Un enfant de cinq ans est-il apte à changer de sexe ?

On est en droit de se poser cette question étonnante devant un événement qui avait agité l’Écosse en janvier dernier sans qu’on en entende parler au Québec : un couple, composé d’une femme et d’un homme initialement femme mais devenu transgenre, avait obtenu l’autorisation de voir leur garçon de cinq ans devenir fille.

par

Olivier Kaestlé

Beau-fils

Le « beau-père », Greg Rogers, qui a transité du sexe féminin au sexe masculin à l’âge de 16 ans, avait affirmé que de voir son beau-fils devenir lui aussi transgenre était la dernière chose qu’il souhaitait. Il s’inquiétait de le voir affronter l’hostilité des réseaux sociaux.

Plus courant qu’on ne le pense ?

La mère, Jody Rogers, qui n’était pas mariée à Greg bien qu’elle ait le même patronyme, était sceptique quant au désir présumément avoué de son fils de devenir une fille :

« Je ne croyais pas qu’un enfant pouvait être transgenre et ça n’a pas été avant maintenant, après avoir parlé avec d’autres parents dans notre situation, que nous réalisons que cette situation est plus courante que les gens ne le pensent. »

Victimes de trolls

Le couple avait déclaré être victime de trolls qui le harcelaient depuis qu’il avait révélé que leur « fille », Jayden, avait décidé qu’elle voulait être une fille. Une question banale, comme ça : était-il nécessaire de publiciser une telle décision si ces gens ne voulaient pas en subir les foudres ?  Selon Greg :

« Nous avons eu à faire face à des gens qui affirment que nous nous servons de Jayden pour obtenir de l’attention et qu’elle veut devenir une fille seulement parce que j’ai changé de sexe. »

Attention médiatique soutenue

En tout cas, l’attention, ils l’ont eu, avec les médias écossais main stream suspendus à leurs lèvres à l’époque.  Greg avait ajouté :

« Ils disent que c’est cruel de la laisser porter une robe mais n’est-ce pas plus cruel encore de ne rien faire quand vous avez un enfant qui est si convaincu qu’il est une fille qu’il s’arrache les cheveux et se frappe la tête contre les murs ? »

Suivis par des travailleurs sociaux

Apparemment, les enseignants et les copains de Jayden avaient accepté la transition et des travailleurs sociaux suivaient la famille. Selon Jody :

« Des travailleurs sociaux peuvent s’assurer sans inquiétude que nous prenons bien soin de Jayden.  Tout ce que nous voulons, c’est que Jayden soit heureuse et fière d’elle, peu importe son identité. »

L’Écosse n’est pas si loin !

Si vous trouvez que l’Écosse est bien loin et que ce type de situation pour le moins perturbante ne risque pas d’arriver au Québec, détrompez-vous. Il existe à Montréal même un programme de la variance de genre (PVG) qui offre une composante adulte, mais aussi une autre pédiatrique. Leur page Web nous apprend que des services sont offerts à des enfants de moins de sept ans :

« Pour les patients de moins de 7 ans, nous proposons principalement un soutien psychosocial. Les enfants peuvent être placés sur notre liste d’attente, mais ils auront rarement besoin de services médicaux avant l’âge de 8 ans. »

Encore heureux…

À l’ombre des études de genres

N’étant pas moi-même psychiatre, ni intervenant social, je ne peux que m’interroger sur pareille réalité, à notre époque où l’imposture des études de genres occupe l’espace médiatique en prétendant qu’il est aussi facile de changer de genre que de choisir entre une jupe et un pantalon.

Pas le choix, apparemment

À l’évidence, l’expérience de Jayden, si elle est bel et bien vécue comme ses parents le prétendent, prouverait que les transgenres n’ont, pas plus que les cisgenres, le choix de leur identité sexuelle. Par ailleurs, des spécialistes de la santé mentale affirment que des enfants peuvent bel et bien se révéler déjà transgenres. L’insistance du désir d’appartenir au sexe opposé serait un symptôme déterminant :

 « Dans un tel cas, certains médecins conseillent aux parents de permettre « la transition sociale » de l’enfant, en le laissant s’habiller comme il l’entend, et adopter un nouveau prénom pour ses proches s’il le souhaite1. Ce type d’approche ne fait cependant pas l’unanimité et est critiquée2. »

On peut en effet comprendre…

80 à 95 % retournent à leur sexe biologique

« 80 à 95 % des enfants prépubères atteints de troubles de l’identité sexuelle connaîtront cependant une résolution à la fin de l’adolescence s’ils ne sont pas exposés à une affirmation sociale et à des interventions médicales3. Les taux de prévalence de la dysphorie de genre chez les enfants ont été estimés à moins de 1 %4. »

Moins de 1 %…

Et pourtant nous avons l’impression que le phénomène des transgenres est en pleine expansion, vu l’importance médiatique que le lobby intersectionnel a acquis ces dernières années.

Jouons-nous aux apprentis sorciers avec les transgenres, réels ou supposés ?  Il serait temps de se poser la question à la lumière d’un reportage de Radio-Canada à propos de ceux qui se qualifient eux-mêmes de « détransitionneurs » et qui avaient décidé de revenir à leur genre « d’origine » après une incursion en tant que transgenre :

Une réalité méconnue

« La journaliste Émilie Dubreuil a démontré cette réalité méconnue et a offert une voix à des jeunes qui ont décidé de « détransitionner ». Ils croyaient, en changeant de sexe, avoir une seconde chance dans la vie. Pourtant, ils ont réalisé que leur malaise persistait. Ils n’étaient pas plus heureux et même que parfois la détresse s’est accentuée. Certains d’entre eux ont réalisé qu’ils étaient en fait homosexuels, mais qu’ils n’avaient pas été capables de se l’avouer étant donné des gestes d’intimidation ou homophobes de leurs pairs. D’autres ont réalisé qu’ils étaient profondément mal avec eux-mêmes, mais qu’ils l’étaient tout autant dans le sexe opposé. »

La part des choses

L’organisme Enfants transgenres a contesté les conclusions du reportage en affirmant que la majorité des enfants qui passaient de leur sexe biologique au genre opposé en étaient heureux.

Pour le moment, on ignore à moyen et à long terme l’impact qu’aura sur nombre d’êtres humains la décision d’avoir opté pour le genre opposé à leur sexe d’origine. La plus grande prudence s’impose donc, étant donné l’écrasante majorité de jeunes souffrant de dysphorie de genre qui finissent par résoudre leur conflit à la fin de l’adolescence.

Pas évident

Il ne faut pas non plus perdre de vue qu’il existe bel et bien des transgenres qui le resteront toute leur vie.  Est-ce vraiment le cas de « la petite » Jayden ? Vraiment pas évident, tout ça…

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