Une élue doutant de la rondeur terrestre peut-elle rester en poste ?

Je n’ai jamais eu de difficulté à dénoncer les déclarations insensées ou irrationnelles de personnalités publiques, mais j’avoue que, dans le cas de la conseillère gatinoise Nathalie Lemieux, je ressens comme une gêne particulière devant le caractère inquiétant et totalement loufoque de ses propos et comportements.  Une élue qui envisage que la terre soit plate est-elle bien en mesure de remplir ses fonctions ?

Par

Olivier Kaestlé

Lise Payette doit tourbillonner dans sa tombe, elle qui écrivait, en avril 2007 :

« J’ai écrit que « les femmes travaillaient plus et mieux que les hommes ».  J’ai failli me faire crucifier à cause de cette phrase.  Je la maintiens pourtant.  Les femmes ont-elles le choix ?  Elles ne peuvent pas dormir sur leurs lauriers car elles doivent constamment prouver qu’elles méritent le poste qu’on leur a confié.  Elles travaillent toujours plus et mieux. »

Bien sûr, il n’est pas question ici de sombrer dans l’excès inverse aux penchants démagogues de Lise Payette et de discréditer les femmes politiques en général.  On est cependant en droit de se poser simplement la question à savoir si Mme Lemieux, qui semblait, en 2017, vouée à un avenir politique prometteur, sur la scène municipale, est bien toujours la femme de la situation.

« Une femme à la mairie pourrait être salutaire » – Nathalie Lemieux

Invitée, après 13 mois de silence radio, à préciser sa pensée sur la platitude terrestre, Mme Lemieux s’est cantonnée à des propos équivoques :

 « Les gens doivent commencer à se poser des vraies questions et à penser par eux-mêmes, a-t-elle lancé. Que la Terre soit ronde ou plate, c’était pas ça le but de mon intervention. Ce que moi je crois, ça m’appartient à moi. Mais je voulais commencer un débat sur le fait de poser des vraies questions. »

Visiblement adepte de la thèse des « valeurs féminines » en politique, Mme Lemieux n’a pas écarté la possibilité de se présenter à la mairie de Gatineau, affirmant « qu’une femme à la mairie pourrait être salutaire, » avant d’ajouter :

« Peut-être que le fait de materner un peu, d’essayer d’unir et de vraiment changer les choses, je pense que ça pourrait faire du bien à Gatineau. »

« Je ne suis pas une dauphine, je suis une femme. » – Nathalie Lemieux

À la suite de son élection en 2017, dans le louable dessein de se définir une identité bien à elle, Nathalie Lemieux devait refuser d’être surnommée « la dauphine de Denis Tassé », son prédécesseur dans le quartier Touraine :

« Je ne suis pas une dauphine, je suis une femme. J’ai travaillé tellement fort pour me rendre où je suis aujourd’hui. C’est moi qui ai passé toutes ces années à bûcher pour devenir la femme que je suis aujourd’hui. Et s’il y a un mérite, je le donne au Bon Dieu. Parce que sans lui, je ne serais plus là. Et je veux que les gens me reconnaissent pour qui je suis. Je ne suis pas là pour faire le travail de quelqu’un d’autre. Je suis là pour faire mon travail avec mes idées à moi. Et je trouvais important que la population le sache. »

Une – autre – déclaration fracassante

Mêlant musulmans radicalisés et ceux qui sont bien intégrés à leur société d’accueil, la conseillère, alors maire suppléante, devait déclarer en 2019 :

« Quand un peuple veut s’intégrer, il s’intègre et ce peuple ne s’intègre pas. » 

Pour tout arranger, elle avait ajouter que « ces gens-là font beaucoup de choses mal, avec leurs camions et toutes ces choses-là, et c’est normal d’en avoir peur ». Ouf…

Portée disparue

Quand Mme Lemieux ne se manifeste pas par des déclarations fracassantes, elle brille par son absence.  C’est le constat que devait faire en janvier dernier le chroniqueur du Droit, Denis Gratton :

« Elle ne parle plus aux médias et refuse toute demande d’entrevue. Et elle ne parle plus à la table du conseil non plus. Comme si les contribuables de Touraine avaient perdu leur voix à l’hôtel de ville de Gatineau.

Fait-elle son travail de conseillère en coulisses loin des yeux des médias ? Je l’ignore. S’entretient-elle régulièrement avec les électeurs de Touraine pour entendre leurs doléances et leurs préoccupations ? Je ne sais pas non plus.

Mais lors de l’étude du budget 2020, en novembre dernier, la conseillère Lemieux n’a jamais pris la parole. Alors que ses collègues à la table du conseil municipal y allaient tour à tour de leurs demandes pour leur quartier, elle est restée muette comme une carpe. Comme s’il fallait conclure que tout va bien dans Touraine, que tous les électeurs sont satisfaits des services offerts par la Ville, qu’ils n’ont aucune demande et qu’ils n’ont besoin de rien. »

Vers la mairie en 2021 ?

C’est à se demander ce qui est le plus à redouter avec une personnalité aussi singulière que Nathalie Lemieux : qu’elle parle ou qu’elle se taise.  Chose certaine, elle ne contribuera en rien à redorer le blason des femmes en politique, et c’est très dommage.  Interrogée à savoir si elle présenterait sa candidature comme maire de Gatineau en 2021, elle avouait candidement ce 3 mars :

« Pour l’instant, c’est sûr qu’on est encore tôt, a-t-elle affirmé. Ça pourrait être intéressant de penser que oui, je pourrais devenir mairesse. »

Reste à savoir pour qui…

photo : Facebook

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