Viol par le regard : les néo féministes souffriraient-elles de « blemmophobie » ?

À la suite de la parution de mon billet intitulé Nouvelle trouvaille néo féministe : le viol par le regard, mon ami Yvon Dallaire, auteur, psychologue et conférencier, m’a fait parvenir un article révélateur sur une possible interprétation des motivations desdites néo féministes à l’origine de leur nouvelle création.

Par

Olivier Kaestlé

L’entrée en matière de l’article, à elle seule, veut tout dire :

« La blemmophobie est un trouble psychologique, caractérisé par une peur panique du regard des autres. Cette phobie peut être invalidante, surtout dans la vie professionnelle, mais il est possible de la traiter efficacement. »

Il y a donc de l’espoir pour nos chères néo féministes, dans la mesure, évidemment, où elles se rendraient compte que le problème qu’elles considèrent extérieur à elles se trouve en fait en elles.  Bref, la partie n’est pas gagnée…

Une phobie sociale

Les découvreurs de ce qu’ils appellent eux-mêmes une phobie sociale, n’avaient certainement pas envisagé que sa définition pourrait s’appliquer à la nouvelle problématique psychologique générée par les militantes.  Voici comment ils la présentent :

« Les blemmophobes ont tellement peur de se ridiculiser devant les autres qu’ils évitent systématiquement de prendre la parole en public, quitte à ne pas pouvoir défendre leur point de vue. Ils évitent aussi autant que possible les activités de groupe, n’osent pas s’habiller comme ils veulent par crainte de trop attirer l’attention et d’être mal jugés… »

Des symptômes invalidants

On peut envisager que la peur du ridicule reste étrangère aux néo féministes qui n’hésitent pas à faire part de leurs thèses les plus surprenantes au grand public.  Elles les défendront avec toute la hardiesse que nous leur connaissons.  C’est cependant au plan des symptômes que l’on peut découvrir chez elles la manifestation d’une blemmophobie évidente, en lien avec le « viol par le regard » :

« La peur intense du regard des autres peut se traduire de différentes manières, en particulier par les symptômes caractéristiques des crises d’angoisse : douleurs thoraciques, palpitations, tremblements, sueurs… Les personnes blemmophobes peuvent aussi avoir la gorge nouée et la bouche sèche à l’idée de parler en public ou même perdre connaissance. »

Un témoignage poignant

Il n’y a rien de tel qu’un témoignage vécu pour faire comprendre l’étendue d’une problématique.  Il y a quelques années, la militante et blogueuse Judith Lussier avait publié dans Urbania un billet pour le moins émouvant sur l’angoisse qui s’était emparé d’elle la seule et unique fois où elle s’était promenée vêtue d’une jolie robe blanche.

« Je ne la mets plus parce que j’ai l’impression qu’un memo est passé à l’effet qu’une robe blanc cassé sur une fille blonde donnait l’autorisation aux gars de siffler la fille, toucher la fille, la dévisager, la violer du regard (avec la langue qui sort un peu de la bouche), ou lui faire des compliments déplacés. Je ne me suis pas sentie bien, je n’ai plus jamais remis la robe. »

Le regard même est donc un viol, au point même où Mme Lussier ne remettra plus sa robe.  Elle ne se promenait pas dans les rues de Bagdad, de Harlem, ni même de Rome ou de Paris, mais bien au Québec, le royaume de l’homme réputé le moins entreprenant de la planète.  N’oublions pas ce passage de l’article sur les blemmophobes qui « n’osent pas s’habiller comme ils veulent par crainte de trop attirer l’attention et d’être mal jugés ».

Même les compliments deviennent menace

Examinons plus avant les angoisses de la blogueuse qui se disait « terrifiée », car il faut préciser qu’en plus de se sentir violée par le regard, l’infortunée se sentait menacée par des compliments :

« Je suis la personne la plus mal à l’aise sur Terre quand je reçois un compliment. Je ne sais jamais quoi dire, quoi faire. Les gars pensent peut-être qu’ils me font une fleur lorsqu’ils me sifflent dans la rue, et le but de ce texte n’est aucunement de me « vanter » de me faire siffler dans la rue, mais la vérité est que quand ça arrive, je suis terrorisée. J’ignore les compliments des passants, puisque je ne sais jamais comment réagir ni où ils mèneront. Si je souris poliment, suis-je en train de donner mon accord à un potentiel agresseur dans son esprit dérangé? »

Les blemmophobes ont souvent été victimes d’intimidation

Un homme un rien démonstratif devient donc un agresseur potentiel.  Les blemmophobes ont souvent été victimes d’intimidation dans leur enfance, ce que ce commentaire semble confirmer :

« Ce sont des compliments, et pourtant, je me sens exactement comme lorsque j’étais la cible d’intimidateurs au primaire. Moi, qui fonce dans la vie avec cette confiance inébranlable que le monde m’appartient, je marche la tête basse jusqu’à ma destination lorsque ça arrive. »

Je trouve ce passage triste, tout de même, et sans aucune ironie.  La suite n’est pas plus réconfortante :

« La plupart du temps, parce qu’ils me mettent dans cet état de terreur, ces compliments (quand ce ne sont que des compliments) détruisent ma journée. Parce que je me sens impuissante, vulnérable, et placée devant un fait indéniable : de véritable égalité entre les hommes et les femmes, il n’y en aura jamais. »

Incapables de se remettre en question

Et voilà le problème suscité par le concept du viol par le regard, ou par le compliment, qu’importe.  Au lieu de se demander ce qui ne va pas chez elles et d’en arriver à une prise de conscience qui pourrait les amener à réaliser qu’elles ont un problème personnel, les néo féministes préfèrent interpeller l’univers et accuser le patriarcat dans l’espoir que leur « oppression » se résorbera.  À aucun moment sont-elles capables de se remettre en question.  Ce blocage empêche toute solution.

L’article envoyé par Yvon Dallaire identifie un manque important de confiance en soi comme étant la cause la plus probable de cette problématique.  Il existe cependant des solutions :

« Il est conseillé de traiter la blemmophobie aussi vite que possible, notamment avec l’aide d’une thérapie cognitivo-comportementale : cette dernière aide à se confronter peu à peu à ses angoisses et à mieux les maîtriser. »

Un problème personnel

Je doute fort que ce conseil trouve un écho favorable chez nos militantes. Leurs positions restent très représentatives de la dérive du féminisme 3.0.  Pourquoi se donner la peine de travailler sur soi et d’affronter nos démons intérieurs quand on peut s’en prendre à l’univers et au vilain patriarcat ?  Leur déresponsabilisation, en plus de susciter des tensions sociales stériles et conflictuelles, ne règlera pas pour autant un problème qui reste personnel, pour la plupart.

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