Comment devenir une victime professionnelle : guide pratique

Vous avez jaugé l’air du temps et compris que la vertu est à gauche et la perdition, à droite.  Vous avez donc décidé d’hurler avec les loups intersectionnels et leurs comparses néo féministes, LGBTQ+, trans lobbyistes, multiculturalistes et tutti quanti.

Par

Olivier Kaestlé

La filière universitaire

Vous avez débuté votre périple idéologique par la filière universitaire, véritable camp d’entraînement pour agent de police de la pensée, qui vous soutiendra dans une perpétuelle indignation devant à peu près tout ce qui heurte les dogmes de votre nouvelle confession faite de prêt à penser.  N’ayez pas peur des insomnies, ni des brûlements d’estomac.

Armée de vos nouveaux préceptes, plus besoin de vous infliger la tâche de réfléchir par vous-même.  De bienveillants professeurs deviendront vos gourous et vous inculqueront le petit catéchisme d’activiste en lutte contre un ennemi unique et monolithique appelé extrême droite, incarné généralement par les hommes blancs hétérosexuels de 50 ans et plus.

Vite, aux safe spaces !

Vous n’aurez qu’à vous abandonner au courant de leurs douces paroles et à vous laisser sombrer dans de perpétuelles contractions spasmodiques, tant intellectuelles que stomacales, au sein d’un safe space tout prêt de votre cafétéria.

Une fois en possession d’un diplôme en sciences sociales et, si vous avez de l’ambition, pourquoi pas en études de genres ou féministes, vous vous préparerez à squatter un girls club soit universitaire, cette fois en tant que chargée de cours, soit, si vous avez une certaine aisance verbale ou écrite, médiatique ou politique.

Haro sur le masculin !

Cassez du sucre sur tout ce qui représente la réalité masculine dans notre société, et vous serez accueillie à bras ouverts en faisant étalage de votre novlangue néo féministe faite de termes et expressions aussi savoureuses que choisies telles que « masculinité toxique », « manspreading », « mansplaining », « slutshaming », « transphobe », « hétérosexisme », « hétéronormativité », et tant d’autres désopilantes joyeusetés.

Maintenant voilà, votre discours, bien qu’omniprésent dans nos universités, médias et instances politiques, reste passablement étranger à l’ensemble de la population qui, soit n’y a jamais vraiment prêté attention, soit le trouve risible et sans intérêt.  Il ne touche qu’une minorité d’idéologues qui, comme vous, se croit détentrice d’un savoir salutaire et investie d’une mission libératrice.

Les gens s’en fichent éperduement…

La plupart des gens dits à tort « ordinaires » sont aux prises avec des problèmes bien réels comme les fins de mois serrées, les problèmes des enfants à l’école, le panier d’épicerie qui coûte de plus en plus cher, l’incertitude du lendemain face à une pandémie dont l’impact reste indéfini, gérée par des décideurs qui semblent improviser au jour le jour.

Bref, les affres d’un patriarcat tentaculaire qui ne survivrait que pour opprimer toujours davantage les femmes et les filles alors que la condition féminine ne s’est jamais aussi bien portée au Québec, leur passe mille pieds par-dessus la tête.  Pour ce qui est du multiculturalisme mur à mur que vous défendez, le soutien massif de la population à la loi 21 parle de lui-même : vous êtes hors-jeu.

Comment devenir enfin victime

Comment alors persuader ces gens que vous trouvez endormis que vous êtes une victime messianique défendant de nobles principes humanitaires, véritable Martin Luther King de la condition féminine ou du multiculturalisme ?

Facile.  Si vous avez compris la force des médias, sociaux et main stream, et développé l’art de vous en servir, arrangez-vous pour soulever une vague d’indignation contre vous en cognant sur le seul groupe d’individus envers lequel on tolère le mépris et l’hostilité allant jusqu’à la plus profonde aversion : l’homme blanc hétéro.

Carburer à l’indignation… des autres !

Avec un peu de chance, dépendamment de votre rayonnement, vous pourrez espérer attiser l’indignation d’un ou de plusieurs chroniqueurs bien en vue pour ensuite présenter votre numéro de victime en proie au « harcèlement » et à la « haine » de vos détracteurs.  Qui sait, peut-être arriverez-vous ainsi à décrocher quelques entrevues rémunérées ou à mousser les ventes faméliques d’un essai foireux.

Si vous n’avez aucun rayonnement médiatique, vous pouvez en créer un instantanément en accusant publiquement une personnalité bien en vue d’agression sexuelle. La vérité importe peu dans ce genre de stratégie et, même une fois qu’il aura été clairement établi que vous n’avez subi aucuns sévices, vous n’aurez jamais à répondre de vos actes devant la justice.  En ce qui a trait au public, en revanche, il pourrait en aller différemment.

Une profession inutile et toxique

La profession de victime professionnelle, pour inutile et toxique qu’elle soit, est promue à un bel avenir au Québec, comme partout en Occident.

Il suffit de constater le recul de l’intelligence et de la liberté d’expression devant les cris d’indignation inspirés par l’emploi du mot « nègre », par le constat pourtant évident que seules les femmes peuvent être menstruées, ou par l’emploi de l’expression « blanchissant » sur certains cosmétiques de L’Oréal, pour s’en convaincre.  Quelques exemples parmi une multitude…

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