Québec solidaire aurait-il « utilisé » Alice Paquet contre Guy Nantel ?

Lors d’une entrevue télévisée de 2018, Gabriel Nadeau-Dubois affirmait candidement que « à Québec solidaire, si on veut avoir de l’attention médiatique, la meilleure manière c’est d’attaquer le Parti québécois. […] Là on sait que, tout d’un coup, tous les micros vont se tendre, et toutes les caméras vont être sur nous.»

Par

Olivier Kaestlé

L’observateur le moins éveillé aura constaté à quel point le PQ est devenu au fil des ans la cible privilégiée de QS, avec les résultats que l’on sait : le parti de René Lévesque a été supplanté par celui de GND depuis les dernières élections.

En politique, tous les coups sont-ils permis ?  Je me suis posé la question à la suite de la récente sortie fortement médiatisée d’Alice Paquet, visant le candidat à la chefferie du PQ, Guy Nantel, sur les ondes de QUB radio.  L’humoriste, fort populaire tant auprès du public que des membres de son parti, part avec plusieurs longueurs d’avance afin de ravir ce poste jadis prestigieux, aujourd’hui, très fragilisé.

Une série de « coïncidences »

La sortie d’Alice Paquet met en lumière une série de coïncidences qui, prises isolément, ne veulent rien dire, mais qui, considérées dans leur globalité, créent un malaise qui pourrait évoquer une manœuvre de basse politique.

À la lumière de ces « coïncidences », on peut légitimement se demander si Alice Paquet n’a pas été téléguidée par Québec solidaire afin de discréditer Guy Nantel, devenu l’homme à abattre du PQ.  Dans la lancée du mouvement #metoo, dont Paquet reste une douteuse porte-parole, quoi de plus naturel que de se servir de la blague que l’humoriste a fait sur elle il y a trois ans pour l’accuser de misogynie et d’insensibilité aux victimes d’agressions sexuelles ?

Pourquoi revenir sur scène ?

Comment expliquer que cette femme, qui prétend avoir tant souffert de la blague de Nantel il y a trois ans en raison de sa surmédiatisation – à laquelle elle a elle-même fortement contribué – trouve judicieux de renouer avec la lumière des projecteurs sur le même sujet ?

Un coup d’œil sur la page Facebook de Paquet nous informe que Québec solidaire est son orientation politique.  Bien sûr, ce détail n’est pas suffisant pour conclure à une combine quelconque, mais poussons plus loin nos interrogations.

Une complaisance déplacée

Jetons un coup d’œil sur l’animatrice qui l’a interviewée avec une si grande complaisance sur les ondes de QUB radio, soit Geneviève Pettersen, en relevant déjà le thème de son émission : « Guy Nantel en politique : devrait-il avoir à répondre de ses blagues misogynes ? »  Misogynes, rien que ça ?  Tout un jugement de valeur…

Balayant du revers de la main la décision du DPCP qui affirmait sans ambiguïté, à propos des accusations de viol d’Alice Paquet envers Gerry Sklavounos, « qu’aucun acte criminel n’a été posé », Mme Pettersen n’a pas hésité à présenter Alice Paquet comme la « victime alléguée d’un viol par un politicien québécois ».

Disons que le jupon néo féministe de l’animatrice dépasse lourdement, ce qui, en plus de traîner à nouveau le nom de l’ex député libéral dans la boue, ne rend la blague de Guy Nantel que plus « misogyne ».

Une hospitalité particulière 

Quelles sont les orientations politiques de Geneviève Pettersen ?  Sa page Facebook n’affiche rien, mais une recherche sur Google révèle une hospitalité particulière de son émission « Les effrontées » envers les députés de Québec solidaire.

Le 28 mai, elle recevait nulle autre que Catherine Dorion, députée QS de Taschereau, à laquelle elle devait ensuite consacrer un article flatteur.  Le 13 septembre, elle accueillait Christine Labrie, députée QS de Sherbrooke, le 6 février, Émilise Lessard-Therrien, députée QS de Rouyn-Noranda, le 10 février, Alexandre Leduc, député QS d’Hochelaga-Maisonneuve.

Un seul invité du PQ, mais…

J’ai fait la même recherche en ce qui concerne les invités qu’elle aurait reçus en provenance de parti québécois pour n’en trouver qu’un, en date du 19 mars dernier.  Jacob Matthew Drum, finissant en Économie et Politique à l’Université de Montréal et représentant jeunesse du Parti québécois dans Prévost.  Le thème ?  Voici : « De jeunes péquistes appuient Catherine Fournier, alors qu’elle quitte le Parti québécois. »  Bref… rien de bien positif pour le PQ, n’est-ce pas ?

On a discuté du PLQ, mais…

Pour ce qui est du parti libéral du Québec, je n’ai trouvé aucun invité.  En date du 29 octobre, l’animatrice recevait, à propos du PLQ, Félix Séguin, journaliste au Bureau d’enquête et TVA Nouvelles, qui a fait des révélations chocs à propos de ce parti à l’époque de Jean Charest. On comprendra, dans l’éventualité incertaine où des invitations auraient été lancées, la réserve des libéraux à les accepter.

Y a-t-il eu une commande politique ?

On ne peut l’affirmer avec certitude, mais il y a bien des « coïncidences » quant au contexte de l’entrevue qu’a sollicité, selon ses propres termes, Geneviève Pettersen auprès d’Alice Paquet.  L’animatrice-t-elle agi selon ses propres bases politiques seulement ?  A-t-elle posé un geste de militance néo-féministe en prenant le parti d’Alice Paquet malgré le peu de crédibilité du personnage ?

Les « révélations »  d’Alice Paquet

Paquet n’a pas manqué de discréditer le candidat à la chefferie avec plusieurs « révélations » :

 « Si M. Nantel veut se présenter en politique, il va falloir nécessairement qu’il travaille avec des groupes communautaires, comme [ceux qui défendent les droits des travailleuses du sexe] ou les CALACS (Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel), et je ne pense pas qu’il soit le bienvenu dans ces communautés-là […] par rapport au type de blagues qu’il a faites. » 

« (…) Je ne vois pas comment une personne comme ça peut diriger un parti politique… il ne faut pas avoir de compassion. »

#onvouscroitmalgrétout

À la fin de l’entrevue, Geneviève Pettersen pousse la complaisance jusqu’à affirmer que « le DPCP a décidé de ne pas déposer d’accusation contre Gerry Sklavounos en 2016. »  Quel euphémisme !  Le DPCP a affirmé « qu’aucun acte criminel n’avait été commis ». Il aurait mieux valu ne rien dire que de s’en tenir à cette demi-vérité.

Un pari risqué

Nombreux sont ceux qui croient que Guy Nantel fait un pari risqué en abandonnant une carrière prometteuse pour se lancer en politique.  Il semble honnête, déterminé, combatif et engagé.  En plein le genre de gars qui va mobiliser contre lui toute une faune de coupe-jarrets qui voudront sa tête sur une pique.  Les attaques victimaires d’Alice Paquet, qu’elles soient « spontanées » ou téléguidées, ne représentent qu’un avant-goût de ce qui l’attend dans les mois qui viennent.  Souhaitons-lui la meilleure des chances.  Il en aura besoin.

crédit photo : Radio-Canada

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