« Gray rape » : quand le sexe consenti hier devient l’agression aujourd’hui…

À notre époque où le mouvement #metoo n’en finit plus de défrayer les nouvelles, la notion de consentement est plus que jamais évoquée.  Dans cette optique, la notion néo-féministe américaine de « gray rape » mérite d’être examinée, ne serait-ce que pour se protéger de ses conséquences.  Ici, je parle de conséquences pour les hommes, pour faire changement du discours dominant…

Par

Olivier Kaestlé

Le concept de « gray rape » a été développé en 2007 par Laura Sessions Stepp dans un article paru dans la revue Cosmopolitan.  Il s’énonçait ainsi : « Une relation sexuelle qui se situe quelque part entre le consentement et le refus est encore plus confondante que le viol lors d’un rendez-vous (date rape) parce que, souvent, les deux parties ne sont pas sûres de qui voulait quoi. »

Les femmes que l’auteure avait interviewées auraient elles-mêmes décrit leur expérience comme autant de « zones grises » puisqu’elles étaient saoules au moment de leur consentement.  En clair, si l’on peut dire, soit elles avaient bel et bien consenti à la relation sexuelle, soit elles n’avaient pas refusé ladite relation.  Elles ne se voyaient cependant pas comme des victimes. Manque de « conscientisation », sans doute…

Vers l’infantilisation des femmes

Selon cet article, le concept de « gray rape » avait déjà été abordé par Katie Roiphe dès 1994 dans son essai intitulé The Morning After : Sex, Fear and Feminism on Campus… pour mieux le disqualifier.  L’auteure y affirmait qu’il existait une zone grise à l’intérieur de laquelle ce qu’une femme pouvait considérer comme un viol était simplement une mauvaise expérience pour une autre.

Roiphe ajoutait que les féministes universitaires, dans leur activisme inlassable contre le viol, infantilisaient les femmes en redéfinissant de nouveaux concepts ambigus de relations sexuelles forcées et en les qualifiant de viols.

Un cas de « gray rape » : l’affaire Moore- Pacetti

En mai 2018, j’avais évoqué un cas de « gray rape » dont s’était dit victime la députée néo-démocrate, Christine Moore.  Je reproduis ici quelques extraits de mon billet :

Non seulement cette politicienne a été, en 2014, à l’origine de l’exclusion, par Justin Trudeau, de deux députés libéraux, soit Scott Andrews et Massimo Pacetti, pour « fautes professionnelles graves » et ce, toujours sans aucune preuve, mais elle s’était également prétendue elle-même la victime du deuxième député.

 C’est d’ailleurs à l’époque sous le couvert de l’anonymat que, se disant victime de la médiatisation de l’affaire, Moore avait livré un témoignage aussi surprenant qu’ambigu sur l’agression présumée dont elle se disait victime.

« Pas beaucoup de détails sur ce qui s’est passé ensuite. »

 À la suite d’une soirée de groupe passée dans un bar, Pacetti l’avait invitée à prendre un dernier verre dans sa chambre d’hôtel. Le député lui aurait ensuite signifié des intentions sexuelles sans ambiguïtés, avant de « l’agripper ». À partir de là, comme le souligne cet article de La Presse, « La néo-démocrate ne donne pas beaucoup de détails sur ce qui s’est passé ensuite. »

 Cette femme qui a fait partie des forces canadiennes pendant plus de trois ans, d’infirmières et infirmiers sans frontières en plus d’avoir été une députée dynamique et porte-parole de l’opposition officielle pour les achats militaires, était devenue, selon ses dires, un petit être fragile et démuni devant Massimo Pacetti. Elle avoua : « J’ai gelé. J’ai comme bloqué un peu. Puis il y a eu une relation sexuelle sans que je donne un consentement explicite à cette relation-là. »

 Du cran à géométrie variable

 En clair, la même femme, qui a eu le cran de provoquer l’exclusion de deux députés libéraux et d’un autre néo-démocrate (Erin Weil), aurait été, sous l’emprise perverse de Pacetti, incapable de dire « Non, je ne veux pas ! » ou « Je suis une femme mariée ! », ce qui était récemment le cas. Or, non seulement Moore n’a-t-elle exprimé aucun refus, mais elle est même allée jusqu’à fournir un condom à son « agresseur ». N’a-t-on jamais vu victime plus accommodante ?

 Du « gray rape » à l’aveuglement volontaire inquisitorial

Le site Causeur.fr qui évoque aussi, sans les nommer, Christine Moore et Massimo Pacetti, aborde également « les zones grises » du consentement sexuel redéfinies à l’ombre de #metoo.  Voici un extrait de leur article qui a de quoi faire frémir :

« Ces messieurs ne sont d’ailleurs pas au bout de leur peine, ainsi qu’en témoigne l’excellent essai de Laura Kipnis, Le Sexe polémique, qui vient d’être récemment traduit en français(3). Cette universitaire y raconte par le menu les déboires d’un de ses collègues, le professeur de philosophie Peter Ludlow. Accusé par une étudiante de « comportement sexuel inapproprié », celui-ci a vu une de ses anciennes compagnes se retourner contre lui et affirmer que leur relation n’était pas… consentie. En dépit des milliers de textos amoureux qu’ils avaient échangés et du fait qu’ils étaient sortis ensemble plusieurs mois et avaient même partagé un appartement, celle-ci affirmait que son ex-amant avait profité de sa position de pouvoir pour abuser d’elle. De partenaire sexuelle consentante, elle se transformait ainsi, longtemps après les faits, en victime d’abus sexuel et même de viol. »

Vers l’abolition de la présomption d’innocence ?

Si vous croyez, messieurs, que le Canada est à l’abri d’une Justice inquisitoriale, considérez que, sous le couvert du concept fallacieux « du renversement du fardeau de la preuve » dans les cas d’accusations d’agressions sexuelle, c’est la présomption d’innocence qui est menacée, ainsi que le révèle cet article :

« Par ailleurs, le premier ministre fédéral a évité de se prononcer sur le renversement du fardeau de la preuve dans les cas d’agressions sexuelles, une suggestion faite entre autres par le nouveau chef du Service de police de la Ville de Montréal, Sylvain Caron, et une idée que le premier ministre du Québec, François Legault, a dit regarder avec prudence. »

Considérez-vous prévenus, si vous ne voulez pas finir… prévenus !

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