Madame Plante, le français a des racines!

Dans un article publié récemment par Radio-Canada on peut lire le titre suivant : « Montréal veut s’attaquer “à la suprématie” du masculin sur le féminin en français »

Par : Stéphane Gagné 

Attendez un instant… « Montréal veut »??? Non non! « Montréal » n’en a rien à foutre, surtout ces temps-ci avec le confinement et les routes en réparation un peu partout sur l’ile. Il s’agit seulement ici d’une autre illuminée qui OUTREPASSE grandement son simple rôle de mairesse!

Montréal, une Seigneurie?

C’est quoi cette dictature qui veut réofficialiser un nouveau français pour les employés de « sa » ville?!? Selon ce même article publié le 22 mai, cette femme offre une phrase comme exemple des exigences qu’elle propose de faire imposer :

« Au lieu de dire : Les policiers procéderont à une enquête on dira plutôt : La police procédera à l’enquête. Cette nouvelle façon de parler permet d’éviter l’usage du masculin à valeur universelle. »

(Notez pourtant qu’elle s’assure de préciser que « l’enquête » est en fait « UNE » enquête en transformant son choix des mots et bien entendu on raye le mot « policiers » du vocabulaire — car c’est masculin — et on le remplace par « LA police ».)

Un autre exemple donné par la mairesse dans l’article de Radio-Canada : « Au lieu de dire par exemple “la Ville recherche un responsable de la communication non genrée”, il faudrait dire et écrire; “la Ville cherche responsable de la communication non genrée.” » (sic)

Donc elle omet volontairement le mot masculin « un » devant le mot « responsable ». (Le mot « communication » garde son « la », c’est évident.)

J’ose espérer que le syndicat contestera que les employés n’ont pas besoin d’une autre obligation supplémentaire et inutile à leur travail, franchement!

Et Justin alors?

Madame Plante, même Justin Trudeau, grand défenseur de l’équité hommes/femmes qui, lorsqu’il prend la parole, prend soin de mentionner les Canadiens ET les Canadiennes, poursuit régulièrement avec le masculin. Par exemple : « Les Canadiens et les Canadiennes se montrent courageux en ces temps difficiles ».

(Toutefois, je crains que notre Justin national n’emboite le pas pour tenter de faire la même chose que la mairesse. En cette ère de populisme, d’autres partis politiques représentés au parlement risquent fort d’appuyer une telle requête, si inutile soit-elle.)

En français

Admettons qu’au 17e siècle j’aurais voulu écrire la phrase suivante : « Des maires et des mairesses peuvent parfois paraitre insignifiants. » La règle de grammaire française se devait de régler la question à savoir de quel genre devrait alors être l’adjectif pour éviter de tout répéter en double (comme un certain premier ministre que je ne nommerai pas… une seconde fois). Il fut tranché que dans de tels cas ce serait le masculin qui serait utilisé. Cependant Valérie Plante, qui ironiquement se décrivait tantôt comme « l’homme de la situation », semble être obsédée par une hantise au sujet de cette règle.

 La langue de Molière, ou celle de Valérie?

Bien oui; c’est ainsi qu’on parle et écrit le français depuis des siècles, et avant l’avènement du personnage historique Valérie Plante (car je crois bien que son cas particulier soit une première) cette règle n’avait encore jamais poussé des maires ou des mairesses abusives à s’attaquer à la grammaire de la langue de Molièrere. (J’ignore pourquoi; je viens de commettre ici une faute en donnant prédominance au féminin dans ma phrase; tout à fait inconsciemment, bien entendu.)

« Ça s’écrit comme ça se prononce »

La triste mairesse a présenté ceci comme prétexte :

« La langue française n’a pas toujours eu cette suprématie du masculin sur le féminin. Ce n’est qu’à partir du 17e siècle que des règles ont été introduites en la matière ».

C’est parce qu’avant ce siècle pauvre madame le français on l’écrivait « comme ça se parle »; c’est-à-dire n’importe comment! (Et le parler était celui de l’ancienne langue françoise, comme entendue dans le film « Les Visiteurs ».) De plus, une minorité seulement savaient lire, et parmi ceux qui y arrivaient (Certains  arrivaient plutôt à « déchiffrer » ce qui était écrit) la majorité demeuraient incapable de l’écrire. Puis sont apparus des personnages éduqués tels que Voltaire, Fénélon, Buffier, Dumarsais, Beauzier, Condillac, Restaut, et plusieurs autres. (Pour ceux qui aiment faire des recherches sur Google.) Des personnages qui ont milité et travaillé parfois toute leur vie pour que l’on ait un français auquel on donnerait une orthographe officielle.

Pour vous donner un exemple, voici ce qu’écriva textuellement François Fénélon: « Il serait à désirer, ce me semble, qu’on joignît au dictionnaire une grammaire françoise. Elle soulageroit beaucoup nos étrangers, que nos phrases irrégulières embarrassent souvent. L’habitude de parler notre langue nous empesche de sentir ce qui cause leur embarras. La plupart même des François auroit quelque fois besoin de consulter cette règle. Ils n’ont appris leur langue que par le seul usage (…) » (sic)

L’avocat Pierre Restaut

Une étape importante dans l’histoire de la grammaire française fut les principes de Restaut.

Cet homme publia au cours de sa vie, des ouvrages, des traités de la langue française et des révisions de dictionnaires en bon nombre. L’idée étant qu’il n’était pas très efficace de publier des dictionnaires si l’on n’avait pas une grammaire officielle. Aussi une langue qui n’a pas d’orthographe précise est difficile à officialiser et n’aide pas un peuple dont c’est le cas à être reconnu dans son identité particulière.

Moi plis chanter en cwéole

Comparez ça aux Haïtiens qui parlent français, mais dont une certaine classe plus pauvre ne parle QUE le créole. Or le créole ne s’est jamais doté d’une orthographe officielle à ce jour. La raison étant qu’en fait on parle créole dans plusieurs pays et non pas uniquement en Haïti, et de même il existe plusieurs formes de créoles semblables, bien que différents.

Ai-je écrit « créoles » au pluriel? Oui, car justement ce mot peut être singulier comme pluriel et n’est pas non plus masculin ni féminin. (Madame Plante aimerait ça n’est-ce pas?)

Donc le créole est au sens propre du terme; un « jargon ».

Le jargon de Valérie

Le mot « jargon » définit un langage formé d’éléments disparates ainsi que de l’interférence de plusieurs langues. Ça n’a donc pas de grammaire officielle.

Le français n’est-il donc qu’un simple jargon pour madame Plante?

Note : En passant, rappelez-lui que le mot « Féminin » est… masculin. Elle va devenir folle.

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