Les femmes en politique, vraiment plus respectueuses que les hommes ?

S’il existe un préjugé mélioratif qui a la vie dure, c’est bien celui voulant que, si on avait plus de femmes en politique, on aurait bien davantage de personnes douées d’empathie, d’altruisme, tournées vers l’harmonie, vers la recherche de consensus, bref, portées vers autant de valeurs dites féminines dont leurs machos de confrères masculins, sous l’emprise d’une masculinité toxique sociétale, sont si tragiquement dépourvus. 

Par

Olivier Kaestlé

Seule la réalité vient démentir ce tableau idyllique, plus particulièrement depuis quelques temps, au point où elle alimente des réactions d’indignation, de sarcasme ou d’humour dans les réseaux sociaux.

Fatima Houda-Pépin : une main de fer dans un gant de boxe

Je dois avouer que j’ai été déçu de découvrir que Fatima Houda-Pépin, pour qui j’ai une grande estime, semble avoir rejoint le girls club des viragos qui se sont manifestées par un caractère pour le moins difficile à supporter pour leur entourage.  Bien sûr, elle a le droit à la présomption d’innocence, d’autant plus qu’elle ne fait pas face à des accusations criminelles.

Depuis sa nomination à titre de déléguée générale du Québec à Dakar, en novembre dernier, les griefs semblent pleuvoir sur l’ancienne députée libérale :   démission, nomination supprimée, dépenses d’hébergement injustifiées, climat de travail délétère, surcharge de travail infligée à un employé, mise à l’écart sans fondement d’une autre, humiliations devant le personnel, interdiction de parler toute autre langue que le français à l’intérieur de la délégation, licenciement arbitraire de deux femmes de ménage, préavis qui ne leur aurait pas été versé, silence pour toute réponse aux courriels, internes comme externes, manque de transparence quant aux informations qu’elle ne partagerait pas avec les membres de son équipe, incompétence administrative.

Marie-Éve Proulx : sauve qui peut !

Depuis sa nomination au conseil des Ministres en octobre 2018, c’est le branle-bas de combat dans l’entourage de Marie-Ève Proulx  : 14 départs en autant de mois, causés par un climat « toxique » qui ont vite fait de faire oublier l’embarras subi l’automne dernier par la vice-première ministre Geneviève Guilbault, alors qu’elle n’annonçait « que » deux départs et deux congédiements.

Manque de respect envers ses employés – son chef de cabinet, sa directrice des communications et son attaché de presse ont démissionné en bloc – , forte tendance à « ridiculiser », « engueuler », « réprimander », méfiance, suspicion, « control freak » sont autant de reproches qui ont été évoqués par des ex employés.  Pour tout arranger, la ministre est ouvertement critiquée dans son comté et dans les régions placées sous sa responsabilité en plus d’entretenir des relations houleuses avec les médias.

Sue Montgomery : rebel without a cause…

Sue Montgomery a fini par se voir exclue du caucus de Projet Montréal par la mairesse Valérie Plante, le 24 janvier dernier, devant son entêtement à ne pas tenir compte des recommandations du contrôleur général ayant démontré qu’Annalisa Harris, sa directrice de cabinet, en poste depuis juin dernier, avait fait preuve de harcèlement psychologique envers deux employés. Son refus de congédier Mme Harris a été à l’origine de son exclusion.

Mme Montgomery était pourtant au courant des conclusions du rapport du contrôleur général, mais les aurait rejetés avec rage du revers de la main.

Giuliana Fumagalli : vers un profil-type ?

Sue Montgomery n’est pas la première à se voir exclue du caucus de Projet Montréal par Valérie Plante.  Giuliana Fumagalli avait subi le même sort en juillet dernier pour ce qui ressemble à un profil de personnalité bien établi chez certaines élues délinquantes : climat de travail toxique, comportement « inapproprié », insultes, colères, propos racistes; harcèlement, incivilités et autres manquements.

Un rapport dévastateur du contrôleur général tenant compte des nombreuses plaintes des employées de la mairesse de l’arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc sont à l’origine de son exclusion.  Cependant, la mairesse reste toujours en fonction mais c’est la directrice d’arrondissement qui se charge désormais des communications entre l’élue et ses employés.

De douteuses ambassadrices

D’autres femmes se sont illustrées de douteuse façon sur la scène politique, soit à titre d’élues ou de personnes nommées à des postes de prestige.

Il suffit d’évoquer les nombreuses frasques et dépenses somptuaires de Michaelle Jean, à titre de gouverneure générale et plus tard de secrétaire générale de la Francophonie ou, pire encore, de Lise Thibault, première femme à occuper les fonctions de lieutenant-gouverneur du Québec, avant d’être reconnue coupable de détournement de fonds en 2015 et condamnée à 18 mois de prison (Elle n’en fera que trois.) ainsi qu’au remboursement de 200 000 $ au gouvernement fédéral et de 100 000 $ au provincial.

Manon Massé : vous avez dit « harcèlement » ?

On pourrait également évoquer l’étrange comportement de Manon Massé envers Gerry Sklavounos dont elle a refusé, le 2 février 2017, de reconnaître l’innocence, devant les accusations de viol d’Alice Paquet, pourtant démenties par le DPCP qui a établi « qu’aucun geste criminel n’avait été commis » sur la personne de la plaignante.

Poursuivant dans le même déni, la députée de QS s’est opposée, le 6 février suivant, au retour du député libéral à l’Assemblée nationale, affirmant « qu’il n’avait plus la confiance des femmes. » Alors qu’elle-même ne le lâchait plus, elle n’a pas hésité à l’accuser, le lendemain, de refuser de prononcer le mot « harcèlement ».

Enfin, en octobre de la même année, Massé a dit vouloir s’asseoir avec Sklavounos pour « lui expliquer la culture du viol ».  Il y a un mot pour définir ce genre de comportement : harcèlement.  Massé a-t-elle été rappelée à l’ordre ?

Le mythe des valeurs « féminines »

L’espace me manque pour me pencher sur les cas de Martine Ouellet et Catherine Dorion, dont j’ai cependant parlé précédemment dans ce site.  Bien sûr, la majorité des élues ne ressemble pas, du moins je l’espère, aux cas particuliers que je viens d’évoquer.  À mon sens, la connerie n’a pas de sexe et l’on peut aisément trouver des cas aussi lourds chez les hommes que chez les femmes.  En plus grand nombre même, puisqu’il y a trois fois plus d’hommes que de femmes en politique.  Est-ce pour cette raison qu’il est si dur d’admettre l’incompétence, voire la délinquance, chez des femmes en situation de pouvoir ?

Photo : Radio-Canada

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