#FromWomenToMen : quand des femmes s’excusent auprès des hommes…

Imaginez, à notre époque où l’homme blanc cisgenre hétérosexuel est considéré comme l’ennemi public numéro un, une berlinoise du nom de Hanna Milling a eu l’idée sacrilège d’autoriser la production d’une vidéo dans laquelle plusieurs femmes demandent pardon aux hommes.  En 2018. En plein #metoo !  Fallait du cran.

Par

Olivier Kaestlé

Tout a commencé lorsque cette consultante holistique en médiation de conflit a eu l’idée d’écrire un texte d’une page intitulé « De la part des femmes aux hommes ».  Elle ne savait pas ce qu’elle allait déclencher :

« En le lisant d’abord à son homme, à des amis, à des professionnels qui travaillent avec des garçons et des hommes, elle eut un feedback qui l’étonna. Tous ces hommes furent très touchés, certains aux larmes. »

N’écoutant que son courage…

S’armant de son courage, elle monta sur scène, lors d’un congrès international, et lu publiquement son texte.  On peut comprendre ses appréhensions devant ces extraits, qui suivent immédiatement un constat initial à l’effet que les femmes ont été blessées par les hommes :

« Je suis une femme
Qui a blessé les hommes
Les blessures des hommes ont besoin d’être vues et guéries…

Je rêve d’un moment,
Où nous tous prendrions une responsabilité pour la part de chacun de nous qui participe à ce gâchis…

Que nous puissions revenir dans notre puissance, en assumant notre part de cette bataille.

Et arriver à une fin du cycle de se reprocher et de se blesser

Je commence aujourd’hui…

Aujourd’hui, je suis debout ici en tant que femme, pour présenter à tous les hommes mes plus profondes excuses pour le mal que nous, les femmes, vous avons causé… »

Une traduction intégrale est disponible ici.  Imaginez l’impact !  Certaines verront dans de tels propos une perspective résolument antiféministe.  L’auteure en était parfaitement consciente.  Craintive, elle invita, avant de commencer sa lecture, les femmes à la rejoindre sur scène :

« Peu à peu, toutes les femmes la rejoignirent sur scène. Peu à peu, tous les hommes de la salle se mirent debout, réceptifs, pour une bonne part avec des larmes dans leurs yeux. »

Mauvais timing

Une cinéaste proposa ensuite à Mme Milling de réaliser une vidéo, à partir de son texte.  36 femmes y participèrent.  Ce petit film d’un peu plus de cinq minutes fut diffusé en août 2018 et devint rapidement viral sur le web.

Un tout petit souci : le film, bien que réalisé avant le déclenchement du mouvement #metoo, en octobre 2017, ne devait être diffusé que 10 mois plus tard.  Les réactions furent donc très mitigées.  Certaines militantes, tenant mordicus à leur statut de victime perpétuelle, virent d’un très mauvais œil ces 36 femmes demander pardon aux hommes à propos de comportements toxiques qu’elles peuvent leur infliger.

Imaginez la colère, devant de tels aveux…

En plus des extraits cités plus hauts, des femmes reconnaissaient à quel point il était difficile pour les hommes d’être constamment perçus comme des violeurs potentiels de femmes et d’enfants.  Une femme s’excusait pour tous les messages contradictoires que des femmes envoyaient aux hommes en faisant tout en leur pouvoir pour les séduire avant de leur reprocher de ne penser qu’au sexe.

Trop souvent, affirmait une autre participante, des femmes n’expriment pas leurs besoins sexuels, mais reprochent ensuite aux hommes de ne pas les avoir devinés. Une troisième admettait que des femmes livraient une performance sexuelle allant jusqu’à feindre l’orgasme pour ensuite reprocher à leur partenaire leurs frustrations sexuelles.  Ensuite, avouait une quatrième, des femmes punissaient leur partenaire en le boudant ou en les boycottant sexuellement.

Une autre admettait que des femmes avaient appris à flatter l’égo masculin pour manipuler les hommes et obtenir ce qu’elles voulaient.

Les hommes, « abusés et castrés »

Fait troublant, une participante déclarait que, pendant des siècles, des femmes avaient abusé des hommes et les avaient castrés.  Des mères avaient abusé de l’amour inconditionnel de leurs enfants tout en interdisant à leurs garçons de pleurer, les privant ainsi d’entrer en contact avec leur propre sensibilité.

S’ensuivait une autre partie du film qui pourrait retourner plus d’un estomac néo-féministe pendant laquelle ces femmes célèbraient la masculinité, son énergie, sa clarté, sa détermination, son courage, sa vulnérabilité, sa tendresse et sa douleur.

Abolir les frontières conflictuelles

En conclusion, ces femmes de bonne volonté en appellaient à abolir les barrières conflictuelles entre les hommes et les femmes et à marcher ensemble dans la reconnaissance de leur complémentarité.  Il s’agissait là d’une réelle volonté de rebâtir des ponts en piteux état depuis la dérive du néo-féminisme.

On se doute que des propos aussi subversifs ne vaudront certainement pas à leurs auteures d’être invitées à donner des conférences dans les universités, qu’elles soient allemandes, américaines ou canadiennes.  Gageons qu’elles ne pourraient franchir le seuil de ces établissements sans se voir haranguées par des dizaines de social justice warriors enragés et brandissant slogans et pancartes.

Bien sûr, il faudra bien plus qu’une vidéo de cinq minutes pour changer des perceptions et faire reculer la misandrie devenue si spontanée et virale au sein d’une société néo-féministe qui se livre à une chasse perpétuelle à l’homme blanc hétéro.  De telles positions représentent toutefois une lueur d’espoir qui pourrait inspirer femmes et hommes de bonne volonté.  C’est toujours ça.

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