ces domaines gouvernementaux! Avez-vous vu l’organigramme qu’a publié le Journal de Montréal le vendredi 3 mai? Le but était de découvrir qui exactement pouvait être tenu responsable des actuels manquements de notre chère DPJ. Il est vite apparu évident que dans tout cet interminable dédale bureaucratique, il devenait pratiquement impossible de retrouver quelqu’un qui puisse être imputable de ce qui apparaît comme une négligence scandaleuse.

Bref, nous avons un gouvernement qui nous enlève nos responsabilités et notre autorité pour les prendre en charge tout en s’en déclarant désormais l’autorité. Sauf que lorsque ce gouvernement manque à ses responsabilités et/ou qu’il y échoue, il n’a de comptes à rendre à personne!

Gouvernement interventionniste

Donc je soumets la possibilité que lorsque des citoyens se fient à un gouvernement interventionniste pour s’occuper de tout à leur place, la situation ne s’en trouve pas automatiquement mieux qu’avant. Elle nous coûte simplement plus cher en bureaucratie et en administrateurs. Je soumets aussi que dans plusieurs cas ça donne des citoyens qui se détachent de leurs responsabilités, comme ceux de Sainte-Philomène-de-Fortier en 1920, et possiblement comme ceux de Granby les semaines dernières. Quoi qu’il en soit, dans un cas comme dans l’autre, l’interventionnisme grandissant du gouvernement depuis 1920 n’a pas sauvé la petite Aurore de Granby davantage que celle de Fortierville.

Les citoyens doivent cesser de voir l’interventionnisme du gouvernement comme un sport de spectateurs uniquement.

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