Pourquoi diable devrait-on s’excuser d’être homme, blanc, hétéro et cinquantenaire ?

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Cette question devient de plus en plus cruciale devant l’avalanche de commentaires déjantés et misandres émanant de ce qu’on appelle désormais le néo-féminisme, ou féminisme 3.0 ou encore féminisme troisième vague. L’une des grandes prêtresses de ce mouvement rétrograde, Martine Delvaux, s’est livrée à une attaque en règle contre ce qu’elle considère comme des boys clubs, qui seraient toujours aussi mondialement omniprésents et oppresseurs, comme si un demi-siècle de féminisme occidental n’avait pas remporté de nombreuses victoires.

Par : Olivier Kaestlé

Son raisonnement est simpliste : les hommes, naturellement malveillants et oppresseurs, sont plus nombreux que les femmes dans les sphères de pouvoir décisionnels, politiques et économiques, donc les femmes sont obligatoirement opprimées et désavantagées. Une inégalité mathématique entraîne invariablement, pense-t-elle, une injustice sociétale pour ne pas dire systémique, terme à la mode. C’est ce qu’on appelle un sophisme : des prémisses biaisées suivies d’une conclusion erronée.

Une thèse biodégradable

Il est facile de démontrer par l’absurde la vacuité de cette thèse biodégradable. Il y a plus de policiers que de policières, donc les hommes sont mieux protégés que les femmes. Il y a plus de pompiers que de « pompières », donc l’habitation en flamme d’un homme sera plus vite prise en charge que celle d’une femme. On retrouve une majorité d’hommes parmi les éboueurs, c’est pour ça que les domiciles masculins sont mieux desservis que ceux des femmes. On dénombre plus d’ingénieurs que d’ingénieures, raison pour laquelle les voitures, les avions, les ordinateurs, les téléphones et toute autre invention technologique fonctionne mieux pour les hommes que pour les femmes.

Un coup parti, s’il faut sombrer tout à fait dans le ridicule, à l’époque où l’on dénombrait davantage de gynécologues masculins que féminines, les grossesses masculines étaient-elles mieux prises en charge que les féminines ?

Si l’on parlait du girls club en santé et en services sociaux ?

Delvaux et ses alliées conspirationnistes se gardent bien d’évoquer le fait que les soins en santé et les services sociaux restent 11 fois plus financés pour les femmes que pour les hommes et que des campagnes pour soutenir la recherche pour lutter contre le cancer du sein sont régulièrement mises sur pied alors que rien n’est fait pour combattre celui de la prostate, qui emporte autant d’hommes.

Pour se persuader qu’il existe bel et bien un girls club en santé et en services sociaux, il suffit de consulter le bottin du conseil du statut de la femme sur le sujet. Voici sa présentation :

« Classé par région, ce répertoire dresse une liste de centaines de groupes, associations et organismes régionaux et nationaux dont la mission est de défendre et de promouvoir les droits des femmes dans divers domaines comme le travail, la famille, la santé, l’obstétrique, l’éducation, la violence et l’immigration notamment. »

Vous avez bien lu : « une liste de centaines de groupes, associations, et organismes régionaux et nationaux », tout ça pour les femmes ! Soulignons que c’est avec la bénédiction des nombreux boys clubs qui se sont succédés depuis l’instauration du conseil du statut de la femme, en 1973, que tous ces organismes ont pu voir le jour… Or, nous vivons à une époque où, plus que jamais, sont dénoncées l’insuffisance et l’inefficacité des ressources dévolues aux hommes en difficulté ou en crise. Pensez-vous que Delvaux se soucie de pareille réalité ?

Des précédents paritaires, quelle différence ?

Soulignons que deux gouvernements ont « combattu » les présumés boys clubs par la parité ministérielle : le gouvernement Charest et le gouvernement Trudeau. Alors qu’on ne cesse de nous dire que les femmes seraient de bien meilleures gestionnaires que les hommes, plus humaines, plus conciliantes, plus altruistes et, bien sûr, plus honnêtes, avez-vous vu une différence entre ces conseils de ministres paritaires et les autres, non paritaires ? Moi non plus.

À propos du « mecs club »…

Le pire, dans le délire conspirationniste de Delvaux et de ses semblables, c’est qu’elles démocratisent à tous les hommes blancs, hétéros et cinquantenaires, peu importe leur métier ou leur statut social, le même mépris qu’elles adressent à une toute petite minorité de décideurs. Il suffit de constater la réaction épidermique de Delvaux à l’annonce de la série « Les mecs », de Jacques Davidts, qui parlera d’hommes blancs, hétéros et dans la cinquantaine, pour s’en convaincre :

« Il y a quelque chose de risible, de pathétique dans une telle entreprise. On dirait un aveu : la fragilité du boys club est telle qu’il faut à tout prix colmater les brèches, boucher les trous, s’assurer de murs bien solides pour que ne puisse pas fuir la « masculinité ». Surtout ne pas perdre un ascendant sur le monde ! Surtout ne-rien-laisser-aller ! Pas une miette de pouvoir, pas un iota de contrôle, pas un dollar, pas une érection, pas un mot. Il faut tout garder pour soi, c’est-à-dire pour cette minorité de la population qui préserve, contient, partage la quasi-entièreté du capital économique, politique, culturel et sexuel. En toute impunité depuis la nuit des temps. »

Plus mêlée que ça, tu meurs ! En quoi moi-même, qui suis un simple agent de sécurité, devrais-je me sentir coupable par association avec une poignée de décideurs qui aurait pour mandat officieux de diriger le monde en opprimant les femmes ? Ridicule…

Le mot « féminisme » n’est plus crédible…

Ces sont ces idéologues déjantées et victimaires qui enlèvent le peu de crédibilité qu’il reste encore au mot « féminisme ». Entre Martine Delvaux et une vraie féministe comme Djemila Benhabib, par exemple, qui lutte contre le véritable boys club qu’est l’islam politique, il n’y a aucune commune mesure. Au fait, ce boys club, avez-vous vu Delvaux le dénoncer ?

Source de l’image : Radio-Canada

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