Éric Lapointe : Les enragés apprendront-ils de leurs erreurs ?

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Décidément, le mouvement #metoo, malgré ses motivations louables, est en train de virer en véritable cirque médiatique, en triste chasse à l’homme où n’importe quel quidam accusé d’agression sexuelle ou de violence conjugale se voit automatiquement condamné sans preuve par une populace enragée, aveugle, bête et méchante. Éric Lapointe est la dernière célébrité à subir pareil lynchage médiatique, au mépris de la plus élémentaire présomption d’innocence. Il est accusé, c’est donc un salaud, au point même que des stations de radio bienpensantes boycottent ses chansons.

Pas la première fois

La populace a la mémoire courte. En 2004, Éric Lapointe était faussement accusé de violence conjugale par une mythomane qui ne l’avait jamais vu ! Il se retrouvait exactement dans la même situation que présentement, victime d’une condamnation populaire hystérique. Attention, je ne suis pas en train d’insinuer que sa présente accusatrice ment. J’affirme cependant la nécessité de respecter la présomption d’innocence. Dans cette optique, je parle de plaignante, jamais de présumée victime. Une présumée victime implique un présumé coupable, expression incompatible avec le concept même de présomption d’innocence.

Les faits

J’ai déjà traité de façon détaillée l’affaire Éric Lapointe de 2004 dans cet article, dont je citerai certains passages révélateurs (en bleu) d’une terrible imposture qui aurait pu – déjà – ruiner la carrière du chanteur.

C’est le 28 octobre 2004 que l’existence d’Éric Lapointe bascula momentanément, alors qu’il se voyait arrêté à son domicile, comme n’importe quel quidam, conformément à la politique québécoise d’intervention en violence conjugale, qui autorise pareille procédure sur simple dénonciation. Il passe ainsi 15 heures en prison, sans que l’on vérifie son alibi, pourtant en béton, et son nom se retrouve sur toutes les tribunes du jour au lendemain, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le lancement de son nouvel album d’alors, ironiquement intitulé Coupable. Volte-face de la Sûreté du Québec, 24 heures plus tard : Lapointe est libéré, sans accusations, alors que tous les médias l’attendaient au palais de justice de Saint-Jérôme. Comment expliquer pareil revirement ?

Un redoutable sens de la mise en scène

La façon dont l’étau s’est resserré autour d’Éric Lapointe a de quoi glacer le sang. On s’étonne qu’il ait pu s’en tirer sans trop de dommage au Québec, trop souvent théâtre, au sens propre comme figuré, d’enquêtes bâclées et de procès gauchement présidés. Rappelons les cas des Michel Dumont, Simon Marshall ou Harold Bouchard. Le fait de devoir composer avec une célébrité a pu contribuer à plus de rigueur de la part de la SQ, mais rien n’indique qu’Annie Pineault, l’enquêteuse chargée du dossier, n’aurait pas fait son travail correctement malgré cela.

Une scène digne d’un film de Tarantino

Lorsque celle-ci arrive à l’appartement de l’accusatrice, à Lachute, dans les Laurentides, une scène digne d’un film de Tarantino l’attend. La policière détaillera plus tard au juge Chevalier : « Madame saigne, il y a beaucoup de sang sur son chandail. Elle est coupée au nez, au visage. Elle dit avoir été victime du chanteur Éric Lapointe. Il y a des signes de bagarre dans le logement. Il y a du verre cassé par terre, les tiroirs de cuisine sont vidés de leurs affaires. Une lampe est renversée, et il y a du sang sur l’abat-jour. (…) Lapointe aurait surgi pendant qu’elle chattait. Il l’aurait tirée par les cheveux, l’aurait accotée contre le mur et l’aurait frappée avec ses bagues, puis il l’aurait frappée avec une lampe et aurait même cherché un couteau, qu’il n’a pas trouvé car elle les met hors de portée de son jeune fils. »

N’importe quoi…

On apprendra plus tard que l’accusatrice a répété à tire-larigot pendant deux ans et demi que le rocker était le père de son enfant, qu’il la battait et la brûlait régulièrement, et qu’il était allé jusqu’à lui tirer dans la jambe, blessure pour laquelle elle aurait été traitée à l’hôpital Notre-Dame de Montréal. Elle affirme à l’enquêteuse avoir rencontré Lapointe lors d’un méchoui chez Guillaume Lemay-Thivierge, en 2002, à Prévost. Ils auraient fait l’amour dès leur rencontre et elle serait tombée enceinte à ce moment. N’importe quoi…

Annie Pineault poursuit l’énumération des sévices que l’accusatrice aurait subis : « Les lieux de ces agressions sont Longueuil et Lachute. Il lui aurait donné des coups de pied et de genou dans le ventre lorsqu’elle était enceinte, il lui aurait donné des coups de ceinture en métal chauffé sur un rond de poêle, lui aurait donné des claques au visage avec ses bagues, dont une en forme d’aigle, et aurait tiré des coups de feu deux fois. »

Deux messages en apparence incriminants

Pour tout arranger, la SQ découvre deux messages en apparence incriminants sur le répondeur de l’accusatrice. « Il y avait un message avec une voix rauque ressemblant à celle d’Éric Lapointe, ajoute l’enquêteuse, et un autre où il semblait chanter Un beau grand slow. »

Deux témoins, une femme habitant le même immeuble, et un homme, ami de l’accusatrice, affirment, l’une, avoir reçu des confidences bouleversantes, l’autre, avoir vu le chanteur sortir de l’immeuble où la « victime » résidait à Longueuil. Ce témoin va même jusqu’à affirmer que, lui ayant rendu visite peu après, il devait la trouver blessée. Quand c’est mal parti…

Un alibi en béton

Quand enfin Mme Pineault vérifie l’alibi de Lapointe, en date du 26 octobre, jour de la présumée agression, sa véracité ne fait aucun doute. Accompagné de sa copine, il achète des vêtements d’un montant total de 2100 $, au magasin Soho, boulevard St-Laurent, où trois vendeuses assurent l’avoir reconnu. Il conserve ses factures et retire de l’argent au guichet automatique d’une banque, située en face. Les relevés bancaires attestent ses dires. Il se rend seul au Tap Room, où le barman affirme l’avoir vu de 18h45 à 3h30.

Guillaume Lemay-Thivierge affirme de son côté n’avoir jamais rencontré l’accusatrice, ni organisé de méchoui où Lapointe aurait été invité. Pas de trace non plus d’un dossier de blessure par balle à l’hôpital Notre-dame au nom de la prétendue victime. La voix ressemblant à celle du chanteur sur le répondeur était en fait celle d’un ami qui chantait parfois pour elle. Des plaintes de violence infligée par Lapointe déposées deux ans auparavant avaient été jugées sans fondement à la police de Longueuil. Pour finir, le prétendu témoin affirmant avoir identifié le rocker s’est rétracté. L’accusatrice est échec et mat.

Elle sera arrêtée le 11 novembre chez son nouveau copain, celui-là même qui, suspectant quelque maltraitance après un bref entretien téléphonique subitement interrompu par sa flamme, avait alerté la police. Depuis l’abandon des charges contre Lapointe, la femme, déjà diagnostiquée bipolaire, avait tenté de se suicider et menacé son conjoint d’attenter également à sa réputation. Elle écopera le 20 décembre 2004 d’une sentence de quatre mois avec sursis pour méfait public et entrave au travail des policiers.

De quoi glacer le sang…

Avouez que ce récit a de quoi glacer le sang. Il démontre cependant à quel point il est condamnable de condamner sans preuves, sur la simple foi d’affirmations non prouvées. Croyez-vous que les fanatiques qui ont alors condamné Lapointe ont appris de leur erreur ? Permettez-moi d’en douter. Les féministes toxiques qui avaient cloué au pilori sans preuve Gian Ghomeshi et Gerry Sklavounos ont-elles reconnu leur erreur quand ils ont été clairement innocentés des mensonges de leurs accusatrices ? Jamais de la vie ! Voilà de tristes exemples que ces activistes ont donnés à une population de plus en plus fanatisée.  Le tribunal de l’hystérie collective s’est substitué à la justice institutionnelle.

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