La galanterie, associée à « une forme de violence et de possessivité » – Judith Lussier

Dans l’un de mes billets de mars 2018, j’évoquais la thèse néo féministe farfelue et risible voulant que la galanterie serait une forme de sexisme. 

Par

Olivier Kaestlé

Sexisme « bienveillant » et « ordinaire »

Dans la Gazette des femmes, Marie Lachance déclarait, en juin 2017 : « On a toutes et tous tendance à confondre courtoisie et galanterie. Si l’une aide au mieux vivre ensemble, l’autre siège à la table du sexisme ordinaire. » 

En décembre 2017, Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole d’Osez le féminisme renchérissait dans LCI : « La galanterie instille, préserve et développe l’idée que les femmes sont inférieures. Elle fait partie de ces incessantes cordes de rappel qui mettent l’homme dans une position de pouvoir, très valorisée, sous couvert d’être protecteur. »

Était expliqué, dans le même article, le concept si éclairant de sexisme « ambivalent », de Susan Fiske et Peter Glick, professeurs de psychologie : « […] il existe aussi, selon ces chercheurs, un « sexisme bienveillant », qui part d’une bonne intention, mais qui ramène quand-même la femme à un statut d’infériorité : exemple, la galanterie. »

Judith Lussier, précurseuse

Ne reculant devant aucune barrière, fut-ce celle du bon sens, la néo féministe Judith Lussier avait déjà pavé la route à ces constats étonnants dès 2015.  En réponse à une dame, évidemment peu « conscientisée », qui déplorait, dans une lettre ouverte, la disparition de la galanterie, elle déclarait :

« Pour ce qui est de la galanterie masculine, je comprends qu’elle puisse vous manquer. Cependant, qu’est-ce que cela signifie réellement lorsque, dans une société, les membres d’un groupe d’individus ouvrent les portes, protègent et rassurent les membres d’un autre groupe quant à leur apparence physique? N’est-ce pas une autre façon de dominer affirmant sa supériorité? Ça vous paraît peut-être antinomique, pourtant, de nombreux chercheurs ont associé la galanterie à une forme de violence ou de possessivité. »

Que dire de plus ?  Ces propos sont aussi ahurissants qu’ils en ont l’air…

Les femmes seraient si faciles à inférioriser ?

Bien sûr, Mme Lussier se garde bien de nous dire qui sont ces chercheurs si perspicaces qui trouvent le moyen de déceler d’aussi noirs desseins dans des gestes aussi anodins que de tenir une porte.  On peut se demander également quelle opinion elle a des femmes, des êtres faiblards qui, selon elle, pourraient se sentir si fortement infériorisées par un geste de courtoisie.  En plus d’être misandre, Judith Lussier serait-elle misogyne ?

Elle affirmait également : « Je connais plusieurs courants féministes, dont certains m’irritent plus que d’autres, mais aucun qui ne rabaisse les hommes. »

 Se relit-elle, parfois ?

Euh, Mme Lussier se relit-elle ? Est-elle au courant des positions de ses consœurs ?  Des courants féministes associent la galanterie, comportement socialisé typiquement masculin (pour ce qui en reste) au sexisme ordinaire, bienveillant, ambivalent et qui « instille, préserve et développe l’idée que les femmes sont inférieures » en plus de se voir « associé à une forme de violence et de possessivité », mais aucun de ces courants ne rabaisse les hommes ?  Je ne me rappelle pas avoir vu pareille incohérence dans un même texte.

 Les hommes ne draguent plus et on se demande pourquoi

Si la simple galanterie représente un tel danger pour les néo féministes, imaginez ce qu’elles doivent penser de la drague !  Devant une telle démonisation des comportements masculins aussi banals qu’appréciés par certaines, il ne faut pas se surprendre que la réserve des hommes québécois ait fait l’objet d’un essai.

Si nombre de femmes au Québec déplorent la passivité masculine quand vient le temps de draguer, les positions des Judith Lussier de ce monde sur la galanterie peuvent leur fournir des éléments d’explications. Or la galanterie n’est même pas encore de la drague, à proprement parler, bien qu’elle puisse en faire partie.

 Vague de dénonciations

La vague de dénonciations d’agressions sexuelles, dans les réseaux sociaux, fondées ou non, dans le cadre du mouvement #metoo, une autre initiative du féminisme 3.0, ne contribue pas à stimuler les ardeurs séductrices de ces messieurs, qu’il s’agisse de galanterie ou de drague, surtout quand on comprend à quel point il est facile d’interpréter le moindre geste ambigu comme une agression sexuelle, ainsi qu’en témoigne cette définition gouvernementale :

« Une agression sexuelle est un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou, dans certains cas, notamment dans celui des enfants, par une manipulation affective ou par du chantage. »

Faut-il se surprendre, avec une définition aussi vague, et vaste, de ce commentaire du Comité Femme de l’université Laval : « Un regard trop insistant, une blague insidieuse, un geste inapproprié, la persistance d’un flirt non désiré, tout cela participe à la culture du viol. »

 Imaginez…

 Le mythe de la masculinité toxique

 Au risque de choquer, je vous dirais qu’il existe une masculinité toxique, tout comme il existe une féminité toxique et, dans un cas comme dans l’autre, j’ose croire qu’il s’agisse d’une minorité d’individus. Or, la condamnation ridicule de la galanterie par ces idéologues s’inscrit dans un canevas plus vaste qui vise encore et toujours la démonisation obsessionnelle des méchants hommes blancs, cisgenres et hétérosexuels.

C’est à se demander si ces militantes ne se réveillent pas la nuit pour planter des épingles dans des poupées vaudou à leur effigie.  Leur volonté de déconstruire les identités sexuelles, à l’ombre des études de genres déconnectées enseignées dans nos universités, participe de la même fixation haineuse.  Comment peut-on vivre ainsi, en s’acharnant aussi stérilement sur la moitié de l’humanité ?

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